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26.04.2016

26 Avril 2018:Journal de Saone et Loire

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Serge Lama : « La scène est à la fois un cocon et une arène »

En cinquante ans de carrière, il a écrit certaines des plus belles chansons françaises qui vous serrent le cœur et les tripes et vous rendent nostalgique aussi. Et pourtant malgré le succès, Serge Lama avoue avoir peur encore chaque soir avant d’entrer en scène

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Comment nourrissez-vous depuis cinquante ans l’envie d’écrire des chansons ?

« Écrire est un besoin viscéral pour moi, j’ai encore et toujours besoin d’écrire. Je n’ai pas la patte pour écrire un roman mais pour des choses que l’on peut chanter. J’écris en revanche chaque jour sans avoir un endroit privilégié pour cela, dans une gare sur mon téléphone, je note des phrases qui me sont venues, des idées nouvelles et puis le reste suit. Écrire est pour moi comme une sorte d’enquête. Une chanson est pour moi une suite logique de faits, je lui fais dire ce qu’elle a à dire. »

Vous avez sorti un nouvel album mais j’imagine que dans votre tour de chant à Mâcon, il y a aura de vieilles chansons que le public réclame ?

« Évidemment, il sera impensable de ne pas interpréter Je suis malade ou l’Algérie , si je ne les chante pas, je me fais insulter_rires. J’ai, il est vrai, avec moi un paquet de chansons que le temps rend incontournables. Je chante donc les tubes au début et à la fin et au milieu j’interprète de nouvelles chansons comme Bordeaux ou le Sourire que j’ai envie de défendre, de les faire entendre car ce nouveau disque est merveilleux, il est baptisé Où sont passés nos rêves  ? »

Justement parlez-nous de la chanson Bordeaux qui figure sur votre nouvel album

« J’ai cherché longtemps une telle chanson, depuis l’âge de 35 ans à vrai dire. C’est en parlant au téléphone à Pascal Obispo que j’ai eu une sorte de déclic, je lui ai dit tu es également de Bordeaux et le texte est venu d’un coup… Au bord de la Garonne… et une phrase en a entraîné une autre. La musique a ensuite été tout aussi rapide à écrire pour Pascal. Je ne prétends pas avoir écrit le Toulouse de Nougaro mais je sais que la chanson est bonne. »

Avez-vous douté à un moment de votre carrière ?

« Évidemment car si on n’a pas le doute et la peur, il manque quelque chose, sans, je serai probablement un chanteur différent. Pour moi, chaque jour est un événement comme vivre est un événement quotidien. Ce métier que l’on fait est difficile mais je l’aurai fait de toute façon même si je n’avais pas été payé pour le faire. »

Êtes-vous nostalgique ?

« Oui, mes chansons le disent. J’ai été pris longtemps pour un clown mais derrière le rire, il y a le drame, avoir perdu la femme que j’aimais à 20 ans, l’accident de voiture, la souffrance. J’ai été vu comme un amuseur national mais les Petites femmes sont un accident. J’ai du mal à écrire des chansons drôles. À l’époque, mon rire essayait de masquer ma détresse, c’était un rire de défense. Je riais pour montrer aux gens que j’étais en vie. »

Serge Lama, où sont passés vos rêves ?

« Je me pose les mêmes questions que se posent les gens, sur les idéologies, le rêve d’un monde meilleur. Les choses me semblent de pire en pire, j’essaye de mettre les gens en face de leur propre conscience sur les trafics, les réfugiés qui fuient leur pays pour ne pas mourir, il faut arriver à trouver des solutions à tout cela. »

Que représente la scène pour vous ?

« Un cocon, une arène aussi. J’éprouve des sentiments très divers à ce propos entre la peur d’entrer en scène et la tristesse quand le concert prend fin. »

 

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