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11.11.2014

11 Novembre 2016: Le Parisien

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Serge Lama : « Je n'ai jamais eu confiance en moi »

A 73 ans, l'auteur-interprète sort un grand disque qui réunit des compositeurs prestigieux comme Calogero, Pascal Obispo, Julien Clerc, Patrick Bruel ou Francis Cabrel.

Il a maigri et rajeuni ! » La pochette du nouvel album de Serge Lama provoque souvent cette réaction. C'est vrai qu'il fait penser à Al Pacino dans « Heat » avec son élégant bouc et ses cheveux libérés. Comme quoi, à 73 ans, on peut encore changer d'image. Et après un demi-siècle de carrière, on peut vivre un nouvel âge d'or avec de nouvelles chansons. « Où sont passés nos rêves » en compte dix-sept, qui nous entraînent dans un voyage en première classe, porté par des mélodies sur mesure et des textes de haut vol, où Lama se livre comme rarement.

D'où vient ce nouveau look ?

Serge Lama. Pris par l'enregistrement de ce disque, je ne me rasais pas. Et des gens ont commencé à me dire que cela m'allait bien. Je suis allé voir une barbière à Paris. Elle m'a proposé ce look qui semble plaire à tout le monde.

 

Comment avez-vous réussi à réunir Cabrel, Bruni, Clerc, Calogero, Obispo, Bruel, Le Forestier, Maé, Bénabar... ?

 

A l'exception de Calogero, qui m'a appelé, c'est moi qui leur ai proposé. Je ne pensais pas qu'ils me diraient oui. J'avais commencé un album avec Davide Esposito et un jour Cabrel m'appelle pour me dire qu'il a trouvé une musique sur « les Muses », que je lui avais envoyée il y a longtemps. Ça m'a donné envie d'appeler Julien Clerc, puis j'ai croisé Carla Bruni. A un concert, j'ai pris mon courage à deux mains : « Madame, je prépare un disque... »

 

Serge Lama n'ose pas aller voir Carla Bruni...

Mais c'est la vérité (il sourit). Je suis très timide, je n'ai jamais eu confiance en moi. Sans Obispo, je n'aurais pas réussi à écrire sur ma ville d'origine, Bordeaux. J'essayais depuis trente ans. Le « Toulouse » de Nougaro me complexait.

Tous mettent vos textesen valeur...

Cela me touche beaucoup parce que les gens ne savent pas trop que j'écris. J'écris tous les jours, depuis que j'ai 11 ans et demi, mais les gens ont toujours voulu voir en moi le chanteur. Je me considère d'abord comme un auteur avant d'être un chanteur. C'est pour cela que je publie ce livre, L'intégrale de mes chansons (NDLR : aux Editions Flammarion). Et je remercie Bob Dylan. A travers son prix Nobel, on a tous reçu, les auteurs, notre petite part de reconnaissance. La chanson est enfin un genre reconnu.

 

Dans « l'Idole », vous remerciez aussi Johnny Hallyday...

Des gens autour de moi étaient contre, mais j'y tenais. Si quelqu'un devait écrire sur ce mec qui fait rêver les Français, cet aventurier, c'était moi. Il est beaucoup plus intelligent que les gens ne pensent, car il a l'instinct de l'intelligence. C'est le dernier chanteur qui me fait sortir les poils. Il fallait lui dire tant qu'on est vivant.

 

Vous auriez aimé être Johnny ?

Non, être une star, ce n'était pas pour moi. J'aurais pu à un moment, mais cela demandait des sacrifices que je n'étais pas prêt à payer, mettre toujours les bons habits, les bonnes lunettes... Je suis un chanteur populaire, cela me convient.

 

Quand vous chantez « Quand on est pauvre, c'est pour toujours », c'est autobiographique ?

Oui, j'ai grandi dans une famille très modeste, voire pauvre. Un sou était un sou. Nous avons vécu dans le quartier parisien où je vis aujourd'hui (NDLR : près des Invalides), mais à quatre dans la moitié de mon salon. Aujourd'hui, je suis aisé, mais je me sens toujours rapporté dans les milieux riches. J'ai connu bien des honneurs, mais à chaque fois, je sentais une distance chez les gens, dans leur politesse. Ils vous invitent un peu comme un clown.

 

Pour reprendre le titre de l'album et d'une chanson, où sont passés vos rêves ?

C'est la seule chanson que j'ai écrite sans ratures. Parce qu'elle vient du plus profond de moi. Le XXe siècle a été épouvantable. On a vu s'écrouler tous nos rêves, le communisme, le capitalisme, la démocratie... Je n'ai jamais voté, car j'ai toujours eu l'impression d'être manipulé. Ce n'est pas citoyen, je sais, mais il n'y a personne qui me fasse rêver.

