09.11.2009

Novembre 2001 : Serge Lama dans le Progrés

Article publié en novembre 2001 dans le journal LE PROGRES

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06.11.2009

6 novembre 2008 : Serge Lama dans 24 heures

Propos recuillis par François Barras pour le journal suisse 24heures du 6 novembre 2008.

 

«Qui est le vrai Serge Lama?»

INTERVIEW | Le chanteur contemple L’âge d’horizons avec la sérénité des marins au long cours. A nouvel album, nouvelle tournée: il sera à Lausanne en mars prochain.

Le rire, monumental, claque comme on hisse le grand foc. Serge Lama, 65 ans, apparaît tonique au moment de repartir vers son Âge d’horizons, premier disque de compositions personnelles depuis sept ans. Il s’y livre avec force et justesse, en teintes claires obscures, comme on ferait le point sur les aléas d’une existence hors norme – chanteur français parmi les plus fameux –, mais également sur les doutes et les peurs ordinaires.

 

– Vous parlez d’un «album-bilan» avec son lot de compositions sombres. Un disque d’automne?
– Dans chacun de mes disques, sur 12 chansons, 2 sont rigolotes et 10 sont des drames. Ce n’est pas nouveau mais on veut me voir en chanteur optimiste, car j’ai en moi une énergie particulière dont les gens ont besoin – je m’en aperçois bien sur scène! Et puis les radios préféreront toujours Femme femme femme à une chanson triste, c’est plus commode pour elles.

 

– Cette image vous convient?
– Moyennement car je ne suis pas «ça». C’est vrai, j’ai été élevé à la sauce Maurice Chevalier, pas vraiment des chansons intellectuelles mais du music-hall et de l’opérette. (Il chante) «Ma pomme c’est moi!» , vous voyez le genre? Mais parallèlement je m’intéressais à la littérature, à la poésie, puis à Brassens, Ferré, Aznavour que j’ai écouté comme un fou. J’ai donc eu une éducation très mélangée, mais, dans ce métier, on veut vous voir d’un seul bloc.

 

– Tout de même, dans le nouvel album, vous chantez «j’arrive à l’heure où même vivre est fatiguant»…
– Oui, mais je peux vous faire écouter une chanson que j’ai écrite à 22 ans où je dis «on arrive tout nu un matin au portique», et plus loin «on meurt n’importe quand!» J’ai ça dans tous mes disques mais à l’époque on ne faisait pas le lien avec mon âge. J’avoue une sorte de délectation morose – ça fait du bien! Et puis, vous savez, on écrit également pour des phrases. Je trouve assez joli «ma vie s’éloigne à vue de deuils». Quand on a trouvé ça, on écrit autour.

– Cette tendance à vous faire endosser vos textes serait-elle liée à votre spectacle Napoléon, lorsque vous portiez les habits de l’empereur jusqu’au mimétisme?

– C’est possible. Depuis quarante cinq ans que je fais des interviews, j’entends la même chose: que je suis macho, misogyne, autoritaire, chaque fois je dois m’en justifier. Qui est le «vrai» Serge Lama? Je ne le connais pas moi-même. C’est un camaïeu, un manteau d’Arlequin, un vitrail. A la rigueur, on pourrait tenter une psychanalyse des obsessions du personnage à travers l’ensemble de mon œuvre… Ma seule chanson vraiment autobiographique, c’est Le temps de la rengaine, où je raconte la vie de mon père.

– Comment s’est passé le retour en studio?

– Chiant! Je déteste ça. D’ailleurs j’y vais le moins possible. Je prépare tout avec le producteur, puis, une fois la direction musicale fixée, je viens chanter. Je suis un mec de scène, il n’y a que ça qui m’intéresse.

 

– La présence du batteur de Sanseverino et de l’ingénieur du son de Jean-Louis Murat est-elle une façon de se rapprocher de la jeune garde?

