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01.10.2011

1 Octobre 2013: La voix du nord

Publié dans la voix du Nord avant la reprise de la tournée .

Première date Dunkerque le 9 Octobre 2013

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Serge Lama le 9 octobre au Kursaal de Dunkerque: «J’ai un besoin viscéral de la scène»


Par MARIE BOUREY



Mercredi 9 octobre, Serge Lama sera sur la scène du Kursaal pour fêter ses cinquante ans de carrière avec son public. Entretien avec un grand monsieur de la chanson française, qui a encore beaucoup à offrir.




Vous jouez au Kursaal le 9 octobre, c’est une salle que vous connaissez ?

« C’est une salle que je connais, même s’il y a très longtemps que je ne suis pas passé à Dunkerque. J’ai un souvenir formidable du Kursaal, mais j’ai également en mémoire un chapiteau où on a pris des risques gigantesques. Il y avait une tempête, mais on a tout de même monté le chapiteau, et on a joué devant beaucoup de monde, mais ça aurait pu être une catastrophe. Je me souviens de la peur que tout le monde avait, sauf le producteur. Le Kursaal est un bâtiment qui est fait pour le spectacle que je vais donner. Tout le monde me dit que c’est le plus beau spectacle que j’ai fait de ma vie. Ça tombe bien que je le fasse à 70 ans et après 50 ans de carrière. Je n’ai pas fait de grands spectacles à part Napoléon. Souvent, quand j’ai eu du succès dans les années 70, je me déplaçais avec une équipe réduite de quatre musiciens. Ensuite, c’est devenu l’escalade avec Sardou et Johnny qui ont commencé à faire du spectacle. Je me suis senti obligé de faire quelque chose de plus important, mais ce n’est pas là que je me sentais le plus à l’aise. Ce que j’aime, c’est l’intimité avec les musiciens, avec le public. Pour ce dernier spectacle, c’est tout cela en même temps et je suis aussi servi par une mise en scène et un jeu de lumière remarquable. Aujourd’hui, le public aime avoir de la poudre aux yeux. Ce qu’on a voulu faire dans ce spectacle justement, c’est qu’il n’y ait pas de poudre aux yeux gratuite, mais que cela corresponde vraiment à quelque chose. Et je pense qu’on a réussi. »


Est-ce différent de se produire dans la capitale et dans les salles de province ?
« Je crois que le public peut avoir des tempéraments différents. Mais je trouve que du côté du Nord, les gens sont généralement très spontanés, sans a priori. Si vous leur plaisez, ils ne vont pas vous cacher leur bonheur dans une sorte de snobisme dont sont parfois parées certaines régions. À l’arrivée, le résultat est le même. Le jeu de la scène est une sorte d’envoûtement. »


Cela fait cinquante ans que vous avez commencé dans la chanson, vous n’éprouvez pas de lassitude ?
« Je n’ai jamais ressenti de lassitude. Je suis à l’âge où je pourrais tirer ma révérence, mais j’ai un besoin viscéral de la scène. Je dis toujours que c’est la scène qui m’abandonnera parce que mon corps ne suivra plus. Je n’ai pas l’air comme ça, mais je suis un chanteur qui, sur scène, utilise au moins autant d’énergie qu’un rockeur. C’est un engagement physique très important, donc peut-être qu’un jour mon corps me dira J’en ai marre . Dans ce cas-là, je serai obligé de lui obéir, et ce ne sera pas de gaieté de cœur, mais pour l’instant ça tient. Je résiste à toutes les tempêtes, à tous les événements de la vie. Je me suis fait opérer de la hanche il y a deux ans et je m’en suis remis. Je suis reparti à l’assaut plus neuf que je ne l’étais. Je pense que tant que je pourrai, je continuerai à monter sur scène, et lorsque je ne le pourrai plus, je resterai dans le métier d’une façon détournée, avec des concerts moins nombreux pour garder ce plaisir. »


