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18.06.2011

18 Juin 2013:Rue Rezzonico.com

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Francos 2013, Jour 4: bon anniversaire

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Serge Lama: 50 ans de carrière, 30 titres, deux heures et demie d'émotion. Photo Victor Diaz Lamich/Courtoisie FrancoFolies de Montréal

 

Vingt-cinquième anniversaire des FrancoFolies, fête des Pères, spectacle anniversaire des 50 années de carrière de Serge Lama… Ça faisait beaucoup de choses à célébrer le même jour, en ce dimanche pluvieux. Le 16 juin, tiens, c’est également la date d’anniversaire de ma mère disparue l’an dernier.

Par Philippe Rezzonico

C’est d’ailleurs cet anniversaire-là qui m’inquiétait un peu avant la prestation de Lama à la salle Wilfrid-Pelletier. Nous l’avons vu quelques fois ensemble, le grand Serge. Une bonne idée d’aller entendre les chansons de Lama précisément en cette journée et de me foutre les tripes en l’air? Pas sûr, mais je ne pouvais passer outre.

Au cours des ans, le Français à la mâchoire carrée, la voix puissante et le rire tonitruant a tellement donné le meilleur de lui-même auprès de ce public québécois qu’il chérit, qu’il aurait insultant de ne pas se présenter.

Surtout qu’il avait sorti le grand jeu, l’ami Serge, pour cette occasion toute spéciale. Après l’avoir vu si souvent parcourir le Québec en formation réduite ou minimaliste depuis une dizaine d’années, on avait presque oublié à quoi ça ressemblait un spectacle de Lama avec plus d’une demi-douzaine de musiciens, incluant un quatuor féminin à cordes.

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Lama avait un quatuor de cordes - et de charme - pour l'occasion. Photo Victor Diaz Lamich/Courtoisie FrancoFolies de Montréal

 

Et ces immenses rideaux digne d’un palais, tendus de façon asymétrique, qui servaient à la fois de décor et d’écran pour les jeux de lumières peints par un maître… Somptueux. Et ce grand miroir ce scène, à la fois réflecteur et écran, sur lequel défilaient les images de la vie de l’artiste… Brillant concept.

Et ce répertoire… Que Lama interprète avec toutes les nuances appropriées. Avec douceur (Les ballons rouges), humour (Mémorandum pour un pucelage), chaleur (Chez moi), désir (Je t’aime), gravité (La fille dans l’église) et respect (La chanteuse a 20 ans, dédiée à Barbara, qui lui a ouvert les portes de Bobino en 1964).

Le ton est important, chez Lama. Essentiel, même. Il sait que D’aventures en aventures doit bercer le spectateur, que Les p’tites femmes de Pigalle est une chanson gaillarde et que J’arrive à l’heure doit être interprétée comme si sa vie défilait devant lui. Ce qui fut le cas sur le miroir, où défilaient des photos de Lama de la naissance à aujourd’hui.

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Généreux, Lama a interprété 30 chansons de toutes ses périodes. Photo Victor Diaz/Courtoisie FrancoFolies de Montréal

 

Le chanteur s’est calé dans un fauteuil à haut dossier devant ledit miroir pour nous interpréter Seul tout seul, et c’est sa réflexion que l’on regardait. Une belle trouvaille, cet objet. Il a servi à montrer le visage de son maître, Marcel Gobineau, l’ami de son père qui a servi d’inspiration à Mon ami mon maître, ainsi que celui de sa mère, Maman Chauvier, qu’il avait pris soin d’amener dans ses bagages. Touchant.

Lama a varié les ambiances en un tournemain : la grandiose Des éclairs et des révolvers et la bouleversante L’enfant d’un autre étant livrées avec la même qualité. L’artiste a même ressorti son complet blanc, pas porté sur scène depuis 30 ans. Non, ce n’était pas un spectacle comme les autres.

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Sergio Tomassi et Lama: des décennies de complicité.Photo Victor Diaz Lamich/Courtoisie FrancoFolies de Montréal

Là où nous étions en terrain connu, c’est lorsque la foule reprend spontanément au vol Je t’aime à la folie, que Lama boucle Une île en mode a cappella, et qu’il nous sert à la 30e chanson de ce programme de près de deux heures et demie (Je suis malade), la terminant a cappella ET sans micro. Je crois bien qu’on a touché le ciel.

En définitive, ai-je pris la bonne décision de me pointer au spectacle de Lama? Et comment!

Surtout qu’en raison d’un curieux concours de circonstances, le fauteuil situé à la gauche du mien est demeuré inoccupé toute la soirée. Mais j’étais bien la seule personne dans la salle Wilfrid-Pelletier à savoir qu’il n’était pas vide…

 



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