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14.06.2009

14 juin 1980 : Télé Star

Chantal VAN TRI publiait un article dans le magazine Télé Star n°193 du 14 juin 1980.


 

serge lama


C'est un Serge Lama en grande forme qui nous accueille pendant l'enregistrement du «Numéro Un » que vous verrez ce soir (20.30 - TF1).

Il arrive tout droit de sa maison de campagne, où il s'est accordé une semaine de vacances pour se reposer à la fois des nombreux galas qu'il a donnés cet hiver et de l'enregistrement de son nouveau trente-trois tours qui sortira à la rentrée.

«A partir d'aujourd'hui, je commence un régime non seulement pour être en forme pour l'émission des Carpentier, mais aussi pour ma tournée d'été qui débutera le 15 juin », dit-il.

Un bon moyen pour tester le succès de ses nouveaux titres et surtout « De France ». Une chanson hommage au général de Gaulle, qui soulève déjà de nombreuses polémiques.

Pourquoi de Gaulle?, «Parce que c'est un grand que personne n'a réussi à remplacer. En affirmant cela, je dis tout haut ce que soixante quinze pour cent des Français pensent tout bas.»

L'idée du texte lui est venue il y a deux ans à la suite d'un débat politique qu'il avait suivi à la télévision. « Tout lemedium_photo_article_tele_star_juin_1980.JPG monde s'envoyait de Gaulle à la face : ça m'a mis en rogne. J'ai voulu lui rendre un coup de chapeau parce que son ombre continue à nous gouverner ». Cela dit, Serge se défend d'avoir fait une chanson politique. « Je ne vote pas, je n'appartiens à aucun parti. Je ne suis même pas au courant de la carrière du général de Gaulle... Simplement, il a une auréole comme Tito, comme le pape aussi... »

A propos du pape, on découvre avec surprise sur l'autre titre du 45 tours, un Ave Maria qui débute dans la plus pure tradition religieuse mais à la fin duquel Serge avoue « J'ai perdu la foi... »

Élevé dans la religion catholique, il avoue qu'il a effectivement perdu la foi à treize ans. « A cause des curetons» précise-t-il. Ce qui ne l'empêche pas d'ajouter: «Je suis un mystique d'aucune religion. En fait, je suis dans le doute, c'est un sentiment très religieux ça!». En revanche, Serge croit à l'existence d'une force supérieure : « Par exemple, dit-il, j'ai parfois le sentiment que quelqu'un prend la plume à ma place quand j'écris... »

Un « quelqu'un » dont l'inspiration ne tarit pas, puisque Serge noircit sans relâche les pages de cahiers d'écolier qu'il affectionne. Fidèle à son habitude, il fait un habile mélange des textes anciens et nouveaux. « La recette ne varie guère, dans chaque album, je mets deux ou trois chansons toutes fraîches à côté de celles qui dorment depuis trois ou quatre ans chez moi. » Et ça marche, puisqu'à chacune de ses tournées, le chanteur fait salle comble.

Lama sera de retour à Paris le 15 août, quelques jours avant la sortie de son album dont il aura tout juste le temps de faire la promotion avant l'arrivée d'un autre disque, uniquement instrumental celui-là, réalisé par Lorin Maazel, le célèbre chef d'orchestre américain.

« C'est un grand événement pour moi, mais je n'y suis pour rien. Lorin Maazel est venu par hasard m'entendre au Palais des Congrès l'année dernière. Il a aimé. Et avec le grand orchestre de Cleveland qu'il dirige, il a enregistré la musique de douze de mes chansons. »

Le disque sortira dans le monde entier, et ce n'est pas tout. Noureev, entre autres danseurs, est intéressé par le projet. Il créera un ballet, sur les musiques de Lama, et ce ballet sera enregistré sur film vidéo.

Est-ce la porte ouverte sur l'Amérique ?

« Pas encore, poursuit Serge, pour l'instant je ne suis connu qu'à Cleveland où, l'année dernière, un metteur en scène a monté un spectacle de mes chansons interprétées en américain par des artistes locaux, sous le titre d'«Images ». Mais il ne faut pas se leurrer, chaque ville américaine est un fief, qu'il faut gagner une à une. »

Et Serge n'envisage de faire une carrière internationale qu'à la condition que cela ne nuise pas à sa carrière française.

« Je ne veux pas m'éloigner de la France plus de trois mois par an. Je suis Français, j'ai atteint l'objectif que je m'étais fixé dans mon pays. J'y vis heureux. Je n'ai pas l'intention d'aller m'installer ailleurs. »

Cela ne l'empêche pas de suivre des cours d'anglais avec assiduité. « Ça m'est indispensable parce que je rencontre de plus en plus d'étrangers et que tout le monde parle anglais. »

II est vrai aussi que depuis son passage à l'Albert Hall de Londres, les Britanniques lui demandent un disque... Tout comme nos voisins allemands d'ailleurs. « Mais j'ai étudié l'allemand en classe et je suis sûr que mon accent est meilleur qu'en anglais !»

De toute façon, jusqu'au milieu de l'année 1981, son agenda est complet. A la fin de l'automne il commencera à répéter entre deux tournées le spectacle qu'il donnera au Palais des Congrès dès janvier 1981. Pour trois mois, comme l'année dernière.

L'arrivée du couple Carpentier met fin à la conversation. « Le « Numéro 1 » se déroule dans un décor de casino, ajoute Serge, où je cherche la femme idéale.»

De la pure fiction, peut-être puisque, depuis quelques mois, on murmure qu'il a trouvé la femme idéale sous les traits d'une célèbre comédienne italienne...« En fait, je suis un homme tout seul qui ne peut pas le rester tout le temps. J'ai trouvé une femme merveilleuse, mais je ne suis pas prêt de m'enchaîner à un si « haut niveau»... En tout cas, je suis très heureux. »

Commentaires

Encore un nouvel article, merci Pascal.

Écrit par : anne | 20.06.2008

Il ne vient pas de chez toi ?

Écrit par : henrierre | 20.06.2008

non pas à ma connaissance!!

Écrit par : anne | 20.06.2008

Cela ne doit être le premier passage de cet article ici.

Écrit par : henrierre | 21.06.2008

Bel article, seul bémol, comparer De Gaulle à Tito et au pape... il n'a pas dû beaucoup réfléchir sur le coup-là...

Écrit par : Patou | 22.06.2008

Les commentaires sont fermés.