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19.08.2023

19 Aout 2025:Les Arts Ze

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Il est des spectacles qui, sans crier gare, vous griffent le cœur. Lama, d’aventures en aventures appartient à cette rare espèce. On y pénètre comme on entrerait dans une pièce sombre : prudemment. Et puis la lumière surgit, et tout s’emballe.

En deux heures d’une intensité presque féroce au confortable Théâtre Desjardins à Montréal, une distribution électrisante – le caméléon du théâtre musical Stéphan Côté, entouré des magnifiques révélations Élizabeth Duperré et Gaëlle – conduit par un Éric Paulhus bouleversant, explore l’univers de Serge Lama. Paulhus, dans le rôle-titre, irradie : drôle, fragile, fiévreux, il donne au chanteur une chair nouvelle, malade et magnifique.

Tout commence dans un éclat de voix partagée : Je t’aime à la folie, chanté à l’unisson, comme on brise un cadenas sur un coffre trop longtemps fermé. La vie de Serge Lama s’ouvre alors devant nous : ses drames, ses amours, ses cicatrices, sa renaissance québécoise, architecturés dans une mise en scène organique et inventive de Charles Dauphinais enrichie par une chorégraphie d’Alex Francoeur. Le texte de Mélissa Cardonna joue à saute-mouton avec le temps, préférant l’onde émotionnelle à la chronologie, et revisite non seulement les tubes, mais ce qui les a enfantés.

On traverse le choc : l’accident de 1965, Liliane arrachée à la vie, la douleur fichée à jamais dans les os du chanteur. Puis viennent la convalescence interminable, la mère oppressante, le père oublié, le mentor Marcel, son Napoléon, les amours qui comptent Michèle et Luana, Dalida, Barbara, les triomphes – toutes ces douleurs transmutées en or, pierre angulaire de la création lamienne.

La distribution est magistrale : Stéphan Côté impressionne par sa maîtrise du théâtre musical, promeneur agile entre intensité dramatique et élégance vocale, tandis qu’Élizabeth Duperré et Gaëlle, véritables révélations, apportent fraîcheur, caractère et puissance émotionnelle à chaque tableau.

Paulhus, lui, sidère. Sa voix touche au mimétisme, mais son jeu dépasse la simple imitation. Quand il se jette à genoux pour Je suis malade, c’est la salle tout entière qui vacille : chacun y reconnaît sa propre faille. Il ne chante pas, il se saigne devant nous :

Je suis malade,
Complètement malade…

Les images se succèdent comme des battements de cœur trop forts ; un théâtre musical palpitant, qui fait de la vie de Serge Lama non pas une biographie, mais une expérience sensorielle.

Puis la voix du vrai Serge Lama résonne : Je ne suis pas sur scène mais sachez que je vous aime et que je vous ai aimé plus que tout.

Rideau.

On sort de Lama, d’aventures en aventures essoufflée, chavirée, larmes aux yeux… mais vivante.

21.07.2023

21 Juillet 2025: Babillart Montréal

 

BABILLART MONTREAL

 

«Lama – D’aventures en aventures»: envoûtant théâtre musical!

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

 

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La vie mouvementée de Serge Lama nous est racontée dans un spectacle captivant, qui allie judicieusement le théâtre et les chansons à succès de cette icône. Éric Paulhus incarne avec justesse l’interprète de Je suis malade qui, dès le début de sa carrière, a dû composer avec les séquelles d’un terrible accident de voiture où son amoureuse a péri. Stéphan Côté se glisse, notamment, dans la peau du père du chanteur, avant d’interpréter Lama lui-même vieillissant.

Dans un univers où le drame et la gloire se côtoient, c’est toute une époque qui renaît sur scène avec les apparitions de Barbara, Aline Dona et Dalida, grâce aux habiles interprètes Elizabeth Duperré et Gaële. On réussit aussi à évoquer avec humour les liens de longue date entre ce monstre sacré et le public québécois.

Les Ballons rouges, Une île, D’aventures en aventures, C’est toujours comme ça la première fois, etc., sont interprétées en solo, en duo et parfois par les quatre interprètes, accompagnés de trois musiciens. Le chef d’orchestre et multi-instrumentiste Gaël Lane Lépine signe aussi de beaux arrangements d’une grande efficacité.

