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13.12.2015

13 Décembre 2017: Le progrès

Serge Lama en concert les 13 et 14 Décembre 2017 à Lyon

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« C’est mon plus grand spectacle »

À peine deux ans après avoir célébré ses 50 ans de carrière, Serge Lama poursuit sa route avec les chansons de son nouvel album, « Où sont passés nos rêves ? ». Il se produit ce mercredi et jeudi à la Bourse du Travail.

 

On vous avait vu il y a deux ans avec votre tournée des 50 ans. Le spectacle est-il très différent cette année ?

« Oui, c’est complètement différent. En fait c’est le plus grand spectacle que j’ai fait depuis Napoléon. C’est une grosse production. On est neuf sur scène, il y a des vidéos. J’ai même peur que ce soit un peu grand pour le Bourse du travail. C’est la dernière fois que je fais aussi grand. Après, je me cantonnerai dans des spectacles plus intimes… »

Pourquoi avoir fait aussi grand ?

« Parce que mon âge ! Je me dis que je n’aurai pas toute ma vie la force et l’énergie de porter des spectacles aussi importants. J’ai quand même 74 ans, mine de rien. »

Quand on crée un nouveau spectacle, qu’est ce qu’on choisit en premier ?

« La couleur du spectacle, qui découle directement du dernier album. J’ai travaillé avec des grands compositeurs, de Calogero à Julien Clerc, Francis Cabrel ou Pascal Obispo. Ils m’ont offert des chansons formidables, une nouvelle couleur musicale qui finalement déteint sur les anciennes. C’est pour cela que le spectacle est absolument nouveau. »

En général, le public est plutôt conservateur…

« Oui, les gens viennent entendre les chansons qu’ils connaissent. C’est assez logique. C’est à nous de les forcer un peu à écouter nos nouveautés. À ce stade de la tournée, je peux dire que ça se passe formidablement bien. Les nouvelles chansons ont un bel accueil. »

Vous jouez deux soirs à Lyon. C’est une ville que vous aimez ?

« Oui, j’ai de grands souvenirs dans cette ville. Le public est formidable. J’ai dû faire toutes les salles de la ville. Pour cette fois, on va faire la Bourse du travail, deux soirs de suite. À mon âge, c’est un peu intense. » 

Vous devrez vous préserver…

« Oui, prévenez les patrons des brasseries de Lyon qui avaient l’habitude de me voir débouler avec mon équipe que, cette fois-ci, ils ne me verront pas. C’est un peu dommage, car j’ai des souvenirs de très belles fêtes à Lyon… »

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08.12.2015

8 Décembre 2017: La provence.com

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Plus de cinquante ans de carrière et toujours un trac de débutant comme il le confie dans sa chanson Je débute, aux paroles bouleversantes de sincérité

Après avoir sorti un album Où sont passés nos rêves dans un style sobre et émouvant qu'il affectionne, Serge Lama est reparti pour une nouvelle tournée. Accompagné de ses musiciens l'artiste interprète ses standards en y ajoutant quelques nouvelles chansons qui devraient, selon lui, "s'inscrire dans la durée". Plus de cinquante ans de carrière et toujours un trac de débutant comme il le confie dans sa chanson Je débute, aux paroles bouleversantes de sincérité.

Ce spectacle que vous présentez est-il différent de celui qui consacrait vos 50 ans de scène ?
Serge Lama : Il est très différent. Il y a les anciennes chansons qui sont incontournables et les nouvelles qui marchent très fort. C'est un spectacle total avec à la fois du grand spectacle et des moments intimistes. On est nombreux sur scène avec neuf musiciens. Ce qui est important, c'est d'arriver à trouver un équilibre. Entre le pas trop et le pas assez. On a chanté à Toulouse récemment, c'était formidable.

L'album qui donne son nom à la tournée contient une chanson qui s'intitule "Je débute". Est-ce vraiment l'impression que vous ressentez aujourd'hui ?
Tout à fait. Vous savez, je n'ai pas l'habitude de tricher. Le fond de ma chanson La chanteuse a 20 ans contient la stricte vérité. On s'aperçoit que ça n'a pas changé. C'est une solitude, une angoisse extrêmement forte, même si elle est différente de celle de mes débuts. C'est un trac plus profond, le trac de celui qui est aujourd'hui conscient de ce qu'il fait. Quand on a 30 ans, on s'en rend moins compte.