 

« Ma femme était une sainte »
 

Il n'a pas voulu annuler son interview, malgré la disparition brutale de sa femme une semaine plus tôt. Michèle Lama est décédée à 71 ans d'un AVC dans leur résidence secondaire du Loir-et-Cher. « Dans les périodes où tout va bien, il m'arrive toujours une catastrophe, soupire-t-il. Ma fiancée meurt en 1965 dans un accident de voiture, mes parents, dans un accident en plein triomphe de ma comédie musicale « Napoléon » et maintenant Michèle... Comme si on me prenait toujours d'une main ce que l'on me donne de l'autre. »

 

Ils se sont rencontrés en 1969 à Chamonix. « Nous avons vite fait logement à part car Michèle était très indépendante, explique-t-il. Et moi, j'avais une vie de patachon. C'est moi qui ai fait le forcing pour que l'on se marie, pour notre fils Frédéric. Le mariage a eu lieu en 1991. Regardez les photos, c'était une princesse et moi un paysan mal dégrossi... Une sainte qui a tout accepté des fautes commises dans mes années de feu. Depuis quinze ans, notre amour s'était transformé en tendresse. Mais elle gérait toujours ma vie, mes affaires. Il était hors de question de divorcer, tant nous tenions à notre lien. Elle était sans ego et sans égale. »

 

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Sur son album

Sur Bordeaux

Sur sa femme Michele

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10.11.2014

10 novembre 2016 : magazine des espaces culturels Leclerc

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Le 17 octobre 2016, Serge Lama est interviewé téléphoniquement par François Alquier pour le magazine des espaces culturels Leclerc du mois de novembre 2016.

 

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Je n'avais encore jamais interviewé ce grand de la chanson française. J'ai pourtant beaucoup d'admiration pour Serge Lama depuis quelques décennies. Voilà qui est enfin fait à l'occasion de la sortie de son nouveau disque Où sont passés nos rêves. Pour Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de novembre 2016), voici la synthèse de notre demi-heure de conversation téléphonique qui s'est tenue le 17 octobre dernier.

 

Après le succès de son précédent album, certifié disque de Platine, Serge Lama nous livre l’un des plus grands albums de sa carrière. Francis Cabrel, Julien Clerc, Christophe Maé, Bénabar, Carla Bruni, Maxime Le Forestier, Patrick Bruel, Gérard Lenorman, Pascal Obispo ou encore Calogero ont habillé ses textes. En tout, 13 artistes ont participé à ce magnifique album.

Comment avez-vous concocté ce casting de rêve ?
Serge Lama : Je suis tout simplement allé vers des artistes que j’admire. Certains depuis longtemps et d’autres plus récemment parce qu’ils sont plus jeunes dans la chanson. Je les ai tous contactés, sauf Calogero. Comme le métier savait que je faisais cet album avec des cadors de la chanson française, il s’est proposé gentiment. J’adore son travail, donc j’ai été flatté. Je lui ai envoyé un texte que je venais de finir le matin même et il m’a fait une musique formidable. Les treize compositeurs avec qui j’ai travaillé ont tous un style différent, ce qui rend les chansons si particulières.

Il y a deux duos, l’un avec Carla Bruni, l’autre avec Francis Cabrel.
Quand Carla m’a envoyé sa maquette, en l’écoutant, je me suis dit qu’il était impossible de ne pas avoir cette voix si particulière avec moi sur cette chanson, Casablanca. Quant à Francis Cabrel qui chante sur L’Arbre de Noël, là aussi c’était un souhait de ma part que cet immense artiste chante dans un de mes disques.

Quand vous avez envoyé vos textes à vos compositeurs, n’avez-vous pas eu peur d’être déçu par le fruit de leur travail ?
J’aurais été bien malheureux de dire à un des artistes de ce niveau-là : « Ta musique n’est pas terrible. » Ça n’est heureusement jamais arrivé. Toutes leurs musiques étaient les bonnes. Parfois, j’ai dû changer un peu mes textes pour qu’ils collent encore mieux à la composition. J’ai beaucoup travaillé pour ce disque.

Dès le début de votre carrière, vous n’avez pas voulu avoir de style propre, ni dans la musique ni dans les mots.
Ce qui m’importe, c’est la chanson. Ce qu’elle veut, ce qu’elle doit être. Mais j’ai toujours admiré des artistes qui ont un style très reconnaissable, que ce soit Georges Brassens avant mes débuts ou Michel Berger et Alain Souchon, qui ont apporté quelque chose de très neuf à la chanson alors que j’étais déjà chanteur.