Sous sa perruque noire évoquant les jeunes années de Lama, Éric Paulhus se distingue, notamment, par son interprétation de Je suis malade qui lui a valu une ovation, lors de la première médiatique de Lama – D’aventures en aventures, au Centre culturel Desjardins de Joliette, jeudi (17 juillet).

Stéphan Côté est aussi un pilier de ce spectacle où il incarne Marcel Gobineau, grand ami de Lama. Le livret, écrit de main de maître par Mélissa Cardona (Lili St-Cyr, le théâtre musical), met adroitement en lumière les tiraillements du jeune Serge, fasciné par les feux de la rampe en admirant son père chanteur d’opérette, tout en étant à couteaux tirés avec sa mère qui dénigre constamment le métier de chanteur.

Assoiffé de reconnaissance et de gloire, le fougueux artiste voit son rêve se réaliser sous nos yeux! Grâce au jeu de la mise en scène de Charles Dauphinais, on comprend que Lama et ses proches se retrouvent entassés dans une voiture et sillonnent les rues de Paris pour aller admirer le nom de Lama écrit au néon sur la marquise de l’Olympia! Leur enthousiasme est tel qu’on a l’impression de vivre avec eux ce moment où le chanteur arrive enfin au sommet dont il rêvait depuis son enfance.

Ce spectacle très solide a été développé en étroite collaboration avec ce monstre sacré de la chanson française. L’artiste de 82 ans a d’ailleurs enregistré quelques mots qui résonnent à la fin de la soirée, comme si son esprit planait dans la salle. Troublant!

En 80 minutes, cette équipe chevronnée évoque les grandes lignes d’une carrière d’une soixantaine d’années. On a d’ailleurs eu la bonne idée d’inclure la chanson Aimer au programme de la soirée. Il s’agit de la pièce titre de l’album que Serge Lama a lancé en 2022, en soulignant que ce serait son dernier. Ce beau texte signé Lama est une ultime déclaration d’amour à l’amour qui est décrit comme étant «plus haut que la tour Eiffel».

Souvent malmené par le destin, l’octogénaire aura su s’accrocher à son refrain emblématique Je t’aime à la folie la vie que les spectateurs chantent volontiers à la fin du spectacle et même en quittant la salle, en ayant l’impression d’avoir passé la soirée avec Lama!

Lama – D’aventures en aventures est présenté au Centre culturel Desjardins de Joliette jusqu’au 9 août. Le spectacle ira ensuite en tournée au Québec avec des arrêts à Montréal et dans la «Vieille Capitale»

18.07.2023

18 Juillet 2025:La presse

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D’amour et de nostalgie

La création du spectacle Lama – D’aventures en aventures, au Centre culturel Desjardins de Joliette, est une fort belle réussite. Une bulle de bonheur pour amateurs de chansons populaires et de théâtre musical.

Luc Boulanger
Luc Boulanger La Presse

Tout au long de ses 60 ans de carrière, Serge Lama n’a jamais cessé de conjuguer le verbe aimer en chansons. L’artiste aurait voulu être un homme heureux, mais hélas, il n’a jamais pu fermer sa blessure… Et c’est en empruntant ce riche fil rouge que Mélissa Cardona a tissé sa pièce, Lama – D’aventures en aventures, à l’affiche au Centre culturel Desjardins de Joliette, avant d’entamer une tournée au Québec.

Et c’est une belle réussite, à tous les points de vue : livret, mise en scène, interprétation, conception et éclairages… Si vous aimez le théâtre, la chanson française et que vous aimez vous faire raconter une histoire pleine de rebondissements, allez voir ce spectacle porté par un quatuor d’interprètes polyvalents, ainsi que trois musiciens présents sur scène. Sous l’excellente direction de Gaël Lane-Lépine. Ce dernier quitte même son clavier, par moments, pour défendre un personnage avec aplomb.