C'est un trac plus existentiel, qui vous touche en profondeur...
Oui, là, on ne se sent pas du tout embarqué par la gloire et le succès. Il faut tout réprouver, tout recommencer à zéro tous les soirs. Je vous assure que chaque ville est un combat pour moi. Cela demande beaucoup de concentration.

Pourquoi ne vous contentez-vous pas de faire des disques si la scène vous fait tellement souffrir ?
Faire des disques sans faire de scène, cela n'a aucun sens pour moi. C'est sur scène que les chansons prennent vie. Je pense par exemple à ma chanson Je suis malade.

Y a-t-il des chansons anciennes que vous abordez de manière différente sur le plan vocal ou instrumental ?
C'est certain qu'on chante de manière différente avec le temps. On a beaucoup plus de maturité avec l'âge. Quand j'avais 25-30 ans, j'étais beaucoup plus exubérant. On essaie après, d'en sortir la substantifique moelle, d'en extraire le coeur.

On a l'impression que vous avez toujours la même voix en vous écoutant. Avez-vous une recette particulière pour la conserver intacte ?
Je ne fais rien de particulier. C'est un don qui me vient de ma famille. Mon père chantait. J'ai eu une voix un peu dans le même registre. J'étais baryton Martin, je suis devenu baryton. Je pense que je lui ai piqué des trucs sans même m'en rendre compte.

Pourriez-vous écrire aujourd'hui "Les p'tites femmes de Pigalle" sans vous attirer les foudres de mouvements féministes ?
Il y a beaucoup de chansons que je ne pourrai plus écrire aujourd'hui. Comme Ferré, Brassens ou Brel, s'ils étaient vivants.

Est-ce une situation qui vous inquiète ?
On a l'impression qu'il y a deux files aujourd'hui, avec les hommes d'un côté et les femmes de l'autre. C'est assez grave, en fait, ce qui se passe.

Regrettez-vous l'époque de vos débuts ?
C'était une époque de liberté totale. On est peut-être allé trop loin dans un sens. Mais il faut dire qu'à l'époque, on était très conservateurs. On est sans doute passé d'un excès à l'autre.

Vous avez fait appel à la fine fleur de la chanson pour ce dernier disque avec Francis Cabrel, Calogero, Julien Clerc... Était-ce un rêve que vous aviez en tête depuis longtemps ?
Oui et j'aurai dû le faire depuis longtemps. Et bizarrement je suis assez timide pour faire ce type de démarche.

Faut-il voir derrière votre titre "Où sont passés nos rêves" un constat d'amertume ?
C'est un constat sur l'échec du XXe siècle avec l'effondrement de toutes les idéologies. Il doit y avoir beaucoup de coeurs désespérés un peu partout.

Le chanteur que vous êtes est-il là pour redonner de l'espoir ?
Un peu d'espoir mais aussi pour mettre le doigt là où ça fait mal. C'est curieux mais quand on dit parfois certaines vérités aux gens, ça leur fait du bien.

Avez-vous la nostalgie d'une certaine époque ?
La nostalgie ne sert à rien. Il faut continuer d'avancer. L'auteur que je suis a réussi à prendre sa place depuis une vingtaine d'années. Il y a aussi, je pense, une adéquation entre l'auteur et son interprète. À l'époque, les gens ne savaient même pas que j'écrivais. Contentons-nous de vivre normalement, sans trop regarder le passé.

Pratique : ce vendredi au Dôme (4e) à 20h30. Tarif : 53/60€.

Propos recueillis par Philippe Faner

8 Décembre 2017: Var Matin

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06.12.2015

6 Décembre 2017: Paris Match

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Serge Lama : "Johnny Hallyday était le monstre sacré de ma génération"

Propos recueillis par Caroline Rochmann
 

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Photo D.R.

Le chanteur Serge Lama se souvient de Johnny Hallyday, «un être multiple à mille facettes.»