– J’ai pris quoi de Jean-Louis Murat? Vous êtes sûr? Ah oui, c’est vrai, il m’a dit qu’il avait fait du rock’n’roll. Je ne connais pas bien leur bio. En tout cas, je ne suis pas le genre de chanteur qui prend des musiciens à la mode – comme le font beaucoup de mes collègues – en pensant qu’il passera plus à la radio. D’ailleurs je n’ai pas pris Benjamin Biolay! (Eclat de rire)

 

– Quelle sera la tournée?
– Un premier round en mars pour mettre le tour dans sa boîte en carton, puis une tournée plus longue dès septembre. Du neuf, du vieux – il y a des chansons que je serai obligé de chanter toute ma vie!

– Une malédiction?

– Non, j’ai du pot. Les chansons comme on dit incontournables – Je suis malade, L’Algérie, Une île, Les glycines – sont vraiment agréables à chanter. Il y a toujours quelque chose à apporter.

– Avec Socrate et Les objets hétéroclites, on vous découvre flattant vos penchants pour l’érotisme…


– Oui! Ça, c’est nouveau. Ces poèmes sont extraits de mon recueil Sentiment, sexe, solitude paru l’an passé. Ce sont les dernières années où l’on peut dire quelque chose alors j’en profite, je jette ma gourme. Chanter le temps de Socrate, la pédérastie, le siècle de Périclès, c’est évoquer une éducation, mais je sais que le thème va faire bondir. Les objets hétéroclites, en revanche, c’est très à la mode: même les grands couturiers y vont de leur sex toys et Clooney prépare un film sur le sujet. Alors pourquoi pas une chanson de Lama?

Serge Lama, L’âge d’horizons, Warner. En concert à Lausanne, Beaulieu, le 6 mars 2009.

 

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05.11.2009

5 novembre 2001 : Le Figaro

Article signé Bertrand Dicale et publié dans LE Figaro du 5 novembre 2001.




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03.11.2009

3 novembre 2006 : Serge Lama dans le Soleil

Article de Régis Tremblay publié dans LE SOLEIL (Quebec) le 3 novembre 2006.


medium_le_soleil.gifUn accident catastrophique et deux traversées du désert, l’une au sens propre et l’autre au figuré. Mais grâce à son appétit de vivre et sa soif de succès, Serge Lama est toujours là, après 40 ans de carrière. Pour un temps, on l’avait rangé sur la tablette des gloires passées. Mais le voici toujours aussi émouvant, truculent et conquérant. Serge Lama sera au Capitole, les 13 et 14 novembre.

« En plus de mes grands succès, je vais faire une chanson écrite à 12 ans, et vous ne verrez pas la différence : c’est le même fond de sauce ! Chacun a certaines choses à dire, et elles ne changent guère au fil des ans. Je dirais même qu’en vieillissant, on se rapproche de sa vérité. Je l’avoue, quand j’étais jeune, j’en rajoutais un peu ! » reconnaît Serge Lama, en entrevue.

Quoi qu’on dise, qu’on fasse ou qu’on chante, on a rendez-vous avec le destin.

« Il y a trois ou quatre trucs qu’on doit faire dans sa vie ; il y a des carrefours qu’on ne peut pas éviter », ajoute Lama, qui ne pourra jamais oublier ce 12 août 1965, alors qu’il était victime d’un terrible accident de voiture. Sa femme, Liliane Benelli, en meurt. Lama, lui, est physiquement anéanti. Ses premiers succès, comme D’aventure en aventure, il les enregistre sur une civière. Il lui faudra un an pour remarcher.