Le premier single est Les Muses, une chanson sur le manque d’inspiration. C’est amusant parce qu’en vrai, je sais que vous n’avez jamais le syndrome de la page blanche.
J’avais écrit Les Muses pour Francis Cabrel à l’époque où il n’arrivait pas à finir son dernier album. Mais, vous savez, il m’arrive quand même d’avoir des difficultés à écrire un texte. C’est dur de trouver toujours quelque chose d’original, de nouveau, de beau à chanter. Ce qui me sauve, c’est que j’écris tous les jours. C’est ce qui fait que ma plume est toujours à mon service. Je suis un peu graphomane.

Vous écrivez tous les jours par besoin ?
Je pars du principe que plus on travaille, plus on réussit. Au bout d’un moment, ça devient une maladie. Mais une jolie maladie.

Avez-vous conscience que vous êtes considéré comme un monument de la chanson française ?
Depuis le passage de mes 70 ans et ma tournée extraordinaire qui a duré deux ans et demi, j’ai bien constaté que le public avait beaucoup d’amour pour moi. Mais, comme j’ai connu une grosse notoriété et une grande euphorie quand j’avais 30 ans avec des chansons comme Femme, femme, femme, Les P’tites Femmes de Pigalle ou Je suis malade, je trouve qu’aujourd’hui, c’est plus calme. Je ne me rends pas compte de ce que les gens pensent de moi et quelle trace je laisse dans leur cœur.

Vous avez beaucoup de disques à votre actif, mais est-ce que le dernier est toujours celui que l’on préfère ?
Dans ce cas particulier, forcément. C’est un disque qui ne ressemble à aucun autre. Pour moi, mes disques les plus importants sont Je suis malade en 1973, l’album Napoléon en 1982 et celui-ci. Je ne peux pas mieux dire.

09.11.2014

9 novembre 2016: Ici Paris

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07.11.2014

7 Novembre 2016:Ouest France

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Michel TROADEC.

Pour Où sont passés nos rêves, l'auteur-interprète a demandé à une douzaine de compositeurs d'habiller ses textes.

Ce qui surprend le plus dans cet album, c'est… la pochette. On ne reconnaît pas, au premier coup d'œil, l'homme de 73 ans, amaigri, avec barbiche et moustache. La voix, en revanche, n'a nullement changé, chaude, grave, au timbre si reconnaissable.

Depuis les années 1990, Serge Lama ne déroge pas à une règle : trois albums par décennie. Depuis quelque temps, ses disques sont devenus plus intimistes, plus acoustiques. Il a varié les genres avec un album de reprises de chansons françaises, puis un album de duos. Il a aussi réarrangé ses anciennes chansons dans La balade du poète, son précédent disque.

Carnet d'adresses

Cette fois, Serge Lama a fait marcher son carnet d'adresses. Avec une telle carrière, on peut se permettre de demander aux meilleurs compositeurs d'écrire des mélodies pour ses textes. On retrouve ainsi trois compositions de Francis Cabrel, deux de Julien Clerc, une de Maxime Le Forestier…

Outre le classique titre sur le manque d'inspiration, qui ouvre le disque, Serge Lama revient sur son enfance en Aquitaine dans la très belle Bordeaux, mise en musique par un autre Bordelais, Pascal Obispo. Calogero lui offre la jolie mélodie du Souvenir, avec cordes et piano. On retient aussi deux agréables duos : le premier avec Carla Bruni pour Casablanca ; le second avec Francis Cabrel pour L'arbre de Noël.

Pour un texte cynique qui raconte que « quand on est pauvre, c'est pour toujours », Salvatore Adamo lui a envoyé une musique country… Bien vu. Plus surprenant, Gérard Lenorman a écrit une musique jazz pour quelques phrases amoureuses. Un album qui navigue ainsi sur des inspirations différentes, avec toujours, de la part de Lama, une grande exigence pour les textes.

04.11.2014

4 Novembre 2016:La dépèche.fr

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Les beaux rêves de Lama

Livres/CD/DVD

 

Serge Lama affiche le plus beau casting de l'automne. Pour son nouvel album, «Où sont passés nos rêves» (Warner) dont il a bien sûr écrit tous les textes, le chanteur a sollicité des compositeurs aussi illustres que Francis Cabrel (trois titres), Julien Clerc (deux), Le Forestier, Bruni, Adamo, Calogero ou Bruelo (pardon, Bruel). Qu'il parle de son enfance (magnifique «Bordeaux», mis en musique par l'Obispo du cru), de ces femmes qu'on adore et qui inspirent («Les muses», avec Cabrel) ou qui vous dévorent («Mais j't'en veux pas», avec Julien Clerc) ou qu'il évoque la maladie d'Alzheimer («Le clocher d'Elseneur», avec Yves Gilbert, son vieux complice), Serge Lama est tel qu'en lui-même : impressionnant, touchant, dans une grande tradition de la chanson française qu'il est un des rares à incarner encore. Seul bémol à cet album formidable, un duo avec Cabrel intitulé «L'arbre de Noël» vraiment pataud et dispensable.

