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29.10.2009

29 Octobre 2010: message de Serge

Réponse de Serge suite aux inquiétudes qu'à suscité son dernier message.


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Rassurez-vous tout de même, je ne suis pas à l’article de la mort, mais à celui de la vie.
Car vous m’auriez pris en photo impromptue à n’importe quel moment et âge de ma vie, vous eussiez obtenu la même. Dès que je suis à part et que je rêve ou pense ou écrit, et dans tous les bistros de Paris j’entends la même chose depuis mes débuts « Oh ! Mais que vous avez l’air triste ! » Eh oui… quand je ne ris pas j’ai tout de suite l’aire triste, et quand les gens vous voient solitaire, dîner à une table, ils s’inquiètent pour vous.
Non, je suis comme ça, un manteau d’arlequin. Mon rire a toujours été un bouclier et aussi un moyen d’être distrayant, consolateur de la tristesse des autres.
Dès que je retrouve des amis, je me maquille en clown ou en homme d’esprit, comme si c’était mon rôle, la moindre politesse, que je leurs devais ça.
Donc la seule véritable inquiétude ce sont mes hanches, mes rotules, où en sont-elles ? Et mes arthroses que je traîne depuis ma prime jeunesse eu égard à mon accident. Et le docteur, j’ai, contrairement à mon ami Drucker, du mal à aller le voir, avec son cortège d’examens à la clé.
Voilà, vous savez tout, à part ça je lis des livres qui m’enchantent, je fais un régime qui n’arrange pas mon sourire… ça aussi c’est au moins mon vingtième, tout ça pour être à l’aise dans des costumes qui de toute façon ne m’iront pas, ce sera encore bretelles contre ceinture. Même Aznavour qui ne m’a fait que des compliments sur mon tour de chant au Palais des Congrès, m’a dit que je m’habillais aux quatre horreurs. Ça dure depuis toujours…
Au fond au bout de ce petit discours, je m’aperçois que c’est moi qui dure depuis toujours, contre vents et marées, alors souhaitons ensemble que ça continue avec mes qualités et mes défauts, mes rires et ma profonde tristesse qui est ma « tâche » de naissance.



 

PS : Parmi les nombreux et divers livres que je lis, j’ai reçu le dernier opus « rappelle-moi » de Michel Drucker, que j’ai lu d’une traite, avec une émotion permanente et un coup de tonnerre à la fin du livre. Je vous encourage vivement à le lire. Michel si révèle dans tous les sens du terme. J’ai même trouvé que son coup de plume s’affirmait. D’ici qu’il nous écrive à la recherche du temps perdu… y a pas loin. Sa mémoire est phénoménale, et son œil est un appareil photographique. C’est quelqu’un de rare, et bien qu’exceptionnel, il sait que le public est le seul à qui il doit tout. En clair c’est un artiste. Il aurait dix ans de moins, je suis sûr qu’il se lancerait dans une carrière de raconteur de vie sur scène. Il serait intarissable et il faudrait le sortir de scène. En tout cas, fasse Dieu, ou n’importe qui d’autre, qu’il reste encore longtemps dans son canapé rouge. C’est le dernier d’une race de ceux qui ont réussi sans accepter d’être des tueurs.
Bisous à toutes et à tous et bon vent dans la tempête extérieure qui s’annonce.
 

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