Pouvez-nous vous rappeler comment votre histoire d’amour avec la musique a commencé ?
« On pourrait y passer des heures. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu faire ça. Petit, je suis allé voir mon père, qui était chanteur. J’avais cinq ans, je me souviens même que c’était dans la banlieue de Bordeaux. Je m’étais dit que j’étais heureux d’aller voir mon père jouer l’opérette dans Sissi, qui a eu un succès considérable. Je me suis dit dans la voiture : Il faut que tu n’oublies jamais ça de ta vie car je n’avais pas l’occasion d’aller à tous ses concerts. Je ne l’ai jamais oublié. On pourrait dater cet événement de manière officielle comme ce qui m’a donné envie de travailler dans la chanson, mais c’est peut-être pire que ça, c’est depuis la naissance. »


Aujourd’hui, voyez-vous la chanson de la même manière qu’il y a un demi-siècle ?
« Je vois que la chanson est en train de perdre ses lettres de noblesse. Pendant longtemps, la chanson a été importante pour la thérapie des gens. On entendait les gens siffler dans la rue, on les entendait chanter. Maintenant, ce n’est plus possible car les chansons qu’on passe à la radio n’ont plus les mélodies pour. Les gens les aiment car elles sont bien chantées et qu’il y a un truc rythmique qui fait que la jeunesse s’y accroche, mais ce sont des chansons pour discothèque. Jean-Jacques Goldman a écrit un disque Chansons pour les pieds et je crois que maintenant on fait de la chanson pour les pieds, beaucoup plus que pour la tête et le cœur. C’est une chose dangereuse car la chanson, vu que l’école ne fait pas toujours très bien son travail, est le dernier véhicule qui transmettait encore des mots, des phrases et des idées ou des pensées. Une sorte de poésie populaire qui est en train de se perdre car on nous anglicise de plus en plus. Les radios ne prennent pas le risque de faire découvrir de nouveaux chanteurs. Ils n’en retiennent que quelques-uns comme Christophe Maé, Matt Pokora qui sont des excuses pour tout le reste, mais il y en a tout plein derrière qui ont du talent et des choses à dire, mais qui n’arrivent même pas à faire leur premier disque. »


Vous avez justement écrit un titre pour Christophe Maé ?
« Oui, j’ai écrit pour lui le texte de la chanson Je veux du bonheur, qui est aussi le titre de son disque. En ce moment, c’est le genre de chansons qu’on a envie d’entendre. Mais je veux du bonheur implique qu’il n’y a pas de bonheur et qu’il faut en trouver, ce qu’il a bien exprimé dans son clip. Je suis fier d’avoir écrit cette chanson car c’est lui qui me l’a demandé et que ça a été un succès. Ça prouve que des mots d’un homme de 70 ans peuvent toucher des gosses de 18 ans de la même façon.


Peut-on s’attendre à des surprises lors du concert ?
« Le spectacle en lui-même est une surprise. C’est un concert comme je n’en ai jamais fait dans ma carrière. J’ai fait des tas de choses, mais ça c’est un spectacle sur lequel je n’arrive pas à mettre de mots. C’est une sorte d’autobiographie, qui est un petit fil conducteur, et le public est emporté dans ce spectacle entre les lumières, le décor etc. À la fin, c’est simplement la folie. J’ai fait six mois de tournée, donc je peux en parler. »


S’il n’y avait qu’un ou deux titres que vous aimeriez que l’on retienne de votre répertoire, quels seraient-ils ?
« Je serai très content que les gens choisissent déjà un titre. Pourquoi Plaisir d’amour est resté ? C’est que, sans doute, ce titre correspond profondément à quelque chose à l’intérieur du peuple, à l’intérieur des gens. Ils ne connaissent peut-être ni l‘auteur, ni les musiciens, simplement cette chanson leur fait plaisir lorsqu’ils l’entendent. Il y a quelques chansons comme Le Temps des cerises qui sont restées, mais il n’y en a pas des masses. »

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