4 Novembre 2016:France Dimanche

Magazine France Dimanche du 4 Novembre 2016

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03.11.2014

3 Novembre 2016: Paris Match

Serge Lama s'exprimait dans Paris Match pour la première depuis le décès de son épouse Michèle.

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3 Novembre 2016:L'hebdo

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Serge Lama, la maladie d’amour

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Photo Yann Orhan

Isabelle Falconnier

Scène. Le chanteur livre un 24e album studio, «Où sont passés nos rêves», et une nouvelle édition de ses chansons complètes, «Un homme de paroles». Rencontre avec la mélancolie faite homme.

Je lui ai acheté des fleurs. Un bouquet d’amour ou de condoléances: on est vendredi soir à Paris, sa femme Michèle, mère de son fils unique Frédéric, épousée en 1991 après vingt années de vie commune, est décédée le mardi d’un AVC dans leur maison de Romilly-du-Perche dans le Loir-et-Cher. Il n’a annulé aucune des journées de promotion de son nouvel album. Mais, situation ubuesque, interdiction d’évoquer le sujet avec celui qui a toujours protégé sa vie privée, au point de garder la naissance de son fils, en 1981, secrète pendant deux ans.

Il donne rendez-vous chez lui, boulevard de la Tour-Maubourg dans le VIIe arrondissement. On est à cinq minutes à pied du 19, rue Duvivier, où il a vécu entre 8 et 11 ans, partageant une chambre meublée avec ses parents montés à Paris depuis Bordeaux dans l’espoir que son père, Georges Chauvier, chanteur d’opérette, premier prix du Conservatoire, perce sur les scènes parisiennes.

«C’est le quartier de mon enfance, que voulez-vous.» Il a acheté cet appartement en 1975 non pas pour sa vue sur les Invalides dans un hommage à Napoléon qui y est enterré, mais parce que son ami et père spirituel Marcel Gobineau habitait le numéro d’à côté.

Depuis quelques mois, aminci, il porte un bouc et une moustache très d’artagnesques. Devant les compliments, il a adopté. Visage pâle, fragile et attentif, en survêtement sombre, sagement assis à la table de son salon, la voix chaude et musicale, il sourit doucement. «Nouvelle tête, nouvel album... Il faut évoluer.» 

Pour son nouvel et 24e album studio, intitulé Où sont passés nos rêves, il a confié une quinzaine de ses textes à des chanteurs-compositeurs de la scène française pour qu’ils les mettent en musique. Pour une part des pairs, Francis Cabrel qui s’empare des Muses, écrite précisément pour lui alors qu’il est en panne d’inspiration, Julien Clerc pour deux chansons dont la vibrante Où sont passés nos rêves, Maxime Le Forestier, devenu star le même soir que Lama lors d’une mémorable émission Musicorama de 1973, Adamo ou Gérard Lenorman.

Pour une autre part, des fils ou des petits-fils spirituels, biberonnés à ses chansons tels Bruel, repéré à 20 ans par Lama un soir qu’il chantait La chanteuse a 20 ans dans un bar, Obispo qui sublime Bordeaux, ville de leur petite enfance à tous les deux, Calogero, Bénabar ou Christophe Maé. On retrouve son orchestrateur de toujours, Yves Gilbert, pour une chanson magistrale, Le clocher d’Elseneur, et la présence d’une Carla Bruni très adéquate sur Casablanca.

Le pari du mélange des genres prend tout son sens avec cette manière que possède Lama de s’approprier chacun des univers musicaux. «Je n’ai pas eu peur du risque. Je voyais surtout la difficulté à convaincre les musiciens que je voulais. Contrairement à ce qu’on pense, je suis timide. Je me suis dit que si Julien Clerc, à mes yeux essentiel, acceptait, cela marcherait. Je ne suis pas sûr de moi. Je me dévalue. Mon ami Gobineau m’avait lancé un jour: «Et si tu pensais à t’admirer, toi!»

Corps

Depuis cinquante ans, depuis mille ans, sur toutes les scènes de France et de Navarre, Lama fait pleurer les femmes et les hommes qui les accompagnent au concert et n’en reviennent pas d’être bouleversés aussi. Lama, c’est plus que le nom d’un chanteur populaire aux 35 disques et 12 millions d’albums vendus: c’est l’autre nom de la mélancolie, du temps des cousines et des jardins secrets, de la passion d’aimer et de révolutionner, de mourir et de ressusciter, l’autre nom de cette douleur qui va avec la vie, partout, tout le temps.