C’est donc à une morte qu’il s’adresse dans son émouvante composition D’aventure en aventure : « Jamais,medium_le_soleil_-_novembre_2006.2.JPG jamais, je te le jure, je n’ai pu oublier ton corps... » Quatre décennies plus tard, la tragédie a forcément laissé des traces physiques et psychologiques chez Serge Lama : « Je souffre depuis 40 ans. Ça m’a enlevé mon trop-plein d’énergie. J’ai toujours été quelqu’un d’excessif, et cet accident m’a peut-être empêché de m’engloutir dans les excès. Tout compte fait, je vois du positif dans ce coup du sort... »

Le fait est que cet accident désastreux n’aura pas empêché Serge Lama de mener une brillante carrière et une vie très remplie.

Les années 70 seront les années Lama, semées de titres comme Superman, Une île, Femmes, femmes, femmes, Les Ballons rouges, Les P’tites Femmes de Pigalle, Je suis malade et, bien sûr, D’aventure en aventure.

Presque las de ce ronron berceur, Lama se lance dans l’écriture et la réalisation d’une vaste entreprise, au début des années 80. Sa comédie musicale Bonaparte (personnage qui offre une frappante ressemblance avec le chanteur) connaîtra un succès populaire durable.

Mais reprenons du début. Serge Chauvier naît à Bordeaux en 1943. Son père Georges tente de faire carrière dans la chanson, malgré les réserves de sa femme. En 1950, le Bordelais monte à Paris avec femme et enfant. Serge a sept ans et il voit avec consternation son père abandonner son rêve pour gagner sa vie dans le commerce. « Un jour Papa a vendu de la margarine/Pour que maman puisse chanter dans sa cuisine », écrira Serge, beaucoup plus tard.

Les traversées du désert

Cet épisode donnera au fils la ferme volonté de venger le père. Mais auparavant, Serge devra aller se battre en Algérie. Pendant plus d’un an, il apprendra à se battre et à survivre au milieu du Sahara. Première traversée du désert, à l’âge de 18 ans.

Son deuxième passage à vide surviendra à 41 ans, en 1984, après la mort de ses deux parents, encore dans un accident de voiture. Ce n’est qu’au tournant du millénaire que Lama revient en force, avec des chansons comme Si tu le veux, Quand est-ce qu’on fait l’amour ? et Moi je rends les femmes belles...

« J’ai beaucoup chanté pour les femmes, qui venaient à mes spectacles sans leurs maris. Si les hommes ne venaient pas, c’est que leurs femmes les en chassaient ! Dans les années 70 et 80, au plus chaud de ma popularité, les hommes m’en voulaient un peu pour cet état de choses. Mais quand ces mêmes femmes ont vieilli, elles ont commencé à emmener leurs hommes... Mais cela n’a rien changé à ma façon de chanter ! ».



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02.11.2009

novembre 2005 : Serge Lama dans TELESTAR

309324c13143c569a49328184b111563.jpgSerge Lama répondait aux questions de TELE STAR en novembre 2005 :

TS : Femme enfant ou femme fatale ?

SL : Une femme enfant, c'est fatal. Je suis plus pygmalion que Don Juan

TS : Vous êtes plutôt petite femme de Pigalle ou bourgeoise ?

SL : Je n'ai jamais eu d'expérience avec "une petite femme de Pigalle". En fait je suis plutôt bourgeoises. Mon fantasme ? les décoincer.

TS :Volage ou fidèle ?

SL : Les deux à la fois. Je vais vers où mon regard me porte, sans jamais perdre vue le port !

TS : Champagne ou bière ?

SL : Champagne ! Tous les soirs une petite coupe. Même seul, je trinque avec moi-même.

TS : Star Academy ou Questions pour un champion ?

SL : question pour un champion, même si je ne crache pas sur Star Ac'. La seule chose qui est exagérée, dans ce concept proche des concours de variétés de ma jeunesse, c'est le mot star. Même moi, je ne suis qu'une vedette.