«Lorsque j’ai appris ce matin la mort de Johnny, j’ai pleuré. C’était un être tellement vivant ! Sa vie, personne ne pouvait la suivre. En même temps, c’était un taiseux. Quelqu’un de très secret et mystérieux. Un être multiple à mille facettes.

 

Johnny était la star. L’amour des Français depuis près de 60 ans. Le seul à m’épater encore, le dernier des artistes français, hormis Aznavour maintenant artiste international – à me donner le frisson. C’était le dernier monstre sacré de ma génération.

Johnny et Jean d' Ormesson , l’intellectuel et le chanteur populaire, sont morts à 24 H d’intervalle. Ils me font penser à Jean Cocteau et Edith Piaf qui eux s’étaient éteints le même jour, à quelques heures de différence.

Dans mon dernier album, sorti fin 2016, je lui avais consacré une chanson : L’idole, parce que je ne trouvais pas normal que personne ne lui ait consacré un hymne. Pour écrire cette chanson, j’ai voulu me mettre dans sa tête. Comme il m’avait souhaité mon anniversaire à l’occasion de mes 50 ans de carrière, je lui avais envoyé la première partie du texte alors en gestation. Il m’avait répondu « Je suis ému » «.

Johnny,jusqu'à sa rencontre avec Laetitia,était très seul.Il était né dans une solitude dont il ne pouvait pas se débarrasser et dont personne ne pouvait le guérir. En fait, il avait peur du noir et il lui fallait toujours quelqu’un pour parler. Les copains étaient des empêcheurs de solitude même si une fois partis, la solitude était toujours là.  C’était quelqu’un qui n’ouvrait pas sa boite. Qui restait fermé. Il portait énormément de choses en lui qu’il ne divulguait pas.

Il n’a pas eu de carrière linéaire, a eu bien des hauts et beaucoup de bas mais rebondissait toujours. La preuve en est qu’à 50 ans, il a soudain vendu plus de disques que durant toute sa vie. Une vie qu’il Il a eu la chance de terminer en lumière, au sommet de son soleil.

Johnny Hallyday avait plus que du talent, c’était un génie du mouvement.

Il n’avait peur de rien ni de personne. Il  avait  bousillé au moins trente voitures  dans sa vie en se sortant toujours lui-même  indemne de chaque accident .

Je trouve que cette mort lente ne lui correspondait pas. Je l’aurais imaginer s’envoler d’une façon plus fulgurante comme dans un accident de moto par exemple. Cet homme-là avait tout essayé. C’était un personnage hors du commun qui ne pouvait pas partir d’une longue maladie. 

02.12.2015

2 Décembre 2017:Le figaro

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01.12.2015

1 Décembre 2017:Le mensuel

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LIEN VERS LE JOURNAL

28.11.2015

28 Novembre 2017:La voix du Nord

Serge Lama en concert au Zenith de Lille le Mercredi 29 Novembre 2017, interview.

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Lille

Serge Lama au Zénith : «Le Nord, c’est le meilleur public du monde»

 

25.11.2015

25 Novembre 2017:Je suis musique

Grande interview de Serge Lama dans "Je suis musique"

 

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LIRE L'INTERVIEW ICI 

25 Novembre 2017:Le point

Novembre 2017 Serge Lama à Pleyel pour 4 concerts

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Serge Lama "comme un débutant" salle Pleyel, avant une tournée

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J'entends les instruments qui s'affûtent. De la salle j'entends le tumulte. Je débute et j'ai peur...": à 74 ans, malgré plus de cinquante ans de carrière, Serge Lama est de retour sur scène "comme un débutant" jusqu'à dimanche soir, salle Pleyel à Paris, prélude à une tournée.

"Depuis toujours, à chaque concert, je suis un débutant, avec l'impression de recommencer à zéro. Ce n'est pas une histoire que je raconte parce que ça fait bien", confie à l'AFP l'interprète et auteur de "Une île", "D'aventures en aventures" et des "Petites femmes de Pigalle".

"Tous les soirs, il y a une peur qui monte doucement, plusieurs heures avant, et de plus en plus. La scène me sauve de mon tract, pas immédiatement des fois...", ajoute-t-il.