L’autrice Mélissa Cardona (Lili St-Cyr, Amsterdam…) a créé un spectacle biographique qui résume autant la vie que le parcours de Lama. Elle lui rend hommage, mais sans en faire un être parfait, une hagiographie. Lama est tout sauf un saint. On le voit donc se tromper, trahir, douter, tomber, se relever, recommencer… Et, surtout, chanter.

On suit son histoire en 80 minutes bien serrées. Le récit commence par la blessure maternelle à l’enfance. Suivie de la mort d’un premier amour, la jeune musicienne Liliane Benelli, dans un terrible accident de voiture. Lama va s’en sortir, non sans séquelles, et après 14 opérations ! Puis, il y a le succès, les coups de foudre, les séparations, les infidélités, la mort tragique de ses parents happés par un chauffard…

Bref, Lama – D’aventures en aventures, c’est l’histoire d’une vie pleine de bonheurs et de malheurs, de succès et d’échecs… L’histoire d’un peu tout le monde, en somme.

Une solide distribution

La mise en scène de Charles Dauphinais est sobre et efficace. Elle nous transporte habilement d’une période à l’autre, sans changement de décor. À travers 22 chansons signées Lama, des airs connus (Je t’aime à la folie, Les ballons rouges, Les petites femmes de Pigalle), d’autres moins connus. Elles sont interprétées en solo, en duo ou en chœur.

Dans le rôle de Lama, de la vingtaine à la cinquantaine, Éric Paulhus est formidable ! D’entrée de jeu, il a fallu quelques minutes à l’auteur de ces lignes pour se remettre de la surprise de voir l’acteur avec cette drôle de perruque, qui lui donne l’air d’un jeune René Simard, époque L’oiseau… Or, on s’habitue rapidement à sa longue et dense chevelure, comme à son fort accent de province. Lorsque Paulhus interprète de sa voix de stentor Je suis malade, l’acteur est bouleversant ! Il a d’ailleurs eu droit à une ovation après sa prestation musicale.

Stéphan Côté est touchant en Serge Lama vieillissant. Il est aussi très bon dans les rôles du grand ami et du père de Lama. Élizabeth Duperré et Gaële jouent plusieurs personnages ayant traversé des épisodes de la vie du célèbre chanteur. Duperré interprète, entre autres, une Barbara plus vraie que nature, dans l’épisode où le jeune Lama est le protégé de la Dame en noir, au cabaret de L’Écluse, à Paris.

À ne pas en douter, les admirateurs du chanteur au Québec vont aimer ce spectacle… à la folie.

14.07.2023

14 Juillet 2025:L'Action

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(Photo Médialo – Jean Chevrette

 

10.07.2023

10 Juillet 2025:Première du spectacle sur Serge Lama

Beau succès pour la première du spectacle sur Serge lama

 

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C’est sous une pluie d’ovations que s’est conclue la première de ce spectacle musical grandiose, rempli d’émotions!
Rires, frissons, larmes, tendresse… Ce vibrant hommage célèbre la vie hors du commun de cet immense chanteur qui a marqué tant de générations.
 

08.07.2023

8 Juillet 2025: Diane

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[DIANE HÉBERT]
Je suis dévasté, la vie est tellement brusque dans ses injustices. Une heure avant on a un fou rire, une minute après on ne parvient même pas à pleurer. Notre Diane Hébert, la productrice du spectacle « LAMA – D’aventures en aventures » nous a quittés. Comme le troisième coup au théâtre, c’est le coup du sort qui arrête net l’enthousiasme. Les corbeaux de Poe sont toujours là, ce sont des oiseaux d’une patience indicible. Je pense à la famille de Diane en premier, je pense à Mélissa, je pense à toutes les personnes qui aimaient cette femme humaine, généreuse et passionnée et je pense à toute l’équipe qui va devoir porter, malgré tout, ce spectacle et le hisser à la hauteur de l’âme de Diane, qui veillera sur vous tous les soirs.
Courage les amis…
Serge LAMA

03.07.2023

3 juillet: 7 jours

Interview de Serge Lama

 

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Serge Lama: Comment un tragique accident de voiture a fait de lui un grand chanteur

 

Le spectacle musical biographique Serge Lama: D’aventures en aventures, en hommage au célèbre chanteur, prendra vie cet été au Centre culturel Desjardins de Joliette. Une occasion en or de plonger dans l’univers d’un véritable monument de la chanson française, dont le parcours fascinant ne peut que captiver. Survivant de la Seconde Guerre mondiale et d’un terrible accident de voiture, Serge Lama a croqué la vie à pleines dents, porté par la musique et une résilience hors du commun. Retiré de la scène depuis février, il s’est confié à nous avec beaucoup de générosité.