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01.11.2009

1er novembre 2008 : Serge Lama dans France Soir

Rencontre avec Serge Lama

Propos recueillis par Marie-Eve Wilson-Jamin, le samedi 1 novembre 2008 à 04:00

Son album L’Age d’horizons sort lundi

FRANCE-SOIR. Cela fait sept ans que vous n’aviez pas fait un album avec des chansons originales. Est-ce que ça vous a manqué ?
SERGE LAMA.
Non, car j’étais sur scène. J’ai fait ce métier pour chanter et, pour moi, chanter c’est être sur scène. Faire des disques ne m’amuse pas vraiment.. Certains de mes collègues s’arrêtent pour écrire des chansons, moi j’écris partout et tout le temps. De plus, j’ai fait un long arrêt entre 1984 et 1995 pendant lequel j’ai joué Napoléon, fait du théâtre, un feuilleton télévisé. Et, quand je suis revenu, j’ai eu besoin de remettre en boîte mes chansons connues pour la nouvelle génération.

Votre album, L’Age d’horizons, sonne-t-il comme un bilan ?
L’Age d’horizons, c’est un jeu de mots avec l’âge de raison, et puis les chansons bilans, j’en fait à chaque album. J’ai fait une chanson, J’arrive à l’heure, qui parle d’un homme de mon âge car nous sommes des reflets de ce que vivent les gens. Il faut qu’ils se disent : « Serge Lama est comme moi. » Les artistes veulent toujours faire du jeunisme, moi je veux que les gens se retrouvent dans mes chansons. Je vis à l’heure de mes 65 ans.

Parlez-nous de la chanson Les Hommes et les Femmes !
Je reprends souvent une phrase de Pedro Almodovar « L’homme et la femme sont irréconciliables ». C’est une chanson très proche du livre Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus. Un homme et une femme peuvent s’aimer avec passion et se séparer avec violence.

Vous faites un duo sur le titre Verbaudrimlaine, un nom original.
J’ai fait une comptine sur Rimbaud, Baudelaire et Verlaine qui sont des poètes que j’aime beaucoup. Je suis un très grand amateur de poésie. Quand j’ai trouvé cette idée, j’ai écrit une chanson autour de ça et pour que ce soit enfantin, j’ai pris avec moi la fille de Sergio Tomassi (il a réalisé l’album, NDLR) en duo car elle chante un peu. Elle a 15-16 ans, donc elle avait la voix qu’il fallait pour pouvoir chanter avec moi sur un ton enfantin. C’est la première comptine que je fais.

Johnny a annoncé qu’il s’arrêtait. Charles Aznavour continue. Où vous placez-vous, vous pensez à la retraite ou vous continuez ?
Je suis entre les deux. Comme Charles, j’aime tellement mon métier, surtout la scène, que ça me manquera. Mais je vis à l’heure de mon corps, c’est lui qui décidera. J’ai fait quatre ans de tournée et les derniers mois ont été difficiles. Pour la prochaine qui débute en mars, j’ai demandé à ne faire que 3 jours et non 5 par semaine. Il y a aussi des personnes autour de moi qui me diront qu’il faut que j’arrête, je leur fais confiance pour ça.

Edition France Soir du samedi 1 novembre 2008 n°19943 page 24

30.10.2009

30 octobre 2008 : Serge Lama dans Le Matin

Serge Lama: «à 30 ans, je chantais comme un violeur»

Profond, léger, coquin, le dernier album de Serge Lama est à son image.

Serge Lama est arrivé à «L'âge d'horizons», son nouvel album.

Patricia Gnasso - Le Matin

Toujours tel qu'en lui-même, Serge Lama, de passage à Genève, avec son côté chevalier vaillant, bravache, charmeur, sa voix et son rire de stentor. Pour mieux masquer une personnalité solitaire et mélancolique, avoue-t-il. 65 ans, une trentaine d'albums au compteur, des succès fous... «Je suis malade», «Une île», «Femme femme femme». D'aventures en aventures musicales, il demeure un authentique champion de cette chanson française, dite «populaire de qualité», qui privilégie la force d'écriture et d'interprétation.