"On ne peut pas être rassuré dans un métier comme le nôtre. D'ailleurs, ce n'est pas un métier, plutôt une vocation pour moi. Camus, que j'adore, disait qu'on ne peut pas être heureux quand on travaille", ajoute Serge Lama.

Le "débutant", qui a fêté son jubilé en 2013, chante pour la première fois de sa carrière Salle Pleyel,,où il décroche plusieurs ovations debout.

Après quatre soirs à guichets fermés, Serge Lama retrouvera L'Olympia, sa salle fétiche, en février pour une semaine, dans le cadre d'une tournée d'une cinquantaine de dates.

Le chanteur est accompagné sur scène d'un quatuor à cordes, d'un accordéoniste, d'un guitariste, d'un percussionniste et de deux choristes masculins, pour un concert presque intimiste de deux heures, égrenant ses grands succès mais aussi sept chansons nouvelles dont "L'Eau de la vie" sur une musique de Christophe Mahé.

Il signe d'autres collaborations avec la jeune génération, notamment Calogero.

"Notre succès est fragile"

Avec "Lettre à mon fils", il égratigne Bachar El-Assad, Kim Jong-Il ou Donald Trump en faisant projeter leurs visages en fond de scène. Celui du président américain reste ostensiblement de longues secondes alors que Serge Lama enchaîne aussitôt avec "Les petites femmes de Pigalle" : "Un voyou..., un voyou m'a volé la femme de ma vie...".

"Trump est un voyou dangereux qui peut devenir un dictateur à n'importe quel moment !", dit-il à l'AFP.

"Les chansons doivent faire réfléchir, mais pas seulement. Être engagé tout le temps, c'est suspect. J'exprime souvent des ras-le-bol universels. Je ne connais pas beaucoup de grands succès qui ne soient pas mélancoliques", ajoute Serge Lama.

"Nous, les artistes, avons la grande chance de faire ce que nous aimons. Mais notre succès est fragile. J'ai besoin de cette relation privilégiée sur scène avec le public. Je souffre suffisamment physiquement pour que l'on soit certain que j'aime ça", confie-t-il encore.

Plusieurs accidents l'obligent à chanter quelques chansons assis et sa démarche est parfois difficile.

Après "D'aventures en aventures", "L'Algérie" ou "Les Ballons rouges", il transforme les 2.000 spectateurs de Pleyel en choristes a cappella avec "Je t'aime à la folie". La voix est intacte, ses musiciens délivrant de nouvelles orchestrations renouvelant chaque titre.

"Vous avez raison de l'aimer à la folie, la vie... Elle en a bien besoin !", lance Serge Lama, à la dernière note.

       © 2017 AFP

 

19.11.2015

19 Novembre 2017: Le républicain lorrain

Même interview que dans le Progrès mais en un peu plus développée .

La Grande Interview Serge Lama : « On m’a remis sur le chemin de la chanson »

Il est l’un des monuments de la chanson française : à 74 ans, après cinquante ans de carrière, Serge Lama repart sur les routes, avec toujours autant de passion et de verve sur le monde qui l’entoure.

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Votre tournée s’appelle « Je débute », comme un recommencement. (1) Comment l’abordez-vous ?

C’est un début comme un autre, sauf que j’ai 74 ans. Plus l’âge avance plus c’est dur, plus on a peur, la peur de celui qui sait. Quand vous êtes jeune, vous avez le trac, mais vous êtes inconscient, quelque part. Là, je sais tous les tenants et les aboutissants : quand on va rentrer sur scène, on va être le torero. Le public n’est pas le taureau, mais d’une certaine manière, on peut être mangé tout cru. Il faut, avec l’énergie qui me reste, arriver à faire quelque chose de cohérent et de fort, et ce n’est pas simple. Mais je le fais parce que j’aime ça, c’est ma raison d’être. La tournée, c’est mon domaine, je suis un homme de contact.

Lorsque vous avez commencé, pensiez-vous fêter un jour vos 50 ans de carrière ?