 

Bonjour, Serge Lama, comment allez-vous?

Très bien, merci. Et je suis ravi de parler à quelqu’un du Québec, un pays que je connais bien et que j’aime beaucoup. J’ai souvent chanté au Québec depuis mes débuts. J’y ai même été connu, voire devenu une star, avant de l’être en France!

Ce lien avec le Québec est encore bien vivant puisque, cet été, on célèbre votre vie avec un spectacle biographique avec les interprètes Stephan Côté, Éric Paulhus, Elizabeth Duperré et Gaële. Un spectacle que vous avez autorisé. Avez-vous accepté sans hésiter?

J’ai accepté rapidement lorsque j’ai su que l’auteure était Mélissa Cardona, qui avait écrit Amsterdam: Jacques Brel remonte sur scène. Et comme je connais bien France Brel, sa fille, je savais qu’elle n’aurait jamais laissé passer un projet mal ficelé sur son père. J’étais donc en pleine confiance.

On imagine un spectacle à votre image...

Voilà, c’est un spectacle biographique joyeux. C’est l’image que j’ai envie de laisser au Québec, avec cette force de vie qui m’a toujours animé et qui m’a poussé à écrire des chansons. J’ai eu une vie très remplie. J’ai énormément tourné. Une année, j’ai donné 307 concerts. Pendant une quinzaine d’années, je n’ai pas arrêté. J’étais épuisé. J’ai donc pris du recul, fait du théâtre. Les metteurs en scène m’ont appris la rigueur, et ça a transformé ma façon d’interpréter mes chansons par la suite.

 

Photo : inconnu / TF1

 

Il paraît que votre service militaire en Algérie a été une période très inspirante pour vous. Vous y avez beaucoup écrit?

Oui, c’est vrai, j’ai beaucoup écrit pendant mon service. Mais en réalité, j’ai commencé très jeune. À 11 ans déjà, j’écrivais énormément. J’ai vite eu une bonne plume. Ma chanson À 15 ans, mon tout premier petit succès, je l’ai composée vers 18 ans. C’était mon cheval de bataille, je la chantais au Cabaret de l’Écluse, là où tout a commencé pour moi.

Ce cabaret a joué un rôle déterminant dans votre parcours.

Absolument. C’est là que j’ai rencontré la chanteuse Barbara. Grâce à elle, j’ai chanté en première partie de Georges Brassens au théâtre Bobino en 1964. Brassens, je l’admirais profondément. Pour moi, c’était un rêve. Et plus tard, quand je suis devenu star à mon tour, j’ai croisé tous les grands. J’ai chanté avec Bécaud. Un jour, j’ai croisé Jacques Brel et il m’a dit: «J’aime beaucoup ce que vous faites.» J’étais bouleversé. Brel, c’était une montagne de talent. Je suis reparti tout tremblant et complètement retourné.

Votre père était chanteur d’opérette. La musique a donc bercé toute votre enfance. Vous êtes né à Bordeaux, mais, l’année de vos sept ans, la famille a déménagé à Paris pour la carrière de votre père.

Oui, j’adorais mon père. C’était une étoile pour moi. Il chantait merveilleusement bien. J’allais dans les théâtres où il se produisait, je ressentais la magie du lieu, l’odeur du maquillage des femmes, l’effervescence des coulisses... C’était fascinant. Mais, une fois à Paris, il a arrêté sa carrière. Et ça, je l’ai très mal vécu. C’est comme si j’avais moi-même abandonné un rêve.

Avez-vous l’impression d’avoir voulu accomplir ce qu’il n’a pas pu terminer?

Oui, je crois bien. J’ai voulu réussir à sa place. Cette part de mon histoire est évoquée dans le spectacle biographique. Les gens vont découvrir mes débuts, mes blessures, mais aussi ma résilience.

