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08.01.2012

8 Janvier 2014:Sud Ouest

Un article un peu particulier paru au lendemain du concert donné à l'Opéra de Bordeaux, nul n'est prophète en son pays!

L'hommage de Serge Lama à son père

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Le chanteur né à Bordeaux a donné un concert touchant mardi au Grand-Théâtre


Elles n’ont pas été franchement festives les retrouvailles de Serge Lama avec sa ville natale de Bordeaux, mardi soir au Grand-Théâtre. Des chansons enchaînées pendant une heure sans prendre le temps de parler au public. Un chanteur qui ne s’est que peu aventuré sur le devant de la scène (une spectatrice lui en a fait le reproche) et qui se sentait manifestement plus dans son élément au milieu de ses musiciens. Serge Lama est apparu comme un professionnel humble, au service de son répertoire, concentré sur ses textes et sur sa diction - impeccable - quand, à 70 ans, sa voix décline.

Mais s’il s’est peu mis en vedette, c’est sans doute aussi parce que c’est d’abord à son père, Georges Chauvier, ex-chanteur lyrique, qu’il voulait rendre hommage en chantant au Grand-Théâtre. « S’il y avait été admis, beaucoup de choses auraient changé dans sa vie », lâche-t-il sans émotion surfaite.

Sur un écran vidéo les images défilent : son père, sa mère, Barbara, qui a lancé sa carrière en 1964, et Serge Lama lui-même à différentes époques de sa vie. « J’arrive à un âge où même vivre est fatiguant », chante-t-il en forme de bilan. Un bilan contenu aussi dans les chansons. « L’Algérie », « Les Ballons rouges », « Les Glycines » ou « Les P’tites femmes de Pigalle » sonnent comme les échos d’une époque pompidolo-giscardienne révolue. Désuète ? Peut-être. Reste que Serge Lama laissera une trace. C’est l’un des derniers chanteurs français à parler de « fortifier son âme » dans ses textes, à aborder des thèmes difficiles comme l’amour paternel qu’un homme voue toujours à l’enfant de sa compagne après leur séparation, à chanter sur des musiques qui puisent ailleurs que dans la tradition afro-américaine. S’il n’a peut-être pas l’envergure d’un Reggiani ou d’un Aznavour il est l’un des derniers de cette école. Et c’est bon de l’avoir constaté au Grand-Théâtre.

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