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26.11.2023

26 Novembre 2025: Match en ligne

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Retour du service militaire : l'avertissement de Michel Sardou et Serge Lama à Emmanuel Macron

 

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LE MATCH DES TUBES (SPÉCIAL ACTU) - Dans les années 1970, deux artistes populaires racontaient leur service militaire compliqué. Deux tubes qui résonnent avant les annonces du chef de l'État.

Ce devrait être la grande annonce : le retour d'un service militaire, cette fois volontaire. Emmanuel Macron doit prendre la parole ce jeudi pour évoquer le pacte armée-nation. Fan de chanson française, le président de la République pourrait réécouter deux tubes qui évoquent ce moment si particulier dans la vie d'un homme : le service militaire. Pour le grand retour de ce match des tubes, spécial actu, nous opposons Michel Sardou et Serge Lama qui n'ont jamais été au pas des régiments.

En 1971, Michel Sardou est le barde populaire par excellence. Il a enfin trouvé sa voie avec des chansons à boire qui font fureur : « Les bals populaires » et « J'habite en France ». L'artiste se souvient de son service militaire de façon drôle et provocatrice. Il raconte l'arrivée d'un chanteur qui va tout faire pour échapper à son statut de jeune recrue. Difficile d'être « artiste de variété » dans une caserne. Après un premier couplet campant la situation, le refrain envoie la sauce : « Le rire du sergent, la folle du régiment, la préférée du capitaine des dragons. Le rire du sergent, un matin de printemps, m'a fait comprendre comment gagner du galon : sans balayer la cour, en chantant simplement quelques chansons d'amour. » Sur une musique guillerette de Jacques Revaux, Michel Sardou féminise un homme et se paie un militaire. Dans ses prestations télévisées, il en rajoute : il casse son poignet ostensiblement pour renforcer son effet et, maniéré à souhait, recoiffe ses longs cheveux bouclés tout en se déhanchant comme s'il était sur un podium. Le tout avec un immense sourire. 

À sa sortie, la chanson ne fait pas de vagues et se place directement à la première place des ventes. La polémique viendra plus tard. On accuse Sardou, qui « ne peut pas piffrer l'armée », d'homophobie. Le chanteur retourne la critique. « L'armée c'est le miroir des hommes ; au moment de déclarer ma profession, j'annonçai "artiste" et, comme partout, lorsqu'on est artiste et un artiste inconnu on fait forcément un métier de pédé. Le type qui prononça cette phrase n'eut pas le temps de la finir. La fatigue du voyage et la peur avaient décuplé mes forces. Je lui pétai la rotule et lui ouvris l'arcade. Ils se mirent à quatre pour me maîtriser. Quand je me bats, je suis solide comme une enclume. Le connard était sous-officier : au trou, racontait-il dans son autobiographie "Et qu'on n'en parle plus". Vous savez maintenant que "Le rire du sergent" n'était ni une attaque ni une revanche. Le pédé, c'était moi ! »

Service en Algérie

En 1978, Serge Lama choisit lui de raconter l'éloignement que crée le service militaire. Tout commence par les adieux à sa fiancée : « On s'était dit, avant de partir au service militaire. On s'était dit des mots brûlants comme nos cœurs. On était fous, on se croyait sincères sur le quai de la gare, tu avais le visage en pleurs », fanfaronne Lama. Mais les tentations sont grandes au service militaire et « les filles de garnison » qui « ont le feu au jupon ». Les deux fiancés s'éloignent. Serge Lama a fait son service en Algérie, à Blida. « Au fil du temps, tu avais dû oublier mon visage, j'étais parti là-bas, tu sais, en Algérie. Et mes photos, c'était que des images. Sur le quai de la gare à mon retour, on s'est rien dit. » Et d'inviter les futurs bizuths de ne pas « se fiancer avant de partir au service militaire ». 

Avec une durée de 18 mois, le service national est un briseur de couples que Lama raconte dans une chanson drôle, mais tragique, et d'une efficacité redoutable sur le plan musical. On s'amuse, on chantonne et on est obsédé par ce rythme signé Alice Dona.

Alors quelle version choisir ? Les clichés de Sardou ou les tentations de Lama ? Bien que très agréable à écouter, la chanson du grand Serge ne peut résister à la charge de l'effronté Michel. Ironique, drôle et parfaitement interprétée, Sardou livre un tube intemporel. Habitué à fredonner « Vladimir Illitch », Emmanuel Macron pourrait choisir « Le rire du sergent » avant son discours à Varces devant la 27e brigade d'infanterie de montagne. En (avant) marche !

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