En 1965, vous avez eu un grave accident de voiture qui a brisé votre corps. Vous avez affirmé que, lorsque vous montiez sur scène, les douleurs disparaissaient. Est-ce pour ça que vous faisiez autant de concerts?

Oui, c’était comme si quelqu’un d’autre chantait à ma place. J’étais à la fois marionnettiste et marionnette. C’est difficile à expliquer à quelqu’un qui ne vit pas ça, mais oui, sur scène, la douleur s’effaçait.

Cet accident a marqué un tournant majeur dans votre vie. Il a modifié votre trajectoire. Ressentez-vous de la colère, ou avez-vous réussi à en faire une force?

Je suis résilient, c’est certain. Et paradoxalement, je crois que si je n’avais pas eu cet accident, je n’aurais peut-être pas réussi ma carrière. Il a décuplé ma volonté de tout donner, d’être plus grand que moi-même. Ce drame m’a poussé à aller plus haut.

Dans cet accident, vous avez aussi perdu votre premier grand amour – votre fiancée, la pianiste Liliane Benelli – et des amis .

Oui... C’est impossible à décrire. J’étais si jeune! Perdre la femme qu’on aime à 22 ans, c’est une douleur indicible. C’est après mon transfert à Paris qu’on m’a appris sa mort. J’ai hurlé toute la nuit, comme un loup. À l’hôpital, ils ne savaient pas quoi faire de moi. C’était une douleur physique, mais surtout une douleur d’âme immense. Beaucoup de mes chansons parlent de perte, de quelque chose de brisé... comme un paradis perdu. Je ne le réalisais pas toujours en écrivant. Il y a en moi une blessure profonde.

Les médecins vous ont dit que vous ne pourriez plus chanter, ni même marcher. Et pourtant, vous êtes remonté sur scène...

J’ai dit au médecin: «Non seulement je remarcherai, mais je chanterai à l’Olympia!» Je n’avais pas de plan B. J’avais juste un plan A.

Vous êtes né pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1943. Une telle guerre marque un pays et ses habitants, même bébés.

Oui, toute mon enfance, on parlait de la guerre. Mon père avait fui le service de travail obligatoire avant l’arrivée des Allemands. Tous ses compagnons d’armes ont été tués. Il aurait péri lui aussi s’il y était resté. Imaginez donc les conversations autour de la table... Ces récits ont nourri mon imaginaire d’enfant. À Bordeaux, où je suis né, il y avait des alertes aux bombardements, et les gens descendaient dans les abris. Un jour, mon père m’y a descendu juste avant qu’un obus traverse mon berceau. Le destin, vous voyez... Les bombes tombaient autour de moi, et pourtant, j’ai survécu miraculeusement.

Et vous êtes toujours là, vivant, avec votre rire bien à vous...

Mon rire si particulier vient peut-être de là. La douleur engendre le rire.

Vous avez aussi un fils, Frédéric. Il a été magicien, puis animateur, et aujourd’hui il travaille en production audiovisuelle.

Ah, mon fils, c’est un garçon très secret. Si je lui écris un mot de 15 lignes, il me répond en deux lignes. Mais quand il vient à la maison, là, il parle beaucoup. Nous sommes très différents.

Le 14 février, trois jours après avoir soufflé vos 82 bougies, vous avez fait vos adieux au public lors des Victoires de la musique. Vous avez choisi de vous retirer, car vous refusiez de finir votre carrière à chanter assis sur scène.

Oui, c’était le bon moment pour dire au revoir. J’aurais dû faire une tournée quelques années plus tôt, mais le covid a tout stoppé. Trois ans après, je n’étais plus le même. Je ne me voyais pas chanter assis dans un fauteuil. Alors j’ai pris la décision de quitter la scène.

Et maintenant que vous ne montez plus sur scène, vous avez envie de passer plus de temps avec votre femme, Luana Santonino.

