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04.09.2009

4 septembre 1984 : Le Monde

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LE MONDE | 04.09.1984 à 00h00 • Mis à jour le 04.09.1984 à 00h00 |CLAUDE FLÉOUTER

SERGE LAMA RÉPÈTE Le héros positif

Serge Lama est un ancien enfant de la balle dont l'aventure ne s'est pas faite toute seule : dans les années 60 et le début des années 70, le chanteur s'est livré en province à un patient travail d'implantation sur le terrain, se produisant à perte d'abord, dans telle ou telle ville, telle ou telle salle, s'affinant au contact du public, mettant au point un personnage vigoureux et un peu fragile, aux coups de gueule et aux éclats de rire, doté d'un solide goût du bonheur, nourri de tradition et ne craignant ni les effets conventionnels ni les larmes du mélo.

À la fin de la dernière décennie, Serge Lama chantait trois mois au Palais des Congrès puis, la même année, se produisait dans 250 villes des régions et établissait le record de recettes de tournée. Le chanteur semblait poussé par le même besoin psychologique qui entraîne certains sportifs à enchaîner compétition sur compétition.

Brusquement, Serge Lama a tout arrêté. Sortant un jour du Châtelet, il a eu l'idée d'inscrire à son répertoire une comédie musicale. À dire vrai, il avait toujours rêvé de monter des revues. À cinq ans, il retrouvait tous les soirs au Théâtre des Capucines son père, l'artiste lyrique dont il parle dans la chanson le Temps de la rengaine, et qui jouait Véronique et la Veuve joyeuse. Il a ainsi hérité de deux nostalgies : celle d'une troupe et celle de la revue avec un personnage principal et un bateleur.

Paradoxalement, lui que certains comparaient volontiers physiquement à Bonaparte, n'a pas pensé tout de suite à Napoléon mais à Don Juan : " C'est un personnage trop négatif, dit Lama, tandis que Napoléon avance tout le temps, c'est un battant prodigieux ! "

En deux mois, Serge Lama a écrit trente chansons avec son compositeur habituel, Yves Gilbert. Ensuite, le champion du remplissage des salles de variétés a frappé aux portes du Châtelet, de Mogador, du Palais des sports. En vain. " Sans doute le projet se liait aisément à une mégalomanie supposée, explique Lama. Dans ce métier, nous sommes tous plus ou moins égocentriques, mais je suis vraiment l'un des moins mégalomanes parmi les chanteurs populaires. "

Il y a quelques mois, le Théâtre Marigny a ouvert ses portes à Serge Lama, et celui-ci a aussitôt écrit, avec le metteur en scène Jacques Rosny, un livre d'images où toute l'épopée napoléonienne est racontée avec lyrisme et romantisme mais aussi avec une dimension burlesque, une folie, et un aspect caricatural du fait de l'accélération prise par l'histoire à cette époque.

La première représentation de la revue a lieu le 20 septembre. " Napoléon, dit Serge Lama, c'est un personnage biblique qui rentre dans des grands mouvements de peuples, qui brasse des idées nouvelles, qui est bâtisseur et tragique, qui a une légende et une vérité historique. Avec Jacques Rosny, nous essayons d'équilibrer les choses et de présenter un divertissement mi-parlé, mi-chanté. Rosny a rassemblé une troupe jeune d'une vingtaine de comédiens qui chantent dansent et interprètent cent quarante personnages au cours du spectacle.

" Mes musiciens habituels seront dans la fosse d'orchestre. Simplement, pour certains tableaux comme la retraite de Russie, il y aura aussi une utilisation de bandes magnétiques. 

" Je ne me prends pas pour un grand comédien. Mais je sais écouter et je vais apprendre. Les répétitions ont commencé il y a trois semaines et je respire déjà sur un autre espace. "

 

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