Lama, mégalo, hypersensible, charismatique, orgiaque, érudit et cru, tonitruant et subtil, fait partie de ces voix que nous nous sommes choisies pour exprimer ce que, seuls, nous n’arrivons pas à exprimer. Chanteur cathartique, chanteur messie, chanteur diseur de bonne aventure, chanteur initiateur qui, chaque soir de concert, prend sur lui nos rêves et nos abîmes de tristesse pour les sublimer et nous les rendre, revivifiés, dotés de sens et de paroles soudain.

Il a 12 ans lorsqu’il décide de devenir chanteur. Il passe devant l’Olympia flambant neuf avec son père qui chantait en face, au modeste Théâtre des Capucines, son regard est attiré par le nom d’Eddie Constantine accroché en lettres rouges sur la façade. «Tous les soirs, depuis, je me suis endormi en me voyant chanter sur cette scène. Lorsque j’y suis arrivé, c’était comme si tout était superflu ensuite.»

C’est en mars 1973 qu’il y passe en vedette. La France entière reprend déjà les refrains des titres de Je suis malade, son premier disque d’or. Un parcours rapide: il fait ses débuts au cabaret L’Ecluse le jour de ses 21 ans, en 1964, sort un premier 45 tours la même année, fait Bobino en lever de rideau de Barbara et Brassens. L’été suivant, c’est l’accident: la Peugeot conduite par Jean-Claude Ghrenassia, régisseur de sa tournée et frère d’Enrico Macias, s’écrase contre un arbre en Provence.

Sa fiancée Liliane Benelli, pianiste de Barbara, meurt sur le coup, Jean-Claude Ghrenassia quelques semaines plus tard. Serge Lama, cassé de partout, reste alité durant plus d’un an mais survit – pied gauche paralysé, bassin cassé, hanche explosée le feront souffrir toute sa vie. Il est, depuis, «à la remorque de (son) corps». Après 14 opérations en deux ans, il remonte sur la scène de l’Ecluse en 1967. Son métier l’a «sauvé». 

Destin

On ne dure pas par hasard. Il faut avoir plus envie que les autres. «Goldman n’avait plus envie. Julien Clerc, Johnny, Le Forestier ont plus envie que les autres. On trouve le chemin, ensuite, pour parler encore et encore au public, le séduire, lui donner envie de nous, l’attraper.» On ne parle pas au public depuis plus de cinquante ans sans avoir compris ce qui fait chavirer les cœurs et le monde.

Serge Lama chante l’amour et les souvenirs. L’amour a été une conquête: en 1965, il répondait au magazine Nous Deux qui le questionnait sur une éventuelle amoureuse: «L’amour? Ah! non, pas encore... C’est un handicap, ça vous prend les forces totales d’un individu.»

C’est que sa mère lui avait passé l’envie des femmes. «Elle m’avait donné une image désastreuse des femmes. J’ai mis du temps à comprendre qu’elles n’étaient pas toutes castratrices comme elle.» Lama en voudra toute sa vie à Georgette Chauvier d’avoir poussé son père à abandonner la scène pour devenir représentant en bières, ce qu’il fera la mort dans l’âme. Lama en voudra toute sa vie à sa mère de lui avoir répété à quel point le frère mort-né avant lui aurait tout fait mieux.

Il ne sait pas s’il en porte le prénom mais il sait qu’il en porte le «poids». Lama s’acharnera toute sa vie à prouver qu’il pouvait réussir là où son père avait échoué, à exister sans l’ombre écrasante du trop jeune mort. Ses parents seront, macabre ironie, victimes d’un accident de voiture en 1984.

De ses souvenirs d’enfance, il fait une autofiction permanente et bouleversante. «Le passé, je le poétise, je le transforme, il me sert de base pour créer.» Sur le nouvel album, Le clocher d’Elseneur évoque en pointillé alzheimer. Oublier sa vie le terrifie. «Les souvenirs font mal, mais c’est une bonne chose d’en avoir.» Il n’a pas une bonne mémoire, paradoxalement. Son éditeur Flammarion lui demande une biographie mais, à cause de cette mémoire à trous, il est «ennuyé» et cherche une manière de raconter qui contourne ce défaut.

On ne devient pas une icône, un mythe vivant sans que se créent d’immenses malentendus. Il a suffi de trois chansons légères, ses «chansons à boire», pour que la presse lui colle une image de gaudriole très injustifiée: Les petites femmes de Pigalle raconte l’histoire d’un pauvre type fait cocu par son épouse, Femme, femme, femme celle de deux amis en peine d’amour et réduits à courir la gueuse. «Les compositeurs en ont fait des morceaux burlesques, mais ce sont des critiques sociales où la gaudriole est un antidote au désespoir.»