Luana et moi, on partage tout. On vit ensemble, on est heureux. C’est un bonheur simple mais précieux. La vie m’a gâté, surtout en amour. J’ai eu des compagnes formidables. J’écoute des disques, je regarde de vieux films. Le soir, avec Luana, on écoute des classiques français en livre audio. Et j’habite cette ville fabuleuse qu’est Paris. Nous préparons également un album avec toutes les chansons que j’ai écrites pour Nana Mouskouri qui sortira bientôt. Je suis un homme heureux!

02.07.2023

2 juillet 2025: Le Devoir

Article paru au Quebec avant la première le 10 juillet d'un spectacle sur Serge Lama

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Le parcours du battant Serge Lama présenté sur scène

 

Sept ans après son spectacle à succès Amsterdam, Mélissa Cardona consacre une nouvelle pièce musicale au répertoire d’un chanteur renommé. Et pour l’autrice, il était naturel de faire succéder Serge Lama à Jacques Brel, une autre découverte de son adolescence. « Il m’a accompagnée pendant tellement de ruptures amoureuses avec Je suis malade. »

Le grand auteur-compositeur-interprète belge a servi de modèle à Lama, explique la créatrice de Lili St-Cyr. Théâtre musical. « Il a toujours voulu, comme Brel, faire de la chanson à textes. Mais Serge Lama était beaucoup plus du côté populaire. Et on le lui a reproché un peu, alors que lui sentait pourtant qu’il était un auteur aussi, que ses mots étaient puissants. Ça a pris des années avant qu’il ne soit reconnu pour ça. » Et l’auteur des Ballons rouges raconte lui aussi des histoires. « Comme chez Brel, il y a une charge dramatique dans chacune des chansons : on commence quelque part, on finit ailleurs. Et c’est ça, pour moi, qui m’évoque le théâtre musical, où la musique fait avancer l’action. »

La Québécoise signe donc un spectacle musical biographique « autorisé » par le chanteur et parolier français lui-même. Une approbation qu’elle envisageait pourtant difficile à obtenir. Cardona crédite un peu Brel pour sa « bonne étoile ». « Serge Lama a fait sa petite enquête pour savoir qui j’étais. Et il a parlé à France Brel, la fille de Jacques, qui avait approuvé Amsterdam, qui a dit du bien de moi et de la production. Alors j’ai eu un “oui” de Lama avant d’écrire le texte. On a travaillé en collaboration. »

Au départ, Mélissa Cardona pensait procéder comme pour le spectacle précédent et « tresser une histoire semi-fictive » à partir des chansons. Mais avant sa première rencontre virtuelle avec l’artiste de 82 ans, elle a tout lu sur sa biographie et réalisé qu’avec Lama, elle ne pouvait pas faire ça : la réalité était « trop forte » et dépassait la fiction. Le chanteur, auquel elle avait soumis deux synopsis potentiels, une trame biographique et l’autre inventée, a heureusement d’emblée choisi la première. « Et là j’ai compris que c’était un homme qui avait envie de raconter ce récit, et qui était conscient de la force de cette histoire. »

D’accident en accident

Un parcours qui aura été éprouvé par les accidents. Et pour créer Serge Lama. D’aventures en aventures, Mélissa Cardona s’appuie sur ces trois moments marquants. En 1965, alors que Lama vient de décrocher son premier contrat, sa carrière est retardée par un terrible accident d’automobile qui coûte la vie à sa fiancée, la pianiste Liliane Benelli, et laisse le jeune chanteur un an à l’hôpital. « On lui a caché pendant longtemps qu’elle était décédée, pour lui permettre de se réhabiliter. Il a failli ne plus marcher, ne plus chanter. Il a toujours gardé une raideur dans sa jambe gauche. »

Le scénario se répète tragiquement en 1984 : en plein milieu d’une représentation de la comédie musicale qu’il a écrite, Napoléon, Lama apprend que ses parents ont été victimes d’un accident de la route. Il revit un peu le traumatisme de son propre accident, à travers celui qui a tué son père sur le coup et sa mère plus tard.

Enfin, en 2021, la pandémie force Serge Lama à annuler sa tournée d’adieu. « Donc sa première tournée, il ne l’a jamais faite et sa dernière non plus », résume Cardona qui, « en toute humilité », désire remplacer en quelque sorte cette ultime rencontre ratée du chanteur avec son public, en lui offrant Serge Lama. D’aventures en aventures.

