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30.01.2012

30 Janvier 2014: La Montagne

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Interview  publiée dans 'La Montagne" avant le concert du 31 Janvier 2014 à Aurillac

 

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« J’aime beaucoup le Cantal. À une époque, je faisais entre 220 et 300 concerts par an… Alors, j’allais partout?! C’était impossible d’éviter une ville. Je me demande même comment j’ai pu tenir physiquement, parce que ça a duré comme ça pendant 17 ans?! » - AURILLAC Photo

 

Serge Lama vient à la rencontre du public aurillacois ce vendredi. Il revient dans une interview sur différents aspects de son impressionnante carrière.

Serge Lama sera sur la scène du Prisme vendredi, à 20 h 30, avec son bagage de tubes et quelques inédits. Une halte aurillacoise dans le cadre de sa tournée anniversaire à travers laquelle l'artiste fête à la fois ses 70 ans, mais aussi ses 50 ans de carrière.

Vous offrez au public ce répertoire qui a fait votre succès. Pourquoi avoir tenu à lui faire ce cadeau ?

C'est un cadeau que je me fais aussi ! J'aime la scène. Ce tour de chant me tient à coeur. Pour mes 60 ans, j'ai fait un spectacle grandiose à Paris-Bercy, mais qu'on ne pouvait pas transporter en tournée, je l'ai toujours regretté. Là, on a trouvé une formule intermédiaire, que je peux tourner en province. Je me dis que j'ai raté mes 60 ans, quelque part, parce que je n'ai pas pu faire de tournée, mais je comptais bien réussir mes 70 ans !

Après 50 ans de carrière, vous avez toujours le même besoin d'écrire des chansons ?
Le besoin, oui ! Je suis un peu un graphomane. J'ai pris l'habitude d'écrire très jeune. C'est comme un tic qu'on a, et de temps en temps, on sort quelque chose d'intéressant. Le phénomène d'écrire participe presqu'à mon équilibre psychologique.

Y a-t-il une chanson que vous avez écrite très rapidement ?
Je suis prudent là-dessus ! Les chansons que l'on croit avoir écrites vite, ça veut juste dire que l'essentiel a été pensé en très peu de temps. Pour Je suis malade, le coeur de la chanson a été conçu en très peu de temps. Seulement ce qu'il y a autour, ça prend parfois un an et demi ! Il y a toujours plusieurs strates dans l'élaboration d'une chanson.

Comment vous avez réussi à garder la tête froide après toutes ces années de succès ?
Je ne sais pas si je l'ai gardée toute ma carrière ! C'est difficile de la garder quand la gloire vous échoit, que vous devenez le centre du monde, quand tout le monde vous appelle et vous dit que vous êtes le plus grand le plus merveilleux… J'ai dû avoir mes trois ou quatre ans de ce qu'on appelle « la grosse tête ». Presque personne ne peut y échapper. Il faut l'anticiper. J'ai vu comment les choses s'étaient passées pour d'autres : Brel, Ferré… Je m'y attendais, alors j'ai su me gérer comme si j'étais quelqu'un d'autre.

Quel regard portez-vous sur le paysage musical français ?
C'est difficile de juger. Le paysage français est en place depuis un moment déjà. La chanson, c'est quand même un petit bout de littérature, même si ce n'est pas du Verlaine ou du Rimbaud. Comme nos enfants en 6 e ne savent pas toujours lire et écrire, je suis carrément devenu un chanteur presque intellectuel. Les jeunes viennent me le dire. Mes paroles frappaient moins les gens dans les années 60-70. J'étais un artiste populaire, pas intellectuel. Le recul est ailleurs. Les rappeurs ont pris une vraie relève, ce qu'ils disent est le reflet de la société d'aujourd'hui, et ce que dit Grand Corps Malade est représentatif de quelque chose de réel. Il ne veut pas chanter, et c'est dommage, car la mélodie c'est ce qui fait qu'on retient une chanson, trente ans après.

Votre best-of exceptionnel est disque d'or, presque disque de platine…
Oui, c'est une vraie reconnaissance, ça prouve qu'il y a des gens qui ont envie de m'écouter, de me suivre. Quand je vois que je remplis des salles de 3.000 places alors que j'ai fait beaucoup de théâtres, qu'on remplit des Zénith, c'est très agréable !

Quel souvenir insolite avez-vous envie de raconter aux Aurillacois ?

J'ai chanté un jour complètement dans le noir et sans micro. C'était à Aix-en-Provence. Au moment du tour de chant, toute la ville a subi une coupure d'électricité. Tout s'est éteint. J'ai attendu un peu, car cela voulait dire que rien d'électrique sur scène ne fonctionnait, juste la guitare sèche et le piano. Finalement, je suis monté sur scène et j'ai demandé au public : « Qu'est-ce qu'on fait ? On remet ça à une autre date ? » Ils m'ont hurlé de chanter. J'ai donc fait mon tour de chant dans le noir, éclairé par des torches de pompier. Comme j'avais mon costume blanc, on me voyait un peu !

Pratique. Concert vendredi janvier, à 20 h 30. Tarifs : 48, 51 et 55 €.

Ann-Catherine Modolo

 

 

 

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