Voici cet enfant de Piaf, Brassens, Brel et Bécaud arrivé à «L'âge d'horizons». Joli titre pour un nouvel album enveloppant. Seize chansons, souvent émouvantes, parfois sombres, profondes, légères, coquines, qui parlent d'amour, comme toujours, de passion, du temps qui passe - «J'arrive à l'heure où même vivre est fatigant» -, des femmes et des hommes: «Quand ces deux êtres sont alliés, c'est diable et dieu réconciliés.» Et de sexe avec, notamment, «Objets hétéroclites», un morceau «érotico-truculent» sur des gadgets surréalistes. «L'âge d'horizons», c'est du bon Lama, du Lama tout craché, voix, musique et textes compris.

«D'où qu'on parte», «J'arrive à l'heure», «J'espère», autant de chansons plutôt sombres...
Je suis sombre depuis que je suis né! C'est du noir-rouge passionnel. Et un jeu d'intellectuel: on prend un plaisir sadique à décortiquer les choses moroses. A part ça, je ne trouve pas que cet album soit plus sombre que d'autres. Au contraire, il y a même davantage de chansons guillerettes que d'habitude.

Le temps qui passe, il vous turlupine?
Pas plus que les autres. Vous savez, les gens font un transfert. Ils prennent pour eux ce que je dis. Rappelez-vous de la chanson «Devenir vieux». Eh bien, quand je l'ai écrite, j'avais 30 ou 35 ans. Le temps qui passe est un sujet... éternel.

Quand vous faites un album, qu'est-ce que vous vous dites?
Que le public doit être satisfait à 80%. Et j'ai tenu la route la plupart du temps. Sur douze titres, il y en a toujours eu au moins huit qui sont devenus des classiques. On doit avoir la décence d'offrir le meilleur. Sinon, c'est un manque de politesse à l'égard des gens qui achètent un CD. Surtout avec la crise et le prix du disque. Et, grosso modo, je suis content de celui-ci.

Votre rapport avec le public a-t-il changé avec les années?
A 20 ans, on court vers la gloire. Et depuis la cinquantaine, on retrouve des gens qui vous aiment. Il y a un rapport plus familial, plus affectueux. Je ne viens pas violer le public mais lui faire plaisir. A 30 ans, je chantais comme un violeur. Comme un conquérant. Mais c'est fini, ça.

Et le séducteur?
Je pense toujours l'être. Mais j'ai plus envie de séduire par mon élégance que par mon cheval blanc. Je parle d'élégance textuelle, bien sûr. Autrement, je m'habille assez mal. Il y a plein de choses qui ne me vont pas parce que je suis complètement de traviole depuis mon accident il y a quarante-trois ans.

Votre moteur dans la vie?
L'écriture. Si je devais quitter ce métier, je continuerais à écrire. Je n'ai aucune panne de ce côté-là! J'écris tout le temps d'ailleurs. Des poèmes, des textos, des trucs sentimentaux et de... cul. Ça entraîne ma plume. Et puis j'ai toujours beaucoup d'appétence pour la scène. La seule chose qui règle ma vie, c'est chanter. Pendant des années, je m'en suis mis plein les babines: 250 concerts par an.

Hors du métier, point de salut?
Si. J'aime bouffer, j'aime la télé, la lecture. J'aime l'amour, les femmes: je me suis toujours bien entendu avec elles et elles se sont toujours bien occupées de moi.

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Image J P Silvestro

30 octobre 2006 : Serge Lama parle de son prochain spectacle

Pour le journal LE QUOTIDIEN de Montréal, Serge Lama se confie à Isabelle Labrie le 30 octobre 2006 et lève le voile sur un prochain spectacle.

Quand il songe à une tournée du Québec, Serge Lama se rappelle de noms de villes qui sont presque des titres de chansons. Parmi ceux-ci, Trois-Rivières, Rivière-du-Loup, Baie-Comeau et... Chicoutimi, qui "avec ses trois i, sonne très bien".