Il a souffert de cette étiquette, en veut à la presse intellectuelle qui l’a caricaturé, aurait aimé avoir une reconnaissance à la Brel ou Piaf. «Je suis inclassable et intemporel, et on a cherché à me classer. Dans un tour de chant, on ne peut pas chanter que des chansons dramatiques. Les chansons légères permettent de respirer. Même Barbara avait des chansons pour faire rire son public avant de replonger.»

Il passe pour un bon vivant alors qu’il est mélancolique et sombre. «J’ai l’air solide, mais il y a des abîmes derrière.» Depuis toujours; il écrit un de ses albums les plus sombres, Et puis on s’aperçoit, lorsqu’il a 22 ans. Son énergie est une façade. On le prend pour un extraverti parce que, sur scène, il dépose ses tripes au pied du public, mais il n’y a pas plus taiseux en privé, retenant les mots de la tendresse. Il passe pour réac à cause de Napoléon, à qui il a consacré un spectacle, alors qu’il chante Jaurès et vomit le fascisme sous toutes ses formes.

Il passe pour un type un peu rustre alors qu’il n’y a pas plus cultivé, fin, littéraire que lui, lecteur depuis toujours de Verlaine, Apollinaire ou Sade. A 7 ans, il écrit des poèmes; à 12, il a une quantité incroyable de chansons dans ses tiroirs. «Lama ne fait pas qu’écrire des chansons: il chante son écriture», écrivait justement Yann Moix en 2012. Serge Lama applaudit logiquement Dylan nobellisé.

«C’est un beau jour pour nous tous, mes frères, nous qui avons consacré notre vie à ce genre en péril, la chanson. La chanson est enfin considérée comme un art majeur populaire du XXe siècle», écrit-il au lendemain de l’annonce. Les Editions Flammarion rééditent d’ailleurs l’intégrale de ses chansons, parue en 2014 et épuisée, dans une édition augmentée des textes de ce nouvel album. 

Survivant

Ogre de scène, il a durant plusieurs décennies enchaîné les tournées, jusqu’à 250 dates par an. Après avoir interrompu la scène en 2011 en raison de douleurs à la hanche, il est remonté en selle en 2014 et annonce une nouvelle tournée dès l’automne 2017. «La scène est un confessionnal. J’y expulse ce que j’ai vécu durant la journée, la semaine.» Il dit faire partie des chanteurs «suicidaires». «Comme Johnny, Brel. On donne tout. On ne sait pas au début si on va finir le concert. Ferrat s’ennuyait sur scène, c’est pour cela qu’il a arrêté. Moi, jamais.»

Il n’aime pas particulièrement son époque. «Personne n’aime vraiment son époque. J’ai de la peine à comprendre Internet, la folie des images, la vitesse, alors que l’homme est de plus en plus seul. On n’a pas su gérer le progrès.» La chanson-titre, Où sont passés nos rêves, parle de ces rêves d’avant cette époque, la nôtre, que nous avons perdue en route.

«Le XXe siècle a perdu tant d’illusions. Le socialisme, le marxisme, le capitalisme, les guerres, les génocides... Ces bouleversements ont rendu les gens tristes. En France, il y a une dépression qui vient de plus loin, de la Révolution française, qui n’a pas tenu ses promesses.»

La mort, puisqu’il faut bien parler de la mort, il n’en a pas peur. «Je suis un survivant. Je suis déjà mort, d’une certaine manière. Je suis aussi un mystique.» Il se sent médium, croit en la réincarnation, aux vies antérieures. Pense que les gens qui meurent ne partent jamais vraiment. «Je ne crois pas beaucoup au libre arbitre. Notre âme revient.» Il dit qu’il mourra de mort violente à 85 ans, un ami voyant qui ne s’est jamais trompé sur le reste de sa vie le lui a dit il y a longtemps.

Je lui ai acheté des fleurs. Je voulais des roses, mais il n’y en avait plus chez le fleuriste en bas de chez lui, alors j’ai pris une orchidée, un peu solennelle, mais sensuelle et mélancolique aussi. Toutes mes condoléances, monsieur Lama. 


«Où sont passés nos rêves». CD et DVD. Warner.
«Serge Lama. Un homme de paroles». Flammarion, 760 p.

 

3 Novembre 2016:Le parisien

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Cabrel, Obispo, Bénabar, Calogero...: tous fans de Serge Lama!

 

Enrôlant une pléiade de compositeurs de renom, de Francis Cabrel à Julien Clerc, en passant par Pascal Obispo et Bénabar, Serge Lama, 73 ans, est de retour avec un 24e album studio, "Où sont passés nos rêves" (Warner), dans les bacs vendredi.


