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25.09.2009

25 septembre 2006 : Le Nouvelliste

serge lama

Trois-Rivières

medium_nouvelliste.2.JPGOn l’a vu dimanche dernier sur le panel de l’émission Tout le monde en parle, on le verra vendredi sur les planches de la salle J.-Antonio-Thompson de Trois-Rivières et le 28 octobre à Shawinigan. Serge Lama en a pour trois mois à parcourir ainsi le Québec, sur la route de son spectacle Accordéonissi-mots. Il nous arrive avec plus de 300 représentations dans le corps, et il en est le premier surpris. «On était parti pour quatre mois et ça fait quatre ans maintenant. On est toujours surpris par un succès et souvent, on ne peut pas comprendre. Le mystère demeure.»

Comme le nom de son spectacle l’indique, l’accordéon y prend une place de choix en présence du virtuose en la matière, Sergio Tomassi. «L’accordéon me permet beaucoup plus de possibilités sur le plan des orchestrations. J’ai abandonné le piano il y a une dizaine d’années. Il me faisait trop de concurrence», dit-il.

«L’accordéon me permet de moins pousser ma voix, d’être plus peinard sur scène. C’est un instrument de peintre, qui donne des couleurs différentes.»

L’accordéon se colle d’ailleurs aisément aux notes nostalgiques qui peuplent une belle portion de l’univers de Serge Lama. Sauf que depuis peu, c’est un tout autre espace de création qui est devenu son terrain de jeu puisqu’il s’apprête à publier un recueil de poèmes érotico-romantiques, dit-il.

Le chanteur estime que son projet devrait prendre vie l’an prochain. Mais jusque-là, il ne se commettra pas sur scène.

Dans son entourage, on aimerait bien qu’il tente la lecture d’un ou deux poèmes sur scène, mais l’auteur s’y refuse. «On peut dire des mots extrêmement crus par écrit mais oralement, c’est plus difficile. Les mots prennent une autre connotation et ça passe un peu moins bien. Ce sont deux langages bien différents. Je ne veux pas choquer pour choquer.»

Ce projet chemine depuis un bon moment déjà, et s’est révélé davantage par le biais des messages-textes envoyés par téléphone cellulaire, les «textos» comme on les appelle en France. «Il y a beaucoup de chansons où je me suis censuré. Trop ceci, trop cela... Toutes ces choses, je les ai toutes balancées en poèmes. Le «trop», je le balance par écrit.»

C’est donc par «texto» qu’il a écrit des bribes de son nouveau matériel à ses proches, avec des retours rapides et unanimes. «Envoie-moi, envoie-moi, je n’entendais que ça», rigole-t-il. «Alors j’ai tout collecté ce qui était érotico-porno et voilà. Je me demande comment les gens vont prendre cela...»

Au Québec, il connaît son public et estime que la réception pourrait y être plus facile. «Les femmes québécoises sont plus sensibles à la matière érotique», considère-t-il, s’expliquant le tout par un passé judéo-chrétien. «Ce pays a longtemps été enfermé dans des contraintes religieuses. Il y a eu explosion et ça se ressent, même en spectacle», dit-il. D’ailleurs, sur ce, il raconte une fois de plus cette anecdote qu’il trimballe depuis un bon moment dans ses bagages, concernant une admiratrice qui avait soudoyé un employé d’hôtel pour gagner sa chambre. «Au Québec, je retrouvais une femme dans mon lit alors qu’en France il fallait que je quémande lorsque j’étais célibataire...»

Or, il est un autre trait des Québécois qui le rejoint particulièrement., «Au Québec, on aime le langage direct et c’est mon langage», dit-il. Mais ici comme ailleurs, Serge Lama fait le même constat. «On est en train de perdre les mots», observe-t-il. «Chez les jeunes, on apprend de moins en moins la langue, le vocabulaire.»

Tant et si bien d’ailleurs que la perception que les gens ont de lui a changé radicalement au fil des ans, remarque-t-il. «Dans les années 1970, j’étais considéré comme un chanteur populaire et 35 ans plus tard, je suis presque devenu un chanteur littéraire, un intellectuel. C’est que le niveau de culture a baissé. Parce que Internet, parce que le langage est zappé...» Et sur ce, «je ne suis pas optimiste. C’est comme pour la déforestation», dit-il. «Mais en revanche, je crois qu’il y a tout un autre langage qui entre en scène et dans lequel on retrouvera des génies dans le domaine.»

Pour le moment, lui ne s’arrête pas. «J’écris tout le temps, à chaque jour. Je suis malade de la plume. J’écris des trucs en vers, que je perds. J’écris partout, sur des bouts de journaux, que je perds aussi.» Et au-delà de l’égarement, la complexité est doublée par sa rapidité. «J’écris vite, sur l’inspiration, et je ne peux plus me relire par la suite», sourit-il. «C’est l’avantage des textos!»

Il s’y retrouve alors tout en poésie, mais en plus de ce recueil, un autre projet le tenaille, du côté de la comédie musicale, dit-il. Et comme il nous l’avait donné en 1981 avec Napoléon, son intérêt s’est posé encore une fois sur un personnage historique. «Je la traîne depuis 10 ou 15 ans cette idée», laisse-t-il tomber, prudent quant à la concrétisation de ce projet. Car à court-terme, c’est plutôt un 32e album qui lui est réclamé.

