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17.03.2012

17 mars 2014: Est Républicain

Interview de Serge Lama dans l'est républicain avant le concert du 28 Mars 2014 à Besançon

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Serge Lama fête ses 50 ans de scène à Besançon le 28 mars. L’occasion de faire un état des lieux.

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C’est avec plaisir que l’artiste revient dans la ville de Victor Hugo, là où il a fait ses armes d’acteur. Car oui, il a été comédien aussi. En un demi-siècle de carrière, les souvenirs le submergent. Mais toujours en mouvement, il ne se complaît pas à se plonger dans les mauvais - « On essaie toujours d’oublier »-, pas plus que dans les bons, – « aucune envie de les trier »-. Cette tournée est pour lui un état des lieux.

Qu’avez-vous voulu faire avec cette tournée anniversaire ?

J’ai tenté de construire un tour de chant qui soit un parcours de vie. Un fil rouge de la vie des gens, où chaque chanson fait renaître en eux une émotion.

Justement, quelles chansons votre public réclame inlassablement ?

L’incontournable reste « Je suis malade ». Les chansons portent en elles le mystère, on ne sait jamais pourquoi elles plaisent, pourquoi elles touchent. « Algérie » par exemple a pris une tournure actuelle, et « Des éclairs et des revolvers », une nouvelle chanson, a un succès phénoménal.

Vous avez remis au goût du jour « La balade du poète », un fantôme de votre passé…

C’est la toute première chanson que j’ai écrite. J’avais 11 ans. Fier, je la chantais à mes parents, à mes copains. J’ai décidé de ne pas la reprendre sur scène, certainement par superstition. Elle appartient à l’avant et pas au pendant.

Une autre œuvre de votre passé refait surface cette année : la comédie musicale Napoléon. Elle sera jouée pour la première fois le 17 mai à Orange avec un orchestre symphonique de 80 musiciens et 150 choristes. Etait-ce une volonté de votre part ?

Non, c’est un hasard total. Fabien Ramade, un producteur de 20 ans, s’est présenté à moi par le biais d’Yves Gilbert -mon compositeur-. Il me fait penser au jeune Bonaparte ! Je l’ai écouté. Je me suis dit que c’était le rêve que j’avais au départ. Je lui ai donné mon accord, mais je n’ai rien fait. J’ai quand même placé des garde-fous, des fidèles de toujours, comme le comédien Serge Maillat, qui sera le narrateur.

Justement, quelle vision portez-vous sur les productions contemporaines ?

Je crois qu’il faut distinguer deux genres. Les comédies musicales de culture anglaise et française. Les premières marchent parce qu’elles ont été refaites. Elles se renouvellent. Je suis plus de cette école. Les secondes s’apparentent à un récital de quinze personnes sur scène avec, derrière, des effets spéciaux.

Vous dîtes volontiers : « Je ne suis pas à la mode ». Pourquoi ?

Ce que je fais, c’est intemporel. Je suis né avec l’amour des mots et des écrivains. Cela me transportait, à en énerver mon entourage ! J’écris sans cesse, je songe déjà à mon prochain album. Je suis un auteur qui écrit comme écrivent des auteurs depuis des siècles. Je me vois comme un continuateur. Je suis d’une époque où le texte importait tout autant que la musique. Aujourd’hui, c’est la musique qui accompagne les mots.

Est-ce ce qui caractérise la nouvelle génération de chanteurs ?

A leur décharge, les jeunes font avec les moyens du bord. Les producteurs sont frileux. Il y a un paradoxe : le plus qu’on a aujourd’hui nous apporte du moins. Les technologies desservent. Prenez les radios pirates. Après l’euphorie, on a connu la désillusion. On pensait qu’on allait se déployer partout et cela ne s’est pas réalisé. J’ai l’impression d’assister à un retour en arrière permanent.

Que pensez-vous alors de Stromae et de son usage de la technologie ?

J’aime beaucoup. Il parvient à satiriser la technique.

Et il écrit de très jolis textes aussi. Justement, vous qui vous voyez comme un continuateur, quels sont vos auteurs fétiches ?

C’est toujours dérangeant de résumer ainsi, mais je dirai que le premier reste Baudelaire. Il a ouvert la voie à Rimbaud et au romantisme en règle générale. Et puis, comme chanteur, Georges Brassens évidemment. Il y a une vraie cohérence dans son œuvre. J’aime le fait qu’il soit un auteur qui chante.

Nina GHEDDAR

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