Après plus de six ans d'absence, l'auteur-compositeur-interprète fera une incursion dans la région au début du mois de novembre, d'abord au Palais municipal de La Baie le 3, puis à l'Auditorium d'Alma le 4. Il présentera le spectacle "Accordéonissi-mots", qu'il a eu largement le temps de roder au fil d'une tournée qui l'a mené aux quatre coins de la France de même qu'à Québec et Montréal, il y a deux ans. Il se retrouve sur scène avec l'accordéoniste Sergio Tomassi.

"Je voulais un spectacle qui soit transportable facilement et transformable autant pour des salles de 250 places que de 2000. Il a été conçu pour des lieux humains. Mais je ne suis pas seul. Nous sommes deux complices qui ont développé un partenariat, nous jouons de la connivence et le concept est moins minimaliste qu'il en a l'air", raconte Serge Lama, en entrevue téléphonique à partir de Montréal. Dans un communiqué sur ce sujet, il écrit même poétiquement que "c'est la rencontre de deux âmes, l'une fait jaillir des papillons rien qu'en titillant les boutons de son accordéon, l'autre tente de leur inventer des fleurs... Et tout cela pour engendrer encore et encore de l'amour".

S'il a choisi de se déplacer dans toutes les régions du Québec, à l'image de ce qu'il a fait en France, c'est pour avoir la chance de rencontrer un public qui n'aurait sans doute pas pu se rendre dans les grands centres pour l'entendre. Il leur propose donc un tour de chant mettant en vedette ses plus grands succès, ceux que les gens connaissent depuis des années, qui se fredonnent toujours, comme Les Ballons rouges, Je suis malade, D'aventure en aventure. Il les livre toujours avec un plaisir renouvelé, sans lassitude, malgré les années.

"Les chansons à interprétation ne sont pas fatigantes car il y a toujours possibilité de trouver quelque chose à aller chercher. C'est le cas d'Algérie, de l'Enfant d'un autre, des Ballons rouges. Ce sont les chansons plus rigolotes qui peuvent être plus fastidieuses. Mais il y a des piliers qu'il est impensable de ne pas offrir", souligne le chanteur français.

Avenir

Si cette formule lui convient, Serge Lama confie qu'il aimerait dans l'avenir monter un autre spectacle, qui lui permettrait de faire connaître des compositions de son répertoire qu'il qualifie de "mal aimées", de même que de nouvelles chansons : "Dans un tour de 26 chansons, il faut mettre huit piliers mais après, il est possible d'échantillonner en faisant connaître des compositions comme Les Saumons ou Les Poètes, moins connues mais intéressantes. C'est ce que je veux faire la prochaine fois".

Mais en attendant, il se concentre sur le concert Accordéonissi-mots qui, comme il l'écrit sur la pochette de l'album du même nom enregistrée au Théâtre Marigny de Paris "est un spectacle qui a la prétention de ne pas en avoir".




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26.10.2009

26 octobre 2008 : Serge Lama dans Le Matin Dimanche

Article publié dans le Matin Dimanche (Suisse) le 26 octobre 2008.

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25.10.2009

25 octobre 2008 : Serge Lama dans le Nouvelliste

Article publié dans le Nouvelliste du 25 octobre 2008.

«Maintenant, j'ai envie d'être heureux»

25 octobre 2008 - ENTRETIEN MANUELA GIROUD -

Arrivé à ce que son nouvel album appelle «L'âge d'horizons», ses rêves de gloire assouvis, Serge Lama aspire désormais à la sérénité.

Nouveliste octobre 2008.jpgCe qui frappe d'emblée, c'est cette force vitale qu'il dégage. Serge Lama a beau avoir 65 ans et souffrir depuis quarante ans des séquelles d'un terrible accident de la route, il est un homme debout. Force de caractère, force d'un répertoire - de la noirceur à l'humour polisson, le spectre est large - inscrit pour une bonne partie dans la mémoire collective.