À 43 ans de son entrée dans le monde artistique, les projets s’accumulent toujours et, pour lui, le renouvellement se fait de soir en soir, et indépendamment du matériel, dit-il. Le fait de chanter une même chanson depuis 30 ou 40 ans n’y changera rien. «Il n’y a pas de truc. Tous les soirs sont nouveaux. Tous les jours, vous êtes neufs, car dans la tête on n’est jamais le même. Tant qu’on est vivant, on change.».

 
 
 

24.09.2009

24 septembre 2006 : La Presse

Serge Lama, intello malgré lui

 

Article de Jean Beaunoyer publié dans La Presse (journal Québecois) le 24 septembre 2006

 

medium_G_sept_06.jpgSerge Lama est de retour au Québec, pour une longue tournée. Pas moins de 46 spectacles le mèneront de L’Assomption, le 28 septembre, jusqu’à Gaspé, le 25 novembre, avant qu’il s’installe au Gesù, à compter du 29 novembre. Lama a déjà présenté à Montréal et à Québec, à l’automne 2004, ce spectacle intimiste intitulé Accordéonissi-mots, accompagné par l’accordéoniste Sergio Tomassi. En Europe, c’est près de 400 concerts qu’il a déjà donnés avec ce musicien qui transforme son instrument en piano, en orgue ou en synthétiseur

Mais pourquoi Serge Lama, qui a rempli les plus grandes salles avec la superproduction Napoléon et qui a donné ici et en France des concerts avec des orchestres symphoniques, a-t-il eu l’idée de présenter un spectacle aussi dépouillé.
« On a fait trois fois le Zénith à Paris avec Accordéonissi-mots et il y avait 4000 personnes dans la salle, répond Lama. Mon producteur aurait bien aimé poursuivre parce que c’était payant. Mais ce n’est pas le but du spectacle. Moi, je ne suis pas un homme d’argent. Nous vivons actuellement une époque où l’argent compte beaucoup. Les artistes sont devenus des hommes d’affaires, avec des attachés-cases et des agendas, qui préfèrent aller chanter dans trois salles de 10 000 places et retirer le maximum en peu de temps. Moi, ce n’est pas dans ma nature ; je ne suis pas de cette génération-là. Je n’aime pas dire que je fais du show-business. Je fais dans les variétés ou du music-hall, mais pas du business.

Je gagne bien ma vie, mais le plaisir est dans la rencontre du public. L’argent vient après.

À 63 ans, Serge Lama qui a connu tous les triomphes dans la chanson francophone avec, notamment, trois millions d’albums vendus de Je suis malade, peut mesurer le chemin parcouru et parler de nouvelles valeurs.

« À mes débuts, j’étais classé chanteur populaire comparé à Claude Nougaro, par exemple. Trente ans plus tard, je suis devenu un intello, un littéraire, parce que les gens n’apprennent plus les mots. Les jeunes ont moins de vocabulaire et les mots disparaissent. Mais il n’y a pas que le français, toutes les langues s’appauvrissent pour entrer dans l’ordinateur. On communique par e-mail avec des mots réduits, des phrases sans verbe parfois. Je crois que les jeunes attendent un art nouveau qui sera fait de sons, d’images et de peu de mots. Il ne faut pas être malheureux de ces changements. Il suffit de prendre le meilleur parti et de l’adapter à ses besoins. »

Lama a toujours défendu la langue française en la chantant dans tous les pays francophones et en écrivant des chansons devenues des grands classiques, qui auraient pu être traduites en d’autres langues.

« Charles Aznavour, qui m’aime beaucoup, m’a toujours encouragé à faire une carrière internationale. Mais je suis très français et je travaillais beaucoup. Je ne suis pas très doué pour l’anglais et il me disait de tout arrêter et d’étudier la langue pendant trois mois. Selon lui, j’avais tout ce qu’il fallait pour réussir aux États-Unis... Il m’en a voulu de ne pas avoir essayé chez les Américains. »

Maintenant, c’est trop tard, selon lui. Il n’a plus l’âge et les Américains sont encore plus protectionnistes. Pire encore : « La langue française est en perte de vitesse. Il
n’y a pas cette volonté politique en France de répandre la langue. De la défendre comme vous le faites depuis si longtemps ici. Quoique j’ai remarqué un changement. Les vendeuses parlent plus souvent en anglais qu’avant. Ce n’est plus comme à l’époque du référendum. »

Mais ça, c’est une autre histoire, fort complexe. Signalons plutôt, pour clore cet entretien, un projet assez inattendu de Serge Lama, qui lancera un livre érotique en France, en janvier prochain. Des poèmes libertins, des textes courts parfois hard, parfois romantiques. Et d’aventure en aventure, Lama s’embarque dans un nouveau projet... cette fois littéraire.

 

23.09.2009

23 septembre 2005: France Dimanche

Article dans France dimanche suite au passage de Lama dans l'émission de Fogiel

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 lire.