Je voyais plus à long terme qu’on ne voit aujourd’hui, j’espérais une carrière solide. Mais je ne pensais pas que ça durerait aussi longtemps. Pourquoi on dure c’est inexplicable, c’est fait de tellement de hasards… Ma vie a été faite d’accidents successifs, puis à chaque fois on m’a remis sur le chemin de la chanson et je suis revenu, je suis là, je vais prendre mon courage à la main. Mes valises, je ne les porte plus : c’est l’avantage d’être vieux, maintenant je les porte sous les yeux ! (rire)

À quoi ressemblait le Serge Lama des débuts ?

Je me jouais la comédie de l’ambition : on se persuade soi-même qu’on est plus fort qu’on est, qu’on va réussir, mais au fond de soi, on n’en est pas si sûr que ça. Vous rencontrez des gens aussi . C’était formidable de voir éclore Barbara. Ça m’a appris beaucoup. J’ai vu exactement ce qui se passait autour d’une personne que personne ne regardait la veille, et que tout le monde voulait voir le lendemain. J’ai vu qu’il se passait quelque chose de violent, et qu’il fallait pouvoir l’encaisser. Ça m’a donné une leçon utile pour la suite de mes événements. Bien sûr, il y a eu des orages, [il cite Brel], « Bien sûr nous eûmes des orages, 50 ans d’amour c’est l’amour fol » ! (rire)

Une histoire d’amour avec votre public , en quelque sorte ?

Le public vous stimule, vous apporte le plus qui vous manque dans les moments difficiles, il vous apprend aussi sa vie. Les autres vous disent des choses parfois importantes que vous ne détectez pas, et des erreurs que vous commettez dont vous ne vous rendez pas compte. Au départ de ma carrière, on disait que j’étais un chanteur triste, ce qui est vrai quelque part, c’est pour ça que j’ai écrit des chansons gaies, parce que je voulais un peu égayer. Je ne sais pas si les gens supporteraient d’un mec comme moi toute la soirée que je sois triste.

Comment écrivez-vous  ?

J’écris tout ce qui me vient par la tête, sans idée particulière à l’avance, je suis guidé par les phrases. Je laisse la chanson libre, je suis les méandres de ce que les mots m’emmènent à dire. Après, je refonds, je remets, je reviens. C’est du travail de laboureur. On est « le paysan des mots ». Je coupe sans aucune pitié un couplet qui n’est pas bon. C’est l’expérience, j’ai appris que savoir couper, c’est le grand art de tous les arts, un peintre vous dira la même chose. Quelque part, je ne m’arrête jamais : sur scène, l’interprète corrige encore.

Et quand vous travaillez pour d’autres  interprètes ?

Le plus difficile, c’est d’être en compétition avec soi-même. Si quelqu’un vous demande une chanson, c’est qu’il vous considère comme un auteur, vous avez ça dans la tête, et vous vous dites : « est-ce que ça, c’est d’un grand auteur ? ». C’est une façon de trouver des solutions que de se poser des questions, parce que des fois vous êtes tout seul.

On dirait que vous n’avez toujours pas confiance en vous…

Comme on me dit autour de moi que je me dévalorise, j’essaye de remédier à ce défaut-là. Il faut avoir confiance en soi, par moments, sinon on n’y arrive pas, mais si on a trop confiance, ce n’est pas bon non plus. Cette espèce d’équilibre entre ces deux facteurs-là, c’est toute la lutte d’un chanteur comme moi, pendant toute une vie. C’est pour vous dire qu’arrivé à mon âge, on est fatigué, quand même, de toutes ces luttes !

Auriez-vous pu débuter la musique à notre époque ?

Je n’aimerais pas avoir 20 ans et arriver avec mes chansons. Avec ce que je suis, ce que j’ai envie de faire, le respect que j’ai pour la langue française, les grands auteurs français, les grands livres, les grands faiseurs de chansons… Je serais très mal dans ma peau. Aznavour et moi, on est amoureux fous de cette langue. On aime la manier, l’écrire, la triturer, lui faire cracher ses vérités, ses nuances que toutes les langues n’ont pas. Goldman a terminé sa carrière sur un disque qui s’appelait « Chansons pour les pieds » : maintenant, c’est ce qu’on fait, au fond les paroles ne comptent plus. Beaucoup de jeunes commencent à parler anglais. La langue française, à mon avis, aura disparu d’ici une cinquantaine d’années. La langue anglaise est adoubée par internet, et ça pèse très lourd dans la balance.