Même si son sujet collabore au texte, l’autrice hésite à qualifier le spectacle — que les Montréalais pourront voir à l’Espace St-Denis fin octobre — d’hommage, puisque « dans un hommage, il n’y a pas de regard ou de recul. J’ai toujours peur que les gens pensent qu’ils viennent voir Éric Paulhus et Stéphan Côté imiter Serge Lama. Ce n’est pas ça. On est vraiment dans une histoire, qui est tressée par sa vie, ses conquêtes et ses accidents, jusqu’à aujourd’hui. Je pense que c’est ça la force : monsieur Lama est encore vivant et il accepte ça. Et je voulais être claire avec lui : je ne veux pas aseptiser [le récit], je n’ai pas envie qu’on voie juste les beaux côtés, sinon ça va donner une histoire beige. Il faut que le public s’attache à l’homme. Et un homme, c’est plein de défauts, d’erreurs et de cheminement. »

Serge Lama a rectifié la vérité dans certaines scènes puisées par l’autrice dans des biographies qui, a-t-elle compris alors, n’avaient pas été autorisées. « Mais il y a des choses que j’ai apprises en lui parlant, qui n’étaient écrites nulle part. Et ça, c’est ma fierté. Je n’ai pas eu tant à le convaincre, parce qu’il comprenait. Même que, parfois, son épouse disait : “Tu es sûr ?” et il répondait : “Oui, c’était ça, ma vie.” Il a commis des erreurs et il le sait, il l’assume parce qu’il a cheminé. Et moi, je trouve ça beau. Donnons la parole à cet homme, qui est un aîné, parmi les derniers de sa génération de chanteur à texte qui a connu ce genre-là, et qui est capable d’avoir un regard sur ce qu’il a été avant. Il l’assume tellement qu’il nous l’offre. » La créatrice fait référence ainsi à ses aventures amoureuses.

Et comme l’artiste le dit lui-même : « Ma vie est collée à ma carrière. » « Mais Serge, au départ, n’était pas du tout l’homme à femmes qu’on a connu après, relate Cardona en évoquant les débuts du parolier. Au contraire ! Il était une espèce de Cyrano qui écrivait des vers pour des garçons qui après allaient les donner aux filles. Il était dans l’ombre et se sentait moins que rien. Mais il a [persisté]. » Ce fils d’un chanteur d’opérette, lequel avait renoncé à se produire en tournée à l’exigence de sa femme, lassée de ses infidélités — « Serge en a voulu à sa mère pendant une grande partie de sa vie » —, se sentait investi d’une mission, soit « d’être cette voix, pour que mon père puisse s’accomplir à travers moi ».

La chimie d’un duo

Les deux comédiens qui interprètent Serge Lama soulignent la grande persévérance du personnage, un « battant » qui a persisté en dépit des embûches. Éric Paulhus et Stéphan Côté (qui, outre la version plus âgée du chanteur, incarne d’autres figures, tel le père de Lama) ont été engagés en duo, tellement la connexion était bonne entre eux. « Pour la deuxième audition, on était jumelés et il y a eu une espèce de chimie qui s’est produite instantanément, raconte Côté. Mélissa m’a dit qu’elle n’avait jamais vu une deuxième audition aussi formidable. »

S’ils campent le même homme, les deux acteurs lui apportent leur propre couleur. « On a chacun nos plages de liberté, estime Paulhus. Mais après deux mois de répétitions, je pense qu’on se teinte mutuellement [dans le jeu]. Et on n’est pas dans une imitation. On ne fait pas une copie. »

Aussi joué par Elizabeth Duperré et Gaële, porté par des musiciens sur scène, le spectacle fera entendre une vingtaine d’œuvres de la discographie de Lama. Des chansons intégrées dans la trame narrative et parfois donc interprétées par d’autres personnages. Le récit fait revivre notamment quelques grands noms de la chanson (Dalida, Barbara).