23 septembre 2004: show bizz. net

Interview publiée au Quebec

 

Il y a quelques mois à peine, Serge Lama, digne représentant d'une certaine tradition de la musique française, célébrait, sur scène, avec quelques mois d'avance, ses quarante ans de métier. Un événement immortalisé sur disque, qui coïncidait aussi avec son soixantième anniversaire de naissance. Quarante ans, donc, de chansons mémorables, de mélodies indémodables, de trésors cachés, et de morceaux inaltérables, aujourd'hui incontournables.

De passage à Québec, pour y promouvoir un spectacle qui se veut un cadeau de remerciement aux fans, Lama, dont le charme est resté intact, aborde avec une belle dose d'humour et un enthousiasme manifeste son métier de chanteur, qu’il exerce toujours en force, avec une passion sans cesse renouvelée.

 

SBN – En quarante ans de carrière, à force de côtoyer la presse, vous avez assurément eu à vous répéter, à répondre aux mêmes questions. Ce doit être, j’imagine, un exercice parfois redondant, non

Serge Lama – Effectivement, oui. Surtout qu'il y a des gens de votre génération qui arrivent et qui savent moins de choses à mon sujet, et qui, forcément, demandent que l'on explique à nouveau certains trucs. Mais de toute façon, le public, il faut aussi lui redire les mêmes choses, puisqu'il se renouvelle.

Vous avez ce privilège de voir votre public se renouveler

Depuis quelques années, oui. Je dirais depuis quatre ou cinq ans, j'aperçois beaucoup plus de gens dans la trentaine à mes spectacles. J'ai vu arriver des gens de trente ans, et cela m'a surpris, oui. Mais il y a une logique aussi. Y'a un refus, lorsque vous avez quinze ans, d'écouter ce que vos parents aiment. Mais vous entendez malgré tout. Enfin, je le sais parce que c'est eux qui me l'expliquent. Et puis, avec le temps, vous apprenez à apprécier. Quand je vois quelqu'un d'une autre génération s'intéresser à ce que je fais, je pose des questions. Et là, je les récupère, et je les garde. Ce qui est une chance et qui fait qu'à chaque fois, la génération des trente ans commence à épaissir, si j'ose dire.

Le fait que vous soyez perçu comme un père spirituel auprès de certaines jeunes vedettes comme Lorie, par exemple, n'aide-t-il pas aussi à vous faire connaître auprès d'une nouvelle clientèle

Je n'ai pas d'idée pour Lorie. Mais avec Star Académie, oui, ça a dû jouer. Je ne sais, par contre, pas trop dans quelle mesure. Je pense que le phénomène de rejet explique plus, en revanche, le renouvellement. Mais Star Académie m'a aussi apporté beaucoup, parce qu’il y a énormément de monde qui écoute Star Ac en France. Quand la môme de 14 ans dit à son père : « Ah, il est vachement bien Serge Lama. » Alors, là, le père est peut-être intéressé, oui, à venir me voir sur scène. La môme, elle, elle ne viendra pas, même si elle connaît bien Je suis malade et D'aventures en aventures. Mais y'a des chances qu'elle pousse ses parents à me découvrir.

Justement, ces deux monuments de la chanson française, les avez-vous toujours défendu avec autant d'ardeur Je pose la question parce que Michel Rivard, par exemple, dit avoir vécu une relation d'amour et de haine avec le Phoque en Alaska, ce classique de Beau Dommage.

Non. Je n'ai pas cela. Je ne voudrais pas que cela paraisse prétentieux, mais vous savez, j'ai une vingtaine de chansons qui sont quand même très connues. C'est sur que Je suis malade est devenu un phénomène dans ma carrière. Mais à l'époque où Je suis malade est sorti, y'avait déjà Les Ballons Rouge, et puis Une île, et l'Algérie. Y'avait plein de chansons que les gens me réclamaient pareil, quoi. Vous voyez. Alors je n'ai pas du tout cette relation extraordinaire avec Je suis malade, par exemple. Et ce, même si Lara Fabian et d'autres l'ont reprise. C'est pas pareil pour Le Phoque en Alaska. Ce titre a vraiment été LA chanson du groupe. Et puis après y'a eu les autres, quoi. Moi j'en avais déjà d'autres. J'avais D'aventures en aventures, j'avais Une île, aussi, avant Je Suis Malade. Et puis, enfin, je trouve ça formidable d'avoir du succès avec des chansons, puisque c'est justement pour cela qu'on les chante. C'est comme un type qui n'aimerait plus sa femme parce qu'elle est trop belle. Il serait peut-être plus jaloux, oui. Mais pas moins amoureux pour autant.

Et dans ce tour de chant-ci, vous dites faire place aussi, en parlant de votre répertoire, aux mal-aimées.