Vous pensez que la chanson française est menacée ?

Il y a Christophe Maé, qui écrit des vraies chansons, et Stromae qui est un créateur formidable, il fait des chansons avec un tiers texte, des mots qu’on répète et une idée entre eux. Vincent Delerm, c’est un grand talent, très drôle, très fin. Il a un public très particulier, il n’accède plus à ce qu’on appelle le grand public, et ça me fait un peu mal au cœur. Quand il a essayé de faire un disque populaire, on lui en a presque voulu… Aujourd’hui, il y a un snobisme qui va un peu contre les chansons populaires. Si j’écrivais « Les petites femmes  de Pigalle » ou « Femme, femme, femme », je me ferais jeter comme un malheureux, et je ne sais pas pourquoi.

À l’époque, vous vous étiez défendu de toute misogynie. Diriez-vous que vous êtes féministe ?

Je ne suis pas féministe dans le sens où je trouve que le féminisme a fait beaucoup de mal au féminisme, surtout ces vingt dernières années. Il y avait une époque où c’était nécessaire. Maintenant, c’est la société qu’il faut changer, si on veut une place pour la femme qui est la place qu’elle mérite. Et qu’elle doit avoir parce que c’est la sienne, c’est un être social au même titre que l’homme, à égalité. Il faut une révolution. Et encore, j’espère que les femmes ne seront pas écrasées, parce que dans une révolution, c’est souvent la violence et la force qui triomphent. Et c’est encore les hommes qui ont ça de leur côté. Pour moi, les femmes et les hommes, c’est différent.

Comment voyez-vous la société d’aujourd’hui ?

Il y a ceux qui sont en haut, qui sont très riches et font leurs affaires entre eux, très peu nombreux. Il y a une frange au milieu, qui bosse jusqu’à l’épuisement, et ceux d’en bas, qui n’ont pas de travail. Pour moi, ce n’est même pas politique, c’est un problème philosophique. Il faut repenser la société philosophiquement parlant, que quelqu’un réagisse d’une manière ou d’une autre.

C’est-à-dire ?

On s’aperçoit que la démocratie n’est plus ce qu’elle était. C’est un mot à la con, mais c’est ça. Quand on peut élire Trump par un vote démocratique dans un pays comme l’Amérique, il y a des questions à se poser. Regardez nos élections ! Il [Emmanuel Macron, NDLR] est jeune, il a des idées sûrement. La société ne s’est jamais faite avec des idées de vieux. C’est des jeunes qui font la société, les vieux, ils s’en vont. Je ne suis pas du tout politisé, je ne le connais pas. Mais on aimerait bien qu’il réussisse, parce qu’on se demande ce qui peut se passer après. On a peur pour sa famille, mon fils, les gens que j’aime…

Vous, le grand mélancolique, vous êtes pour le changement ?

On peut difficilement juger son époque quand on a mon âge. Tous les gens que j’ai lus, quand ils arrivent à la fin de leur vie, ils ont toujours l’impression qu’après ce qu’ils ont vécu, ça va être la catastrophe. Forcément, il y aura des problèmes. Il y aura des révolutions, peut-être des guerres, des choses très graves, mais le monde a toujours connu ça et il a continué. Je me dis que ce que je pense n’a pas beaucoup d’importance…

Les fêtes de fin d’année approchent, et vous sortez un conte de Noël (2)

Quand j’ai chanté « L’Arbre de Noël » de mon dernier disque, à mon assistante, elle trouvait ça formidable. Un jour, elle arrive avec cent pages : elle avait écrit un conte ! C’est une chanson que j’avais écrite à 35 ans. Là, je me suis dit que c’était l’âge où je pouvais l’enregistrer. C’est une image : pour moi, les chansons c’est des cadeaux, j’ai passé ma vie à essayer d’offrir des cadeaux aux gens, et c’est pour ça que je suis un arbre de Noël.

(1) Serge Lama est en tournée dans toute la France, depuis octobre et en 2018. (2) Sortie le 9 novembre chez Plon.

Propos recueillis par Léa BUCCI