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30.10.2009

30 octobre 2008 : Le Matin

 Dans le journal Quebequois "Le matin"

 

Serge Lama est arrivé à «L'âge d'horizons», son nouvel album.

 

Patricia Gnasso - Le Matin

 

Toujours tel qu'en lui-même, Serge Lama, de passage à Genève, avec son côté chevalier vaillant, bravache, charmeur, sa voix et son rire de stentor. Pour mieux masquer une personnalité solitaire et mélancolique, avoue-t-il. 65 ans, une trentaine d'albums au compteur, des succès fous... «Je suis malade», «Une île», «Femme femme femme». D'aventures en aventures musicales, il demeure un authentique champion de cette chanson française, dite «populaire de qualité», qui privilégie la force d'écriture et d'interprétation.

Voici cet enfant de Piaf, Brassens, Brel et Bécaud arrivé à «L'âge d'horizons». Joli titre pour un nouvel album enveloppant. Seize chansons, souvent émouvantes, parfois sombres, profondes, légères, coquines, qui parlent d'amour, comme toujours, de passion, du temps qui passe - «J'arrive à l'heure où même vivre est fatigant» -, des femmes et des hommes: «Quand ces deux êtres sont alliés, c'est diable et dieu réconciliés.» Et de sexe avec, notamment, «Objets hétéroclites», un morceau «érotico-truculent» sur des gadgets surréalistes. «L'âge d'horizons», c'est du bon Lama, du Lama tout craché, voix, musique et textes compris.

«D'où qu'on parte», «J'arrive à l'heure», «J'espère», autant de chansons plutôt sombres...
Je suis sombre depuis que je suis né! C'est du noir-rouge passionnel. Et un jeu d'intellectuel: on prend un plaisir sadique à décortiquer les choses moroses. A part ça, je ne trouve pas que cet album soit plus sombre que d'autres. Au contraire, il y a même davantage de chansons guillerettes que d'habitude.

Le temps qui passe, il vous turlupine?
Pas plus que les autres. Vous savez, les gens font un transfert. Ils prennent pour eux ce que je dis. Rappelez-vous de la chanson «Devenir vieux». Eh bien, quand je l'ai écrite, j'avais 30 ou 35 ans. Le temps qui passe est un sujet... éternel.

Quand vous faites un album, qu'est-ce que vous vous dites?
Que le public doit être satisfait à 80%. Et j'ai tenu la route la plupart du temps. Sur douze titres, il y en a toujours eu au moins huit qui sont devenus des classiques. On doit avoir la décence d'offrir le meilleur. Sinon, c'est un manque de politesse à l'égard des gens qui achètent un CD. Surtout avec la crise et le prix du disque. Et, grosso modo, je suis content de celui-ci.

Votre rapport avec le public a-t-il changé avec les années?
A 20 ans, on court vers la gloire. Et depuis la cinquantaine, on retrouve des gens qui vous aiment. Il y a un rapport plus familial, plus affectueux. Je ne viens pas violer le public mais lui faire plaisir. A 30 ans, je chantais comme un violeur. Comme un conquérant. Mais c'est fini, ça.

Et le séducteur?
Je pense toujours l'être. Mais j'ai plus envie de séduire par mon élégance que par mon cheval blanc. Je parle d'élégance textuelle, bien sûr. Autrement, je m'habille assez mal. Il y a plein de choses qui ne me vont pas parce que je suis complètement de traviole depuis mon accident il y a quarante-trois ans.

Votre moteur dans la vie?
L'écriture. Si je devais quitter ce métier, je continuerais à écrire. Je n'ai aucune panne de ce côté-là! J'écris tout le temps d'ailleurs. Des poèmes, des textos, des trucs sentimentaux et de... cul. Ça entraîne ma plume. Et puis j'ai toujours beaucoup d'appétence pour la scène. La seule chose qui règle ma vie, c'est chanter. Pendant des années, je m'en suis mis plein les babines: 250 concerts par an.

Hors du métier, point de salut?
Si. J'aime bouffer, j'aime la télé, la lecture. J'aime l'amour, les femmes: je me suis toujours bien entendu avec elles et elles se sont toujours bien occupées de moi.

lama_article.jpg
Image J P Silvestro
 
Lama_Le Matin.pdf
 

Commentaires

Magnifique cet article! On a l'impression d'entendre Serge parler en le lisant.

Écrit par : Teresa | 30.10.2008

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