Oui. Enfin. J'ai changé mon fusil d'épaule depuis. Alors, il n'y en a plus beaucoup. Le but de cette tournée-ci était d'aller chez des gens qui habituellement sont obligés de venir à moi. C'est une tournée pour remercier les gens de m'avoir aimé pendant quarante ans. C'est ça le but. Si je vais dans une petite ville en France, il y a de bonnes chance qu'un tiers des gens se trouvant dans la salle ne m'aient jamais vu sur scène avant. Alors si je leur chante que des chansons qu'ils ne connaissent pas, je me suis dit que ça ne va pas aller. Je préfère mettre quatre chansons nouvelles et des classiques, que de leur présenter ça. Je pensais que ce n'était pas une bonne idée de présenter trop de mal aimées pour ce spectacle-ci. Et puis on remercie les gens avec des choses qu'ils connaissent. L'important, c'est qu'ils me voient de près. Et qu'ils entendent les vingt chansons qu'ils désirent entendre. Mais je chante quand même quelques chansons de Feuilles à Feuilles, et aussi quelques pièces plus théâtrales.

Et vous avez le même plaisir à performer dans un spectacle d'envergure que dans un show intime

Ah, vous savez, chanter c'est chanter! Mais c'est très différent évidemment. Le Symphonique, ce fut une grosse expérience, par exemple, que j'ai débutée ici. C'est ici que cela a commencé. Là, vous avez un vaisseau, un paquebot de cinquante musiciens, et vous vous mettez donc au service de ce vaisseau. Et puis, vous essayez d'installer votre voix, votre présence au mieux de ça. Il y a donc beaucoup moins de libertés. Mais il y a une autre sensation. Vous êtes porté comme sur la mer, d'une certaine façon. Et là, en revanche, avec Sergio Tomassi, l'accordéoniste, c'est la liberté totale. C'est à dire que là, c'est vous qui faites tout. Y'a pas à se préoccuper de savoir si on est bien en place par rapport aux musiciens. Et dans ce contexte-là, lorsque d'anciennes chansons, comme Une île, par exemple, se voient placées après de nouvelles, elles reprennent une sorte d'autre vérité par rapport à ce qui est dit dans la chanson précédente. Et les nouvelles chansons se nourrissent des anciennes. Ce qui est aussi formidable.

Le concept actuel, celui du spectacle Accordeonissi-Mots, contribue-t-il à donner de nouvelles couleurs aux chansons

L'Accordéon contribue, oui, d'une part. Mais je dirais que c'est le fait d'être deux sur scène, qui change davantage la dynamique. C'est très spécial ce que l'on fait tous les deux, Sergio et moi, même en dehors de l'accordéon. Quelque part il y a une complicité entre nous deux que le public ressent. Et c'est très spécifique au fait d'être deux, quoi. Au bout d'un moment, les gens nous confondent même pratiquement tous les deux. Et c'est extrêmement difficile ce qu'il fait Sergio. Il joue de tout. C'est à dire qu'il a programmé note par note un piano, une clarinette, et il joue de tous ses instruments à partir de son accordéon. Et il change de registre sans arrêt. C'est réellement un enfer ce qu'il fait.

Et comment est-il construit ce spectacle, au niveau du contenu On parle de différents blocs

Oui. Tout à fait. Il y a une partie qui est un peu autobiographique. Dans la mesure où c'est possible, disons. En fait, la première partie est construite comme une narration. Je l'ai ressenti à force de l'avoir chanté. Et tout à coup, y'a un bloc de chansons plus dures, violentes, fortes qui arrive et qui n'a plus de rapport tellement avec la biographie. Et puis après, il y a une deuxième partie faite de chansons un peu « déconnantes », dans laquelle je chante Les p'tites femmes de Pigalle, par exemple. Et je joue avec ça. Puis on termine, enfin, dans la grande tradition des grandes chansons connues du public, avec, en conclusion, une surprise que les gens ne connaissent pas.

Est-ce que certaines images, certains souvenirs précis, restent encore accolées aujourd'hui à certaines pièces

Non. J'ai fais beaucoup de progrès en ce sens. J'ai fais du théâtre et ça m'a appris beaucoup de choses. J'ai appris à me distancer, par exemple. Je suis auteur. Alors au départ, je devais avoir une espèce de pudeur et de défense par rapport au fait que j'étais auteur. Hors, je ne me respectais pas. Et tout à coup, je me suis aperçu, en faisant du théâtre, qu'il fallait que j'interprète. Que je m'imagine la situation, et que je la joue. Ma pensée est au service de l'histoire de la chanson. Je reste dans le moment de la chanson. Il faut découvrir sa chanson tous les jours.

Vous dites, aussi, avoir ressenti le besoin de fouiller dans votre patrimoine musical pour revamper certaines pièces. C'est une opération délicate, non

