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07.10.2009

7 Octobre 2011: France Soir

Serge Lama : La scène à bras-le-corps

S’il a dû écourter sa tournée afin de subir une opération de la hanche, le chanteur tient bon la rampe. Il est pour trois soirs à l’Olympia.

Serge Lama est en concert à l'Olympia jusqu'à dimanche
Serge Lama est en concert à l'Olympia jusqu'à dimanche SIPA/SYSPEO

Une force de la nature, un chanteur à voix, un type au rire paillard parti dans la chanson comme on part en croisade. Serge Lama assure une énième tournée qui démarre vendredi soir à l’Olympia. Et pourtant… « J’ai toujours vécu avec l’ombre de la diminution physique, explique-t-il. J’ai 68 ans et je suis toujours là, même si le vaisseau craque et grince de partout. » De fait, le chanteur a dû écourter cette série de concerts pour cause d’opération de la hanche, en février prochain. « On me met un truc neuf, parce que la douleur est devenue insupportable. J’espère qu’après ça ira mieux. »

 

Surveillance

Pas le genre à baisser les bras, Lama. Il a en effet appris depuis des décennies à lutter contre son propre corps, à jongler avec la souffrance, à dompter ses démons en chansons. L’histoire est connue : un accident de voiture survenu au beau milieu des années 1960, le laissant un an et demi sur le carreau, immobilisé sur un lit d’hôpital. « J’ai su alors que je serais toujours menacé par des problèmes d’ossature. Depuis, je suis sans cesse en surveillance de moi-même. » Une surveillance de plus en plus attentive, à mesure que sont passés les années, les succès, les kilomètres parcourus sur les routes. Véritable stakhanoviste de la scène, Serge Lama, en effet, dans les années 1970, est monté sur scène jusqu’à près de 250 fois par an, s’imposant au public à grands coups de Je suis malade, Femme, femme, femme, D’aventures en aventures et autres Ballons rouges. Il s’amuse : « A l’époque, j’étais aux côtés de Michel Sardou, de Gérard Lenorman… Un chanteur populaire, quoi ! Puis, peu à peu, avec les mêmes chansons, je suis devenu presque intellectuel, littéraire. »

Il a une explication à cette réévaluation permanente de son œuvre : le niveau culturel de la population qui aurait baissé, et des chanteurs qui désormais se sont adaptés à ceux qui les écoutent en utilisant un langage inspiré de la publicité. « Ils savent ce qui ne sera pas susceptible d’être compris, évitent les mots trop compliqués, constate-t-il. C’est aussi pour ça que les anciens comme moi sont devenus des références. »

Revanche

Soit une génération sacralisée en bloc, emmenée par Charles Aznavour, leur maître à tous : « Il sait imposer sur scène ses nouvelles chansons, même si le public déteste la nouveauté. » Et si le moteur d’Aznavour, 87 ans, semble tenir autant de l’orgueil que du geste artistique, celui de Lama recèle également une part de revanche. « Je suis né pour être chanteur, assène-t-il. Toute ma vie, j’ai essayé de faire aussi bien que mon père, lui qui n’a pas réussi à faire ce métier. En fait, je porte ses couleurs comme les miennes, ça fait beaucoup de poids. » Quant à ses adieux, il y pense et, une fois encore, c’est sa condition physique qui en décidera. « Mon corps va trancher de deux façons : par sa façon d’être digne sur scène et par la tête que j’aurai. Si je fais trop vieux con, je saurai dire au revoir. Ce serait odieux de ma part de ne pas faire mes adieux… » Un homme de mots, donc.

En concert à partir de vendredi soir et jusqu’à dimanche à l’Olympia, Paris IXe, puis en tournée dans toute la France.

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