En 2013, l'interprète des "P'tites femmes de Pigalle", "D'aventures en aventures" et des "Ballons rouges" a fêté ses 50 ans de carrière avec un double album rétrospectif, enrichi de plusieurs titres inédits, "La Balade du poète", certifié disque de platine.


Pour ce nouvel album, Serge Lama a décidé pour la première fois de s'entourer pour les musiques des plus grands noms de la chanson française. Jusqu'ici, ses compositeurs attitrés sont deux fidèles, Yves Gilbert, de nouveau présent, et Alice Dona.
Patrick Bruel, Christophe Maé, Carla Bruni, Maxime Le Forestier, Adamo, Gérard Lenorman ou Calogero signent aussi les 17 nouvelles chansons sur des tempos variés, de la ballade mélancolique au rock, en passant par la pop et même la country.


"Je suis un grand timide. Il m'a fallu du temps pour lancer les invitations. J'ignorais que j'avais des fans dans le métier!", confie à l'AFP Serge Lama qui, en parolier prolifique pour lui-même et d'autres depuis toujours, signe tous les textes.
"Ecrivain de chansons" pour Julien Clerc, "grand poète" pour Calogero...: Lama a fait le plein de mélodies en quelques semaines, offrant au final un panorama de la chanson française d'aujourd'hui.
Son processus d'écriture ? "Quelques mots en désordre, une simple phrase venue de nulle part me trottent dans la tête, et m'inspirent les couplets".
"J'ai écrit 400 chansons mélancoliques et 10 ou 12 chansons gaies. On ne retient que celles-là pour me cataloguer. Je n'ai jamais eu droit à Télérama...", regrette-t-il.


- "La retraite ? J'y pense et puis j'oublie!" -
Avec "Les Muses", sur une musique de Cabrel, Serge Lama aborde la page blanche: "C'est affreux, c'est énervant... C'est très dur à vivre."
"C'est quelque part une chanson d'amour car les muses, ces divines inspiratrices, sont souvent des femmes. Sans la gent féminine, combien de poètes auraient rangé leurs crayons ?", interroge-t-il.
Le 25 octobre, Michèle, l'épouse de Serge Lama, est décédée, emportée par un accident vasculaire cérébral. Selon ses proches, l'artiste a décidé de se réfugier dans le travail, respectant tous ses engagements pour la sortie de l'album.


Avec "Casablanca", Serge Lama s'offre un duo avec Carla Bruni qui signe la musique de cette chanson, un mélo en noir et blanc. Dans "Golgotha", sur une deuxième musique signée Cabrel, le chanteur prône le message humaniste du Christ , "ce qui nous manque tant aujourd'hui", relève-t-il.
Au passage, Lama dénonce les "nouveaux apôtres", notamment "ces politiques qui parlent pour ne rien dire, qui nous trompent et nous mentent".
Julien Clerc signe la musique de la chanson titre "Où sont passés nos rêves ?" contre le défaitisme: "Où sont passés nos rêves, nos justes courroux/Nos bras qui se lèvent, le poing serré au bout".
Sur un air country de Bénabar, Serge Lama joue aussi l'autodérision en se moquant des adieux des artistes: "Le public n'est pas bête, on l'a tant trahi/Avec la chansonnette de nos fausses sorties".
"La retraite ? J'y pense et puis j'oublie!", concède-t-il. "C'est mon corps qui dictera les choses. Physiquement, je vais être de plus en plus diminué. A l'âge de 22 ans, un grave accident m'a laissé handicapé. C'est de plus en plus difficile de rester debout avec l'âge..."


Une grande tournée est d'ores et déjà programmée l'an prochain, avec escales à l'Olympia et à Pleyel.
 
  AFP

02.11.2014

2 Novembre 2016:Ici Paris

Ici Paris du 2 Novembre 2016

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25.10.2014

25 Octobre 2016: Décès de Michèle Lama

La nouvelle république annonçait le 28 Octobre 2016 le décès brutal de Michèle Lama épouse de Serge.