C'est à dire que le public, vous savez, vous fixe dans une époque, ou plutôt dans leur époque, et vous définissent une fois pour toute. C'est un défaut qu'ont certains journalistes, aussi. Et quand vous devenez leur chose, qu'ils vous adoptent, ce jour là, ils vous définissent comme étant le chanteur qui fait tel et tel truc. Et à partit de là, vous vous retrouvez dans un cadre. Dès qu'ils entendent les premières notes d'une pièce, ils l'identifient immédiatement. Et si on change la formule, ils sont forcément malheureux. Il a donc fallu que je les déshabitue, lorsque je suis revenu à la chanson, après plus de huit ans d'absence, en les violant tous les ans, en changeant mes arrangements. À chaque rentrée, je changeais mes arrangements. Jusqu'au jour où, j'ai trouvé la couleur idéale. Ils ont donc pris l'habitude d'être violés avec les anciennes chansons. Y'en a, forcément, que je ne peux pas transformer. Dans le cas des Ballons Rouges, j'ai gardé le système, parce qu'il n'y en a pas de meilleur que celui-là. Même chose pour d'Aventures en aventures. Mais je me suis beaucoup battu pour cela. Je me suis beaucoup battu pour ne pas les laisser dans leurs habitudes. Et je crois que c'est nécessaire, même si c'est difficile à faire. Parce qu'on est tous attachés à ses souvenirs. Et à partir d'un certain âge, les gens ne bougent plus tellement. Et ils vous demandent, à vous aussi de ne plus trop bouger. C'est pour cela que les chansons nouvelles sont beaucoup plus difficiles à faire accepter, même si elles sont excellentes. À travers vous, c'est leur vie, pour un soir, qu'ils revivent. Et même les gens de trente ans, qui ont été obligés petits de vous écoutez, ils veulent retrouver ce qu'ils connaissent.

Vous ne pouvez donc plus vous permettre d'intégrer beaucoup de nouvelles pièces dans un tour de chant

Non. Aujourd'hui, quatre nouveautés dans un tour de chant, c'est suffisant. Voilà la vérité. Dans les années soixante-dix, quand je faisais un nouveau truc, sur les douze qui se trouvaient sur l'album, j'en chantais, sur scène, facilement dix. Aujourd'hui, cela serait impensable.

Vous avez fêté vos soixante ans récemment, sur scène, à Bercy. Et aussi vos quarante ans de carrière. Ce cap, donc, que vous venez de franchir, il est significatif pour vous

Quarante ans, oui, c'est magnifique. Mais je dirais surtout que soixante ans, ça c'est formidable. Il faut être pas trop mal en forme évidemment. Car c'est le physique qui fait la différence avec le temps qui passe. Mais j'essaie d'expliquer à des jeunes gens, qu'il y a une forme de liberté d'attachée à cet âge-là qui est magnifique. Quand vous êtes jeunes, vous avez tout à faire. Et vous êtes même perdus dans toutes les choses que vous voulez faire. Vous voulez réussir, et vous voulez votre nom sur l'affiche. Bref, vous voulez tout avoir. Je n'en suis plus là maintenant. Je me suis débarrassé de tout cela. Je me suis débarrassé de cette mauvaise chose que quelques fois la jeunesse vous impose. Et maintenant, je suis beaucoup plus libre. Je peux faire ce que je veux. Et j'ai jamais pu faire tout à fait ce que je voulais auparavant, parce que j'étais poussé par mon ambition, qui m'indiquait des choses, et par ma maison de disque, aussi, forcément. Mais maintenant, je fais ce que je veux. Je ne cours pas après la gloire. Je peux faire des choses pour le pied, quoi. Pour le plaisir. Même si ça ne me rapporte pas forcément d'argent. C'est le cas de cette tournée, par exemple. Je la fais pour le plaisir. Et je me suis dit : « À partir de maintenant, tu feras ce que tu veux vraiment ». Dans mon prochain disque, par exemple, il est probable que je mette des chansons sur lesquelles j'ose dire dans choses qu'autrefois, on me conseillait de ne pas dire. Je cache notamment, depuis longtemps, des choses qui sont très érotiques. J'ai des chansons très érotiques avec, pas forcément des mots vulgaires, mais des phrases extrêmement sexe – c'est dans ma nature – , écrites très joliment.

Et à soixante ans, la séduction reste-t-elle un art à exploiter

Moi, je crois qu'il faut commencer à l'oublier la séduction. Il faut savoir qu'à mon âge je plais moins aux femmes qu'à quarante ans. Il faut un peu se débarrasser d'une certaine forme de séduction. Il faut s'habituer à entretenir un autre rapport. En revanche, le rapport de séduction naturelle avec le public, lui, n'a pas changé. On a toujours envi de se séduire mutuellement. Y'a un échange qui n'est pas le même tous les soirs. Parfois le public a envie de rire. Ce soir là, vous aller tirer votre tour de chant plus vers le rire. Parce qu'il y a des possibilités de ce type dans mon tour de chant. À d'autres moments, vous sentez qu'il a besoin de quelque chose de plus tendre. Là, vous tirer votre répertoire vers le tendre. C'est extensible comme ça. Y'A des tours qui ne permettent pas ça. Mais le mien, lui le permet. Le public, c'est comme la mer, quoi. C'est pas tous les jours pareil. Et ça peut surprendre à n'importe quel moment.

On a donc pas tellement raison de demander à un artiste de définir un public par rapport à un autre, en fonction de sa provenance.

Oui et non. Car il reste que chez les publics qui se trouvent dans une enclave linguistique qui les écrase autour, – La Belgique, la Suisse et le Québec, par exemple – , on sent une spontanéité, une passion peut-être plus grande que chez les Français. Parce qu'ils défendent quelque chose d'important pour eux. Les Français ne se rendent pas compte qu'ils sont Français, qu'ils parlent une langue merveilleuse. Les Belges sont entourés de Flamands, d'Allemands, et donc, quand ils croisent un type qui chante en français, comme moi, il ont en besoin. On sent que chez-eux cette faim est un peu plus grande. Comme chez-vous d'ailleurs.

