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13.11.2009

13 novembre 1994 - Sud-Ouest

Entretien avec Serge Lama pendant sa tournée dans le Sud-Ouest

 

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Lama... solitude

A 50 ans passés, Serge Lama aurait pu commencer à se calmer. Que nenni : après avoir écumé les scènes de music-hall, après s'être pris pour Napoléon et avoir montré qu'il pouvait être un honnête homme de théâtre, voilà qu'il s'est trouvé un rôle de flic à la télé. Mais c'est dans la chanson très française que le personnage excelle. Et ce grand retour - un nouveau disque à paraître et une tournée avec deux nouveaux titres - fait plaisir à beaucoup, qui se languissaient du bonhomme.

Tantôt populiste, tantôt intimiste, mi-pompier, mi-impressionniste, Lama auteur et interprète puise son inspiration dans sa propre existence, qu'il a d'ailleurs racontée en long et en large sur Radio France, sur un travail de l'Atelier de création -Midi-Pyrénées. L'enfance bordelaise de Lama ne lui a pourtant pas laissé d'impérissables souvenirs. Paris, en revanche, où la famille Chauvier s'était ensuite installée, l'a énormément marqué : « Mon père chantait aux Capucines et il aurait pu d'Aquitaine faire de grandes tournées en France. Ma mère l'en a toujours empêchée. Il a failli partir, tout seul, et je lui en ai voulu de ne pas le faire.

J'en voulais tout autant à ma mère... »

A peine sorti de l'enfance, Serge Chauvier, qui lisait tout Gide à une époque où l'on cultivait le célèbre « famille, je vous hais », dit tout de go à son père : « A 15 ans, je m'en irai ! » En réponse, il a reçu une terrible rouste dans la salle de bains... Le jeune Serge prit cependant son envol tout seul à 18 ans.

Il ne faut donc pas s'étonner si, dans ses chansons, il ne parle complémentairement que de lui. « Je porte en moi une très grande solitude, dit-il. Mâtinée d'une profonde nostalgie, comme si j'avais un paradis perdu... Je cherche quelqu'un qui est de l'autre côté.

Mais, ma face visible, c'est mon sens profond de la vie. En fait, je suis un homme à états d'âme !» On est loin des grands éclats de rire quelque peu forcés et des « Petites femmes de Pigalle ». Maïs on comprend mieux certains textes comme « les Glycines » ou, bien sûr, « A quinze ans ».

Il y a peu de temps, Serge a obtenu de ne plus s'appeler Chauvier : il est devenu Lama, au grand-dam de certains de ses amis girondins. « Je ne renie rien, ni mon passé ni ma famille, explique le chanteur-comédien. Mais j'avais tellement d'ennuis administratifs avec ces deux noms que j'ai fait le choix le plus logique. » Le bordelais, papa Chauvier ne lui en voudra certainement pas : car Serge, lui, est devenu célèbre. Tout seul avec ce nom trouvé au hasard dans le dictionnaire...

JEAN MARC FAUBERT

 

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