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Le 28 Octobre 2016

ROMILLY-DU-PERCHE Décès de l'épouse de Serge Lama

Mardi, l'épouse du chanteur Serge Lama, Michèle Chauvier, 71 ans, a été retrouvée morte à Romilly-du-Perche, victime d'un AVC. C'est une personne qui venait pour des travaux d'entretien, étonnée de trouver la porte fermée, l'apercevant par la fenêtre gisant sur le sol, qui a donné l'alerte. « On est abasourdis », confiait, hier, Bernadette Pelletier, conseillère municipale et voisine de la résidence secondaire du couple. « Depuis quarante ans, elle qui aimait la campagne, venait ici très régulièrement à la ferme dans le cadre de relations très simples d'abord de bon voisinage, son fils était dans les mêmes âges que les deux miens, puis plus amicales. Elle est encore passée dimanche avec son fils et sa belle-fille. Elle était comme d'habitude, souriante et épanouie », relate la septuagénaire. « Dans la commune où tout le monde veillait à respecter la tranquillité de Michèle et Serge Lama, on est sous le choc. »

 

05.10.2014

5 Octobre 2016: La meuse.be

Article belge publié sur la chorale choisie pour participer au nouveau disque de Serge Lama

 

Seraing: la chorale Anima enregistre pour Serge Lama et Soprano

 

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Joëlle Augustin et son mari et les  23 jeunes âgés de 7 à 20 ans.

Iris Zarbo

Après plusieurs apparitions dans de célèbres émissions TV, la Chorale Anima gravit un échelon supplémentaire. Contacté par la maison de disques « Warner France », le groupe de petits et grands chanteurs s’est vu offrir la possibilité de collaborer et de chanter sur trois titres du nouvel album de Serge Lama et sur un titre du nouvel album de Soprano. Une véritable aubaine pour cette chorale sérésienne.

Repérée par les casteurs de deux émissions télévisuelles, la Chorale Anima a acquis une certaine notoriété depuis cinq ans. Demi-finaliste de « La France a un incroyable talent » et de « Belgium’s Got Talent », la chorale sérésienne a su se faire un nom dans le milieu de la musique. C’est en proposant des reprises de style pop/rock, issues du répertoire de U2, de Radiohead ou encore de Muse, qu’elle a commencé à se faire connaître. Une notoriété qui lui a d’ailleurs valu d’être contactée par une maison de production en juin dernier.

«  Quand Warner France m’a contactée, j’ai tout de suite pensé que c’était une blague mais, finalement, ce n’était pas le cas. Ils m’ont expliqué qu’ils avaient besoin de plusieurs enfants pour faire les chœurs sur trois titres du nouvel album de Serge Lama et sur un titre du nouvel album de Soprano  », explique Joëlle Augustin, chanteuse lyrique et créatrice de la Chorale Anima. «  Quand nous avons prévenu les enfants, ils étaient aux anges, tout comme moi. Ce travail, c’est toute ma vie, mon entreprise au sens humain du terme . »

Un travail de longue haleine qui a commencé il y a un peu plus de 10 ans, sur les bancs de l’école de l’Air Pur et à l’Académie de Seraing, où Joëlle Augustin enseignait la musique. Aujourd’hui, la Chorale Anima est passée de deux à 140 chanteurs, adultes et enfants confondus. Mais pour l’enregistrement des chansons des deux artistes français, Joëlle et son mari, Jacques Swyngedouw (pianiste et arrangeur d’instruments dans Anima), se sont entourés de 23 jeunes âgés de 7 à 20 ans

 

 

29.05.2014

29 Mai 2016:Le parisien

Article dans le parisien du 29 Mai 2016 sur le prochain album de Serge Lama prévu en Novembre

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27.05.2014

27 Mai 2016: Le parisien

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Enrico Macias et Serge Lama, unis par un drame

« LAMA ET MACIAS, LEUR INCROYABLE DESTIN CROISÉ »,

documentaire de Mireille Dumas. 1 h 50.

Tout pourrait les séparer. Pourtant, un drame unit à jamais Serge lama et Enrico Macias.C'est ainsi que démarrent les portraits croisés des deux chanteurs proposés ce soir par Mireille Dumas. Le 12 août 1965, Serge Lama a 21 ans. Il sort d'un gala en première partie de Marcel Amont. Sa voiture est conduite par son régisseur, Jean-Claude Ghrenassia, le frère d'Enrico Macias. Avec eux se trouve également Liliane Benelli, pianiste de Barbara, premier amour de Serge Lama. Le véhicule finit sa course contre un arbre. La jeune femme et Jean-Claude Ghrenassia sont tués dans l'accident. Serge Lama est vivant mais en miettes. Platré des pieds à la tête, il va lutter pour se remettre debout. « Ils m'ont caché la mort de Liliane. Quand je l'ai su, un mois et demi après, j'ai poussé un cri de bête toute la nuit. Depuis, toutes mes chansons lui sont consacrées », raconte le chanteur, toujours ému. Même trouble du côté d'Enrico Macias. « À chaque fois que je le vois, j'ai l'impression que c'est un peu mon frère que je revois. » Serge Lama doit une partie de sa renaissance à Enrico Macias, qui l'a vite accueilli sur scène après ses dix-huit mois d'hôpital. Des confessions poignantes.