Voyez-vous en France émerger de jeunes artistes qui ont aussi à cœur la langue française Qui sont soucieux de bien la servir. Vous représentez une certaine tradition de la chanson française où le texte est un outil important.

Il y en a bien une dizaine, comme Bénabar et Delerme qui pointent, et qui sont intéressant et qui écrivent des chansons originales, avec une écriture un peu nouvelle. Malheureusement, le problème maintenant, c'est qu'ils n'ont pas accès aux médias. En fait, pas au média le plus important, soit la radio. La télévision, quand on est artiste, il faut s'en servir avec prudence. Ça vaut même pour moi. Parce qu'il est facile d'y user son physique. Mais la radio, c'est formidable. Mais ces gens-là, ils ne passent pas en radio, et c'est un grave problème pour eux. Pour la relève. Car c'est la radio qui entretient ces trucs qui vous restent dans la mémoire. Si mes chansons n'étaient pas passées à la radio, on ne les connaîtraient pas ici. Les quelques-unes que les plus jeunes connaissent aujourd'hui, ils les ont entendus, enfants, à la radio. Même Lynda Lemay, qui remplit des salles de 4 000 personnes en France, ne passe pas chez-nous en radio. Elle vend des disques sans la radio. Si elle passait en radio, elle vendrait le double. Voilà le problème. Nous, on a fait de la musique pour le cœur, et aujourd'hui, en radio, ce qui joue, c'est de la musique pour les pieds. Dans les discothèques, c'est sympa de la musique pour les pieds. Et ça a sa place. Mais en radio, c'est dommage qu'on entende plus ces chansons qui parlent au cœur aussi.

23 septembre 2006 : l'Oeil régional

 

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Article d'Andréanne Brault publié dans L'Oeil régional (QUEBEC) le 23 septembre 2006

 

Serge Lama en toute simplicité

Les années de carrière, la notoriété au Québec ainsi qu'en Europe et la trentaine de disques à son actif n'ont nullement entravé la désarmante simplicité du chanteur Serge Lama, qui a accordé une entrevue à L'Œil Régional avec cette grande générosité qui est sienne. Le chanteur de renom est de retour, pour la joie de ses admirateurs, avec son spectacle Accordéonissi-mots qui avait connu un succès au Québec et en France il y a deux ans, et qu'il présentera maintenant dans plusieurs nouvelles villes.

C'est bien connu, Serge Lama est un charmeur qui a conquis le cœur de plusieurs Québécoises et Françaises au fil des ans. Fils d'un chanteur, Serge Lama a toujours baigné dans le milieu artistique. La chanson, c'est l'âme et le cœur de sa vie. Comme il le dit si bien, les épreuves qu'il a vécues n'ont que confirmé sa voie, celle des mots, celle de la chanson et celle par laquelle il parle d'amour et des femmes, des sujets qu'il connaît comme le fond de sa poche. Avant, au début de sa carrière, les femmes insistaient pour aller le voir sans leur mari. Maintenant, il y a plus d'hommes dans les salles, souvent amenés presque de force par leur femme qui veulent revoir encore et encore leur idole.

En entrevue, Serge Lama est fidèle à son image. Très sympathique, il affirme qu'il est pour lui tout à fait normal de s'entretenir avec les médias, même si l'évidence est qu'il n'a pas de peine à remplir ses salles. Il prend son temps pour répondre aux questions des journalistes, sans se presser. Tout simplement, il répond aux questions qu'il a déjà dû entendre des dizaines de fois et parle de ce qu'il aime le plus au monde, chanter.

Accordéonissi-mots, qui met l'accordéon au premier plan, est une tournée qui comprendra rien de moins que 400 représentations au Québec et en France. "Nous ne serons que deux sur scène; moi et l'accordéoniste Sergio Tomassi, mais on prendra de la place comme dix. Ça permet de faire la tournée des petites salles, ce qui ne serait pas envisageable si nous étions plus", mentionne Serge Lama, qui entreprend effectivement une tournée d'une durée de deux mois et demi au Québec qui se poursuivra ensuite en France et prendra fin en mai 2007.

Parmi ses succès, le chanteur interprétera entre autres Les ballons rouges, Je suis malade, D'aventures en aventures, ainsi que L'esclave. Il chantera également cinq pièces de son plus récent album Feuille à feuille, paru en 2001, dont Voici des fleurs, des fruits, Les jardins ouvriers, ainsi que Et moi je rends les femmes belles.

Il est à noter que Serge Lama fera paraître prochainement en France le livre de poèmes SMS : Sa majesté le sexe et sa majesté le sentiment. "Il contient des poèmes tendres, romantiques et mêmes érotiques. Je le lancerai en France en janvier ou en février et il est fort probable qu'il soit lancé ensuite au Québec. Surtout qu'au Québec, les femmes sont plus libérées lorsqu'il s'agit de parler de leurs fantasmes", soutient le chanteur d'origine française. Ce recueil comprendra des poèmes écrits tout au long de la vie de Serge Lama. Le chanteur mentionne d'ailleurs qu'il a remanié les plus vieux textes qui étaient écrits d'une façon qui n'est plus la sienne.

