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14.10.2009

14 octobre 2005 : LIBERATION

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Chanson. Deux mois de concerts parisiens avec l'accordéoniste Serge Tomasi.
Serge Lama repasse les plats

Par Gilles RENAULT

vendredi 14 octobre 2005 (Liberation - 06:00)

Serge Lama «Accordéonissi-mots», 20 h 30, jusqu'au 26 novembre. Théâtre Marigny, carré Marigny, 75008.
Tél. : 01 53 96 70 30
 
Ne pas se tromper de nom. A la caisse du théâtre Marigny, établissement circulaire (conçu par l'architecte Charles Garnier) peu enclin à privilégier l'expérimentation Belmondo, Delon, Leeb, Adjani y ont autrefois pris leurs aises ­, deux affichettes résument l'offre du moment : Serge Lama et Landru. Le second, en réalité, succédera début décembre au premier, sous les traits de Régis Laspalès. Il est aussi un peu moins cher (22/45 euros, contre 30/51). Ceci dit, les deux hommes ont en commun un lien affirmé avec la gent féminine. Mais la comparaison ne va guère plus loin, puisque feu le rentier les faisait brûler, tandis que le chanteur, lui, se contente de les attiser. Ce qui était vrai hier, l'est encore aujourd'hui, bien que le gros des troupes laudatives se recrute désormais dans les clubs de scrabble.
Surfant sur les époques, Serge Lama, lui, garde la même coupe de cheveux, symbole d'une immuabilité que seule Mireille Mathieu songerait à lui contester. La silhouette à peine forcie, à 62 ans, dont quarante de métier (débuts en 1964, à l'Ecluse, légende du cabaret rive gauche), il garde le rythme. En février 2003, Lama avait fêté ses 60 ans à Bercy. Les bougies à peine soufflées, il a ensuite maintenu le cap en baissant la voilure, puisque «Accordéonissi-mots» est un projet bicéphale où le chanteur fait équipe avec le seul Sergio Tomasi, ex-porte-soufflet de Barbara et Greco.
Immersion. «C'est un spectacle qui a la prétention de ne pas en avoir, argumente son initiateur. Certains disent qu'il est minimaliste, intimiste, confidentiel. Nous, on ne le qualifie pas. Je fais passer 50 % de ce que les spectateurs attendent et, parallèlement, je leur propose des choses qui les déroutent.» Vingt-trois airs (medley compris) garnissent les cent cinq minutes du tour de chant. Lama, chez qui les premières marques de transpiration apparaissent au quatrième morceau (T'en fais pas), s'y montre à son aise, poétise ou taquine les cheveux blancs, comme lui-même.
Grave ou libertin, grivois ou affecté, le ton varie au gré des refrains, que le public reprend parfois mezzo voce (la Rengaine, la Braconne, Chez moi, Je t'aime à la folie, Femmes, femmes, femmes...) avec ce petit côté «la France sous Giscard» qui fait le charme maso de l'immersion. L'artiste se targue d'appartenir à un temps «où le subjonctif était impératif» et les couplets hébergent un vocabulaire en voie d'extinction ­ «plisseuse, blanchisseuse/brodeuse/couseuse», «Gardénal» ­ jusqu'au rituel morceau de bravoure Je suis malade, achevé a capella.
Traficotage. Assis aux côtés de Serge Lama, souriant, Sergio Tomasi ne ménage pas son instrument. Au point, après traficotage, de lui extorquer des sons étrangers (flûte, piano, hautbois, clarinette...) et de «parasiter» un accompagnement qui, pour le coup, aurait gagné à assumer plus franchement la sobriété de l'énoncé.
Près de 200 dates ont été honorées depuis février 2004, devant 100 000 adeptes environ. Après ces deux mois de présence parisienne ­ là où fut donné Napoléon, en 1984 ­, le spectacle battra à nouveau la campagne en février. Entre-temps, afin de soulager la corvée des cadeaux de Noël, un CD commercialisé le 8 novembre (en deux tailles : simple et double), puis, quinze jours plus tard, l'inévitable DVD permettront de résoudre le cas des aïeux.
   

Commentaires

Je n'ai rien , mais absolument rien contre la critique. Lorsqu'elle est objective, lorsqu'elle fait la part des forces et des faiblesses d'un spectacle, ou d'une oeuvre.

Mais en revanche, lorqu'elle n'a pour seul dessein que de sevir de faire valoir à l'ego littéraire d'un journaliste illustrement inconnu, elle devient méprisable, et affligeante.

Écrit par : Gral | 14.10.2008

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