Son nouvel enregistrement, «L'âge d'horizons», contient deux chansons bilans particulièrement fortes («D'où qu'on parte» et «J'arrive à l'heure»). C'est donc tout naturellement que la conversation a roulé sur le temps qui passe.

«Ma vie s'éloigne à vue de deuils», écrivez-vous. Un peu funèbre, non?

Oui, mais j'ai depuis mes débuts des chansons qui sont extrêmement noires... On dirait que la vie d'un homme, c'est la vie du Petit Poucet. Ce sont les êtres chers, amis ou amours, qu'on perd tout au long de sa vie et qu'on met dans un trou, qui sont les cailloux du Petit Poucet qu'on sème derrière soi, et pour retrouver quel chemin? Comme si on devait revenir en arrière pour retrouver sa maison.

Vous semblez encore bien jeune pour chanter «J'arrive à l'heure où même vivre est fatigant (...) où survivre est un effort».

J'arrive à l'âge où les choses quotidiennes sont un peu plus difficiles. Vous pouvez encore les faire, mais elles vous coûtent davantage... Quand les gens me voient, ils me disent que je suis un jeune homme, mais je souffre de plus en plus de l'accident que j'ai eu; tous les boulons se cognent entre eux et peut-être que dans dix ou quinze ans j'aurai du mal à lacer mes chaussures. Je trouve aussi qu'on a peur de parler de l'âge. Je crois qu'il faut définir ce qu'on est avec une sorte de brutalité, d'énergie et presque de santé. C'est une de mes forces: j'arrive à le dire sur un tel ton qu'on me croit à peine.

«C'est sans remords et sans tabous que j'arrive au bout»: avec quelques regrets quand même?

Non, très peu, parce que je considère que ce qu'on a raté, c'est de sa faute. A partir du moment où c'est de ma faute, je ne peux pas avoir de regrets. Je n'ai pas de remords parce que j'ai fait ce que j'avais envie de faire, ma vie a été vraiment bien remplie... Je suis «sans tabous» aussi, je me suis libéré des carcans du catholicisme. Sans aller dans des folies, j'ai acquis la liberté du corps. Dans la mesure où Dieu existe, je ne pense pas que ça le gêne beaucoup (rires), il dira plutôt «pourquoi pas»!

Comment définissez-vous «L'âge d'horizons» qui est le vôtre aujourd'hui?

C'est le moment, vers la cinquantaine, où on est un peu libéré de sa quête de réussite. La quête artistique, le plaisir de la création restent, mais on est débarrassé de cette quête effrénée et angoissée d'avoir son nom tout en haut de l'affiche. On est débarrassé aussi de la deuxième phase du succès, qui consiste à se maintenir à cette hauteur-là... La gloire finalement est faite pour les jeunes. Il faut être jeune, con comme un jeune, pour avoir envie de la gloire, parce qu'en fait c'est très lourd. Quand la gloire est passée, reste l'affection. A une époque, il fallait aller me voir parce que j'étais le chanteur à la mode. Maintenant on vient me voir parce qu'on m'aime... c'est un peu plus reposant.

C'est à ça que vous aspirez aujourd'hui, à un certain repos?

Pour les dix ans à venir, je souhaite que ça reste comme aujourd'hui, que je ne souffre pas trop physiquement pour pouvoir m'exprimer sur scène, que j'aie toujours ma tête à moi pour écrire des chansons et que je sois bien entouré. Et que ce soit paisible. J'ai une soif de bonheur, l'heure est venue d'être un peu heureux.

Vous avez eu plus de gloire que de bonheur jusqu'ici?

C'est certain. Avoir un fond de sauce un peu plus heureux pour finir ma vie, ce serait pas mal. Etre tranquille avec quelqu'un, et puis voilà. Ce que j'avais à faire, je l'ai fait, ce qu'il me reste à faire, je le ferai (rires)... mais tranquillement!

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