Il prévoit également lancer un autre album à la rentrée 2007 ou à la rentrée 2008. "J'ai toujours les mêmes préoccupations depuis que j'écris. Même les grands auteurs gardent toujours les mêmes thèmes, car ils sont en quelque sorte des obsessions. C'est la forme qui change, mais on écrit toujours le même livre. L'amour restera toujours ma plus grande préoccupation. Pour ce qui est de mes projets futurs, je suis rendu à un stade où l'on vit au jour le jour. Je ne fais pas de projets à plus long terme qu'un an ou deux. Tout est envisageable, rien n'est sûr. C'est le destin qui va décider", soutient Serge Lama.

Accordéonissi-mots sera présenté au Centre culturel de Belœil, les 18 et 19 octobre, à 20 h.

17.09.2009

17 septembre 2009 : Serge Lama à TULLE

Le 17 septembre 2009, Serge Lama chante à TULLE.

Le Populaire.fr annonce le concert

 

Une grande gueule pleine de finesse.

Nostalgique ou gouailleur. Grave ou sentimental. Des désirs de la chair à l'irrémédiable solitude de l'âme, Serge Lama est un personnage plus contrasté qu'il n'y parait.

« J'ai la mémoire que flanche »?

Quand on lui demande s'il se rappelle de ses précédents passages à Tulle ou en Corrèze, Serge Lama entonne la célèbre chanson de Jeanne Moreau. Et puis il déclame du Lama pur jus : « J'ai des souvenirs flous, avec les beuveries et les fêtes. tellement qu'on ne sait plus où on les a faites : à Bayonne, Tulle ou Angoulême. Vous savez, à une époque j'avais 250 dates par an, et cela a duré pendant 15 ans ». Les anciens Tullistes se souviennent pourtant d'un jeune chanteur à succès qui s'était produit lors d'une foire-exposition, à l'Auzelou, voici une grosse trentaine d'années, avec Les ballons rouges, Je suis malade, D'aventures en aventures.


Et des aventures, il en a connu bien d'autres, ce bourlingueur de la scène, hâbleur et libertin. Des sommets de la gloire, avec son Napoléon couronné d'une Victoire de la musique, jusqu'aux affres d'une solitude couchée dans un livre d'introspection. « Une solitude qui a enfanté le sexe, et le sexe qui fut le vivier du sentiment », écrit-il. L'aboutissement de 52 ans d'écritures en chanson, où sous les L d'une Liberté enfin trouvée, il déroule avec les S de Sentiment Sexe et Solitude, sinuosités d'une vie en serpentin.
Un serpent dont Serge Lama reprend l'image quand on lui demande s'il a, à 66 ans, réglé tous les comptes avec l'adolescent qui est en lui ; quand on l'interroge sur le sens profond de L'âge d'horizon, son dernier album. Premier bilan ? Nouvelles perspectives ?
« Je pense que l'on reste éternellement le même, avec des évolutions », confie-t-il, « tous les 10 ans, on tombe une peau, comme les serpents. On a plusieurs adolescences : celle de l'enfance, celle de la quarantaine, celle qui prépare à partir vers l'inconnu. Moi, je suis toujours un adolescent, mais je me refuse à faire du jeunisme".

18.08.2009

18 Aout 2006: France Dimanche

Interview de Fréderic Lama, le fils de Serge  dans France Dimanche

 

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06.08.2009

6 Aout 2002: Ici Paris

Article paru dans le magazine Ici Paris suite au décès d'Eddy Marouani, l'impresario de nombreuses stars, dont Serge Lama.

 

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25.07.2009

25 juillet 2002: La Dépèche

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Serge Lama à poil

-Quelques heures avant le début de son concert, dans un salon de l'Hôtel de la Cité, Serge Lama offre un visage détendu mais une fois assis se met à marteler nerveusement le sol du pied et à parler, parler, parler. De son inquiétude vis-à-vis du vent qui tournoie au-dessus du Grand-Théâtre, de son enfance baignée de chansons de revue, de sa mère de droite et de son père de gauche met de l'unanimité sur Mendès-France et puis sur de Gaulle. Comme il revient à Carcassonne avec une formule intimiste, resserrée autour de sa voix nue, on lui cause d'intimité, de pudeur, de dévoilement.

« La Dépêche du Midi »: Après de nombreux élans symphoniques, vous arrivez avec une formule dépouillée, quasi nue...

Serge Lama: Justement parce que j'en avais fini des orchestres symphoniques... Pendant huit ans et demi, de 1995 à aujourd'hui, j'ai passé mon temps à remettre en forme mes chansons, musicalement, à les réarranger parce que nous sommes des moments dans la vie des gens et qu'on ne peut pas pas leur imposer la même chose tout le temps. J'ai essayé beaucoup de systèmes, jusqu'au minimalisme. Là, c'est une forme intermédiaire qui s'est petit à petit imposée au public.

Vous avez cette image impudique, gauloise, alors que vous revendiquez une autre facette, intime, sensible, dans l'écriture...