Le texte de Serge Lama. D’aventures en aventures s’est élaboré en collaboration avec la distribution et le metteur en scène Charles Dauphinais et, en allers et retours avec les commentaires du principal intéressé. « Je n’ai jamais fait une création comme ça, révèle Mélissa Cardona. Je ne pense pas en refaire non plus, parce que c’est vraiment particulier. J’allais chez monsieur Lama en France, il me disait des choses que je ramenais à ma gang. » De son côté, l’équipe de création avait pensé à une idée que l’autrice soumettait en retour à Serge Lama. « Ça roulait sans arrêt ! On ne peut pas faire plus art vivant que cela. »

Une véritable coopération transatlantique qu’Éric Paulhus et Stéphan Côté espèrent pouvoir aller présenter un jour devant le chanteur français. En attendant, le spectacle qui lui est consacré sera en tournée québécoise jusqu’au printemps 2026.

Serge Lama. D’aventures en aventures

Chansons : Serge Lama. Texte du livret : Mélissa Cardona. Mise en scène : Charles Dauphinais. Une production de Diane Hébert. Au Centre culturel Desjardins, à Joliette, dès le 10 juillet. En tournée partout au Québec jusqu’en mars 2026.

Marie Labrecque

 

 

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Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La créatrice du spectacle «Serge Lama. D’aventures en aventures», Mélissa Cardona, entourée des comédiens Stéphan Côté et Éric Paulhus, qui interprètent le chanteur français.

 

 

13.06.2023

13 Juin 2025: Le journal de Montréal

Éric Paulhus et Stéphan Côté uniront leurs forces – et leurs voix – pour donner vie à un des grands monstres sacrés de la chanson française à compter du mois prochain dans le spectacle musical Serge Lama – d’aventures en aventures. À quelques semaines du début des représentations, Le Journal est allé à leur rencontre.

«Une carrière, c’est des amis, des copains, des ruptures, des conquêtes, des pertes, des douleurs... Et ma vie est collée à ma carrière», commente Serge Lama dans une vidéo présentée aux médias plus tôt cette semaine, promettant que les éléments les plus marquants de son existence – autant les bons que les mauvais – seront abordés dans le spectacle.

Car il faut savoir que le chanteur français a non seulement donné son aval au projet, mais il collabore également avec l’équipe de Serge Lama – d’aventures en aventures. C’est ainsi que les différents volets de sa vie seront revisités sur scène, d’abord à Joliette, puis en tournée à travers la province, grâce à la plume de l’auteure Mélissa Cardona.

Une vingtaine de titres

Tout ça, évidemment, s’articulera autour d’une vingtaine de chansons du célèbre chanteur, maintenant âgé de 82 ans.

«À cause de la manière dont le spectacle est construit, il n’est pas nécessaire de connaître toutes les chansons pour l’apprécier. Et même qu’elles s’imbriquent dans l’histoire, dans leur contexte original, alors même ceux qui les ont entendues des dizaines de fois risquent de les redécouvrir différemment», plaide Éric Paulhus.

«Serge Lama est une icône qui fait partie des grands, au même titre que Jacques Brel, Georges Brassens ou encore Barbara. Il y a un devoir de mémoire qui doit être fait jusqu’ici, au Québec», ajoute pour sa part Stéphan Côté.

Le comédien et chanteur rappelle du même souffle que c’est ici, au Québec, que la carrière de Serge Lama a d’abord pris son envol.

«Et il a influencé une génération entière d’artistes d’ici», renchérit Éric Paulhus.

Deux femmes, moult personnages

Aux côtés de Stéphan Côté et d’Éric Paulhus, Gaële incarnera, entre autres, Liliane Bellini, fiancée de Serge Lama ayant perdu la vie dans un accident de la route en 1965, et la compositrice Alice Dona. Quant à elle, Elizabeth Duperré personnifiera les différentes femmes ayant façonné le parcours de l’icône de la musique française, devenant tour à tour Barbara, Dalida ou encore Michèle Potier.

La mise en scène du spectacle est assurée par Charles Dauphinais et appuyée par des chorégraphies signées Alex Francoeur.


 

05.06.2023

5 juin 2025:98.5 Montréal

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Dans l’émission Le Québec maintenant, une partie de la troupe de Lama : d’aventures évoque la future biographie musicale, dont les répétitions viennent de débuter.

 

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EXTRAIT