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14.01.2013

14 Janvier 2015: Est républicain

Interview de Serge Lama dans l'Est Républicain avant le concert de Toul le 17 Janvier 2015

 

Lama joue sur les mots

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Inoxydable, Serge Lama sera à Toul samedi.

Vous étiez à Ludres en mars dernier, vous revenez à Toul, vous n’arrêtez jamais !

 

J’ai un petit mois d’arrêt… Heureusement d’ailleurs. C’est une tournée très fatigante surtout quand je fais des séries de trois jours de suite. À mon âge, c’est dur physiquement.

Vous avez fêté vos 70 ans, vos 50 ans de carrière. Vous avez toujours conservé cette simplicité et cette proximité avec le public…

Je n’ai pas trop calculé ma façon de me comporter avec le public. J’essaie simplement d’avoir un comportement naturel. Je suis comme ça, quelqu’un de direct et assez naturellement convivial quand je suis devant des gens.

Lors de vos concerts, on constate que les jeunes générations connaissent vos morceaux… Est-ce que cela vous touche ?

Oui… Vous savez, c’est un peu la logique. On peut se demander comment le public continue à aller voir Aznavour mais il y a des chanteurs qui ont eu des carrières puissantes et marquantes, en étant en haut de l’affiche. J’ai quand même fait une vingtaine d’années très fortes où je remplissais des salles à cinq mille, six mille personnes. Ces gens ont écouté et réécouté les disques ; les enfants, qui étaient petits, ont entendu ces morceaux.

Actuellement, il y a un besoin et peut-être un manque comblés par des gens de mon genre, qui écrivent des chansons avec des mots français, des idées qui touchent les gens.

Vous évoquez les textes. Vous avez édité les vôtres. Etait-ce pour montrer qu’ils peuvent vivre sans vos mélodies ?

Non… Tous les artistes qui sont, comme moi, des hommes de textes, qui ont aimé la poésie et qui ont lu beaucoup de grandes œuvres comme moi, leur grand rêve, c’est d’avoir un livre. Et moi, le seul livre que je pouvais sortir jusqu’à présent, c’était celui–ci, l’intégralité de mes chansons et donc de mes textes. En les lisant, je me suis aperçu que, parfois, la musique apporte, dans certains cas, un plus, quelque chose de joyeux, qui peut déformer l’idée de la chanson. Comme « Femme, femme, femme » ou « Les P’tites femmes de Pigalle ». En fait, si vous regardez bien le texte, au départ, il n’est pas aussi joyeux. La musique, finalement, fait le succès de la chanson. J’ai fait ce constat qui m’a beaucoup frappé parce que, chez moi, la différence est vraiment énorme entre la lecture et l’écoute d’une chanson.

Vous avez collaboré, notamment, avec Vincent Niclo. Quel regard portez-vous sur la nouvelle scène ?

Pour Vincent Niclo, on a fait des émissions ensemble puis on a sympathisé. Je suis issu d’une famille de chanteurs à voix, j’ai été élevé dans ce milieu de chanteurs lyriques qui ont des voix de barytons ou de ténors. Ça a été l’univers de mon adolescence. J’ai trouvé chez lui une sensibilité personnelle que je reconnaissais. Je l’ai invité à la maison. J’avais travaillé sur deux ou trois textes que je lui ai « jetés », par timidité, à la fin du repas. Il est tombé en arrêt devant deux textes qui lui ont parlé comme « Jusqu’à l’ivresse ». Il était étonné que j’aie pu débusquer chez lui tout ce qu’il avait vraiment envie de dire. Le second morceau, « L’Amour est enfant du Poème » est une chanson qui a du fond. Je suis persuadé, en tout cas sur scène, que ce sera pour lui un très beau succès. C’est quelqu’un que j’aime beaucoup. Je ne peux travailler que lorsque je suis dans l’empathie. Comme avec Christophe Maé pour qui j’ai fait « Je veux du bonheur ».

On vous sent toujours joyeux et heureux lorsque vous êtes sur scène…

Oui, j’ai réussi à intégrer sur scène ce désir d’être comédien. C’est l’évolution de ce qui se passe, depuis 15-20 ans, dans ma nouvelle façon de chanter. Depuis « Napoléon », j’ai appris beaucoup de choses. Quand je suis revenu, j’étais différent, le chanteur s’est mis au service de l’auteur. Et donc, maintenant, je suis beaucoup plus comédien dans mes chansons que je ne l’étais il y a trente ans où le chanteur prenait vraiment le pas sur l’auteur. Surtout, si vous ne prenez plus de plaisir en montant sur scène, il faut arrêter !

Propos recueillis par Yannick VERNINI

Serge Lama sera en concert à Toul, à l’Arsenal, le samedi 17 janvier à 20 h 30.

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