Le public finissait par s'en foutre que j'écrive moi-même mes chansons. Et les médias, surtout, qui m'en voulaient par principe parce que j'étais un chanteur populaire... A la télévision, ils ne voyaient que cet aspect: l'exubérant qui rit une fois sur deux. Pour eux, aussi, j'avais une seule image: celle d'interprète, alors que j'ai écrit des choses comme « Les Glycines », etc. Montand n'était pas auteur, mais on disait que c'était « une chanson de Montand ». Pendant des années, quand j'ai vraiment éclaté aux yeux du public, le chanteur a occulté l'auteur. Tout à coup, j'ai pris conscience qu'il fallait rééquilibrer l'auteur. Je suis plus écorché vif, plus tragique que l'auteur des « P'tites femmes de Pigalle ».

Cette formule intimiste actuelle, est-ce aussi une mise à nu, un dévoilement? Est-ce que quand vous montez sur scène vous vous mettez « à poil »?

Disons que, paradoxalement, je suis peut-être plus vrai en public que dans la vie. Dans ce tour-là particulièrement... Quand vous chantez des sujets qui vous touchent, qui vous correspondent même de façon indirecte, même quand vous racontez la vie des autres, forcément vous êtes vrai. De là à être nu, non. Pas à ce point-là. Mon tour de chant serait plus « confidentiel » que nu. Assez théâtral, finalement... Sur scène, je pense que je suis assez proche de moi-même

Est-ce que la seule pudeur qui vaille est celle des sentiments?

Peut-être... Mais j'accepte d'être paradoxal, à la fois pudique et impudique. Parce qu'il faut être drôlement impudique pour aller s'exhiber devant 3.000 personnes. D'ailleurs je n'aime pas trop réfléchir à ça... J'accepte d'être contradictoire. Certaines de mes chansons contredisent même certaines autres. Mais dans mes chansons, on me trouve.

Ce soir, vous chantez donc accompagné d'une contrebasse, une guitare, un accordéon, une batterie pour habiller votre voix nue. Si chacun de ces instruments était un vêtement, ce serait quoi?

On pourrait dire aussi que ma voix habille les instruments. Elle leur donne de la chair. Elle « vertèbre » mes chansons.

Vous dormez plutôt à poil, plutôt en pyjama, ou plutôt en bas résille?

(Il se marre doucement) Avant, je dormais à poil. Maintenant je dors en T.-shirt.

Propos habillés

par Jean-Louis DUBOIS-CHABERT.

25 juillet 2002: La dépèche

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Lama, prêtre païen d'une ardente chapelle

FESTIVAL DE CARCASSONNE - VARIETES : Religieux recueillement pour un concert intime

Comme on entre dans une église on est entrés dans Serge Lama. Sans frapper ni plus de tapage. Presque recueillis et la certitude en bandoulière, à la seule vision de la scène, que cette soirée serait une messe. Un accordéon, une contrebasse, une guitare et une batterie, disposés en arc de cercle autour de l'autel sur lequel il trônera bientôt, Lama. Les lumières en vitraux aux reflets doux et chauds, et le vent qui s’engouffre, virulent, dans la nef, tout y est.

Serge Lama commence son homélie dans l'ombre et la lumière de vitraux aux reflets doux et chauds d'une chapelle de campagne, d'une église à flanc de butte Montmartre. Un petit truc à l'opposé des grandes cathédrales et des offices en grande pompe. Lui n'est pas archevêque. S'il monte en chaire ce n'est pas pour pontifier, juste pour jeter un regard attendri sur les tourments humains, pour excuser les fautes, pardonner les offenses faites aux femmes.

Mais Serge Lama ne peut se résoudre à n'être qu'un prêtre ordinaire. Sous la soutane noire de l'assagi capable de compassion pour les âmes égarées s'agite le curé de terrain, averti des plaisirs, qui sait qu'on a le droit de contempler le menu même quand on observe un régime. Que le vin de messe reste du vin.

DE LA CHAIRE A LA CHAIR

Et le Lama intime et mélanco se mue en Lama vibrion. De la chapelle de Montmartre descend en toute hâte à la crypte de Pigalle. De la chaire à la chair en un coup de goupillon.

Les fidèles y trouvent leur compte. Enfants de choeurs occasionnels, religieusement concentrés, pieux, attentifs, ils entonnent les chants réarrangés, un rien surpris. Non qu'on ait réécrit les textes sacrés, non... Seulement que le Père Serge en donne une nouvelle lecture.

A la moindre occasion, sur l'ordre du prêtre, éteignant leurs cierges de confirmés, répondent réjouis et béats à cette invitation qu'il lance maintenant à la communion païenne et paillarde.

Lama ne sermonne pas, il sait que pécher est le lot de tous. Alors il donne de la voix, harangue ses ouailles et son petit orchestre se met au diapason. Après l'intimité offerte en prière, le temps de la célébration joyeuse de la vie qui monte en sève dans les cœurs et les veines est venue. Après le corps du triste enveloppé d'un suaire de fatalité, l'esprit sain de la joie souffle dans les travées.

L'office prend du volume avant que Lama ne se confesse. Dévoile une nouvelle fois l'humanité de l'homme. La messe est digne, la messe est dite.

J.-L. D.-C.